Glossaire

température

Un corps matériel examiné à l' échelle microscopique se conçoit comme composé de particules telles qu'atomes, molécules monoatomiques ou polyatomiques, ions ... qui ne restent pas immobiles les unes par rapport aux autres, mais sont continuellement agitées par des mouvements plus ou moins désordonnés : ainsi, les molécules d'un corps solide vibrent autour de leur centre d'équilibre ; celles d'un corps liquide vibrent également, mais en outre elles tournent sur elles-mêmes et se déplacent en ligne droite — sur de brefs parcours, certes — , tandis que dans un corps gazeux (dont les molécules peuvent vibrer et tourner là aussi) ces mouvements rectilignes deviennent beaucoup plus longs en moyenne et provoquent d'incessantes collisions des molécules du gaz entre elles ou contre son contenant. Tous ces mouvements de vibration, de rotation ou de translation subis par les innombrables particules d'un corps matériel présupposent qu'elles soient pourvues d'une "énergie d'agitation" que le physicien ne saurait évaluer séparément pour chacune d'entre elles, mais dont il peut estimer à l' échelle macroscopique la valeur moyenne au sein du corps qu'il étudie : c'est cette moyenne de l'énergie d'agitation qui est caractérisée par la température du corps matériel ainsi étudié.

Cette grandeur abstraite est en relation immédiate avec la vie : sa plus ou moins grande amplitude produit les sensations physiologiques de chaud et de froid, et ce n'est que dans des créneaux étroits de température du milieu environnant que peuvent se développer les êtres humains et plus généralement les êtres vivants, qui sont très sensibles à l'influence d'un tel facteur physique. Pour en estimer les valeurs et les variations, il est nécessaire de définir une échelle de température à partir d'un phénomène physique (par exemple la dilatation d'un fluide) qui soit mesurable et croisse quand la température augmente : cette dernière se mesure alors par repérage sur une échelle de ce genre, où des valeurs conventionnelles ont été préalablement attribuées à des états physiques déterminés de certains corps matériels ou de certaines combinaisons de tels corps. C'est de cette façon qu'est définie l' échelle de température Celsius , à partir de deux points de repère fixes qui sont, à la pression atmosphérique normale , le point de congélation - fusion entre eau liquide et glace (auquel est attribué le degré 0) et le point de vaporisation - condensation entre eau liquide et vapeur d'eau (auquel est attribué le degré 100) : l'intervalle entre ces deux points y est ensuite divisé en 100 tranches égales, correspondant à un degré chacune, et celles-ci peuvent se subdiviser à leur tour en dixièmes, centièmes de degré... ; dans le domaine de l' observation météorologique , comme dans celui de la physiologie — chacun pense à la mesure de la fièvre — , on se contente de la précision du dixième de degré. À toute échelle de température peut être associée simplement une échelle de température absolue pour laquelle la température la plus basse possible d'un corps physique est le degré zéro, qui signifie alors l'annulation de l'énergie d'agitation pour toutes les particules de ce corps : aux degrés Celsius sont ainsi associés les kelvins , pour lesquels le "zéro absolu" en K correspond à une température de - 273,15 °C .

Lorsqu'on parle de "température" sans préciser, il s'agit naturellement de la température de l' air , telle que l'indique un thermomètre placé à l'abri du rayonnement solaire direct ; mais les températures se rapportant à des objets ou des milieux contigus à l' atmosphère s'utilisent aussi en météorologie , notamment la température du sol, celles de la neige ou de la glace, celles de l'eau de l'océan, d'un lac ou d'une rivière, mesurées à différents niveaux de profondeur : tel est d'abord le cas pour la température de la surface de la mer ou température superficielle de la mer (en abrégé TSM ), relative à la couche océanique superficielle.