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02/09/2014

14-18 : quel temps faisait-il lors de la bataille de la Marne ?

14-18 : quel temps faisait-il lors de la bataille de la Marne ?

14-18 : quel temps faisait-il lors de la bataille de la Marne ?

02/09/2014

Depuis la fin août 1914, l'armée française bat en retraite, la plupart du temps sous le soleil et la chaleur, et essuie des épisodes orageux. Dans leurs carnets, les soldats évoquent un « soleil intenable », une « chaleur accablante », un « soleil brûlant », une « chaleur torride, ciel bleu » mais aussi des pluies les 26 et 27 août, qui font que « la route est une rivière de boue ». Début septembre, le temps est encore beau et chaud et la retraite se poursuit. Le 5 septembre, la première contre-attaque française sur l'Ourcq se passe sous le soleil et la chaleur …

À partir des bulletins quotidiens internationaux, des annales du Bureau central météorologique et des rapports de la météorologie allemande, les climatologues de Météo-France ont reconstitué le temps qu'il faisait sur le front entre le 6 et le 14 septembre 1914.

Découvrez la météo de la bataille de la Marne dans notre rubrique La météo au temps de la Grande Guerre.

Bulletin International 6 septembre 1914

Bulletin quotidien international du 6 septembre 2014 © Météo-France

 

 

01/09/2014

L'automne météo fait sa rentrée !

L'automne météo fait sa rentrée !

L'automne météo fait sa rentrée !

01/09/2014

Si pour les écoliers début septembre marque le retour sur les bancs de l'école, en météorologie, le 1er septembre correspond à l'entrée dans l'automne.

Sur les calendriers, le début de l'automne est pourtant annoncé le 23 septembre. Pourquoi un tel
décalage ?

Si les saisons astronomiques ou calendaires débutent avec les équinoxes (printemps et automne) et les solstices (été et hiver), en météorologie, elles débutent plus tôt et correspondent à des périodes de trois mois pleins (voir les dates ci-dessous).
Prenons comme exemple l'été. En météorologie, l'été correspond à la période de l'année la plus chaude. La durée d'ensoleillement maximale se situe autour du solstice d'été (20 ou 21 juin). Mais en raison de l'inertie de l'atmosphère, ce n'est qu'environ trois semaines plus tard que la température moyenne est généralement à son maximum, c'est-à-dire à la mi-juillet. On considère que ce moment correspond au milieu de l'été. Ainsi, en météorologie, l'été commence début juin et s'achève fin août.
Avec le même raisonnement, l'ensoleillement est minimal au solstice d'hiver (21 ou 22 décembre). Mais avec l'inertie de l'atmosphère, le pic de l'hiver se situe plutôt mi-janvier. L'hiver météorologique commence ainsi début décembre et s'achève fin février.

Dans l'hémisphère Nord, la plupart des pays ont adopté cette règle et les saisons météorologiques sont  les suivantes :

•    Automne : du 1er septembre au 30 novembre (septembre, octobre et novembre)
•    Hiver : du 1er décembre au 28 ou 29 février (décembre, janvier et février)
•    Printemps : du 1er mars au 31 mai (mars, avril et mai)
•    Eté : du 1er juin au 31 août (juin, juillet et août)


Les saisons sont inversées dans l'hémisphère Sud.

 

 

29/08/2014

Bilan : un été très pluvieux

Bilan : un été très pluvieux

Bilan : un été très pluvieux

29/08/2014

Bilan provisoire au 28 août 2014

Malgré un mois de juin chaud et ensoleillé, la France a connu un été* particulièrement maussade avec un mois de juillet exceptionnellement pluvieux et une fraîcheur très marquée en août.

Consulter l'intégralité du bilan climatique provisoire de l'été
 

Les températures, très supérieures à la normale** en début d'été, ont ensuite été plus contrastées avant de chuter nettement au mois d'août. Les maximales, souvent fraîches pour la saison, ont été inférieures de plus de 1 °C aux normales dans le Centre et sur un grand quart sud-est à l'exception du littoral méditerranéen. Sur l'ensemble de la saison, la température moyennée sur la France devrait être légèrement inférieure à la normale.

Les précipitations ont été très abondantes sur une grande partie du pays, avec un excédent qui dépasse 50 % dans les Pays de la Loire, le Centre, l'Île-de-France, la Normandie et la Picardie ainsi que du pourtour méditerranéen au Massif central. En moyenne sur la France et sur la saison, la pluviométrie devrait présenter un excédent proche de 40 %. Malgré un mois de juin déficitaire, l'été 2014 est ainsi l'un des dix étés les plus pluvieux depuis 1959.
Sur les seuls mois de juillet et août, le cumul moyen provisoire des précipitations affiche déjà une valeur record. Au 27 août 2014, les quantités de pluie cumulées depuis le 1er juillet dépassent 200 mm, soit le cumul le plus élevé observé sur cette période depuis 1959.
 

Cumul moyen des précipitations sur la France
 

Très généreux en juin sur la façade ouest et le quart nord-est du pays, l'ensoleillement a été ensuite inférieur à la normale*** sur la quasi-totalité du pays, tout particulièrement sur la moitié est en juillet. Sur l'ensemble de l'été, il devrait être proche des normales sur une grande partie de la France, déficitaire du Massif central aux Alpes et au Jura et légèrement excédentaire du Finistère au Cotentin.


* Été météorologique : juin-juillet-août
**  moyenne de référence 1981-2010
*** moyenne de référence 1991-2010
1 mm de précipitations correspond à  1 L d'eau par m2




 

28/08/2014

El Niño: les dernières prévisions de Météo-France

El Niño: les dernières prévisions de Météo-France

El Niño: les dernières prévisions de Météo-France

28/08/2014

Dans l'océan Pacifique, le phénomène « El Niño », qui a pris naissance au printemps, a marqué une pause cet été. Les dernières prévisions saisonnières expertisées par Météo-France, actualisées le 27 août 2014, suggèrent une reprise de son développement au cours du trimestre prochain. L'intensité du phénomène devrait rester faible à modérée, et son influence se limiter aux zones tropicales et à l'Océan Pacifique, affectant ainsi les territoires et les départements d'outre mer français.

Concernant l'Europe, les modèles produits par les différents organismes météorologiques mondiaux indiquent dans leur ensemble une différence entre le Nord et le Sud, avec une probabilité renforcée que les températures du trimestre prochain soient plus chaudes que la normale sur le nord et l'est de l'Europe. Plus au sud, aucune tendance ne se dégage en revanche, ni pour les températures ni pour les précipitations.

 

Jean-Pierre Céron - © Météo-FrancePour en savoir plus sur les caractéristiques du phénomène El Niño et son influence sur le climat mondial, retrouvez l'interview de Jean-Pierre Céron, climatologue à Météo-France. (interview initialement publiée le 25 juin 2014) :

 

Expliquez-nous ce qu'est El Niño 

El Niño, et son pendant La Niña sont des phénomènes océaniques à grande échelle du Pacifique équatorial, affectant le régime des vents, la température de la mer et les précipitations. El Niño et La Niña correspondent aux deux phases opposées du phénomène couplé océan/atmosphère appelé ENSO (El Niño / Southern Oscillation).

À l'origine, l'appellation El Niño a été attribuée par les pêcheurs péruviens à la petite invasion d'eau chaude qui se produit chaque année le long des côtes du Pérou et de l'Équateur aux environs de Noël  - d'où son nom : en espagnol, El Niño désigne l'enfant Jésus. Par extension,  le phénomène climatique correspondant au réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes de l'Amérique du Sud porte aujourd'hui le nom d'El Niño. Nous savons qu'il est lié à un cycle de variations de la pression atmosphérique entre l'est et l'ouest du Pacifique, couplé à un cycle du courant océanique le long de l'équateur.
Lors d'un épisode El Niño,  les hautes pressions du Pacifique Sud  diminuent. Les alizés (qui soufflent d'est en ouest) faiblissent, voire se renversent. Les eaux chaudes de surface, accompagnées de nuages et de précipitations, refluent de l'ouest vers l'est.

Est-ce un phénomène fréquent et régulier ?

Les événements El Niño apparaissent d'une manière irrégulière, tous les 2 à 7 ans. Ces épisodes débutent en général en milieu d'année et durent de 6 à 18 mois. Ils atteignent leur intensité maximale vers Noël.
En 1997, un épisode El Niño très intense avait été observé, avec à la clef des impacts climatiques et sociétaux importants. Depuis, d'autres épisodes, d'importance moindre, se sont produits en 2002-2003, 2004-2005, 2006-2007 et 2009-2010.

Comment prévoit-on un tel phénomène plusieurs mois à l'avance ?

À l'échelle de la saison, l'évolution de l'atmosphère est fortement influencée par les variations des océans. En associant des modèles de prévision météorologique à des modèles de prévision océanique, il est possible de réaliser des prévisions sur le climat des six mois à venir. C'est ce que l'on appelle des prévisions saisonnières. Il ne s'agit pas de prévisions classiques décrivant dans le détail des situations météorologiques, mais d'indications sur les évolutions possibles à très grande échelle, notamment en matière de température et de précipitations.
Pour réaliser ces prévisions, nous comparons les sorties de plusieurs modèles. La synthèse établie à partir de ces différentes simulations numériques nous permet de prévoir l'évolution des paramètres climatiques et de dire si, pour une région donnée, le climat a des "chances" de s'écarter du climat standard.   
La prévision des épisodes El Niño relève de la prévision saisonnière. L'évolution de la température de surface de la mer, et en particulier celle de l'océan Pacifique équatorial, peut être prévue à ces échéances avec une précision bonne, voire élevée pour les prévisions concernant l'automne et l'hiver boréal. Les variations de cette température constituent un bon indicateur de la survenue éventuelle d'un phénomène El Niño ou La Niña. Lorsque les prévisions s'accordent sur une augmentation de la température des eaux de surface du Pacifique équatorial, un scénario de type El Niño est probable. Les épisodes El Nino/La Nina sont les phénomènes ayant la meilleure prévisibilité à cette échelle de temps.

Anomalies de température océanique dans l'océan Pacifique équatorial, en moyenne sur le mois de mai 2014 en surface - © Mercator
Anomalies de température océanique dans l'océan Pacifique équatorial, en moyenne sur le mois de mai 2014 sur les 300 premiers mètres - © Mercator
Anomalies de température océanique dans l'océan Pacifique équatorial, en moyenne sur le mois de mai 2014.
Carte du dessus : en surface.
Carte du dessous : "contenu de chaleur" des 300 premiers mètres.
© Mercator
Cliquer sur les cartes pour les agrandir

 

Quels impacts El Niño a-t-il sur les conditions météorologiques dans les différentes régions de la planète ?

De par son ampleur (augmentation de température de l'ordre de 1°C ou plus des couches océaniques superficielles dans le rail équatorial pendant plusieurs mois) et  l'étendue de la zone concernée (au niveau de l'équateur, le bassin pacifique tropical s'étend sur une zone large de plus de 10 000 km),  El Niño affecte le climat mondial dans son ensemble. Lors des épisodes précédents, différents types de phénomènes ont été observés :
- déficit pluviométrique en Australie orientale, Indonésie, Inde, Afrique australe, Caraïbes, nord-est du Brésil ;
- tempêtes tropicales plus à l'est qu'à l'habitude et venant affecter la Polynésie française ;
- excédent pluviométrique sur la côte ouest de l'Amérique du Sud, dans le nord de l'Argentine et en Uruguay, en Afrique de l'Est équatoriale, dans les îles du centre du Pacifique tropical et dans le sud des États-Unis pouvant entraîner inondations et glissement de terrain;

Par ailleurs, à l'échelle du globe, la température moyenne a tendance à être anormalement élevée pendant les années concernées par ces épisodes  Ce fut le cas en 1998, année qui a suivi un fort épisode El Niño.

Observe-t-on des phénomènes analogues ailleurs sur la planète ?

Seul l' ENSO a un impact planétaire aussi marqué. Les deux autres bassins océaniques, Indien et Atlantique, sont trop peu étendus pour permettre un phénomène de couplage aussi important entre circulations atmosphérique et océanique, même s'ils subissent aussi des remontées d'eaux profondes et des régimes d'alizés.

Le changement climatique a-t-il un impact sur ce phénomène ?

Il n'y a pas, actuellement, de consensus sur la question.
Les modèles d'évolution du climat dont nous disposons ne permettent pas de prévoir l'effet du changement climatique sur la survenue et l'intensité des épisodes ENSO. Dans quelques années,  les progrès de la modélisation climatique de l'océan (circulation verticale plus précise) et de l'atmosphère (meilleure simulation du régime des alizés) devraient permettre d'y voir plus clair.

 

26/08/2014

Un mois d'août record aux Kerguelen

Un mois d'août record aux Kerguelen

Un mois d'août record aux Kerguelen

26/08/2014

L'archipel des Kerguelen, qui fait partie des Terres Australes et Antarctiques Françaises, a connu des conditions météorologiques exceptionnelles au cours de ce mois d'août 2014. La base de Port-aux-Français a subi une météo particulièrement rude. Le 11 août, le record absolu de froid de la station a notamment été battu, avec une température minimale de -9,5°C.

Carte implantations MF outre-mer

 © Météo-France


Un climat subpolaire océanique
L'archipel des Kerguelen est situé dans le sud de l'océan Indien, à 2000 km des côtes de l'Antarctique et 3400 km de la Réunion. En cette période hivernale, une cinquantaine de personnes vivent dans la base scientifique et technique de Port-aux-Français fondée en 1950, seul établissement permanent des Kerguelen.

Le climat des îles Kerguelen est un climat subpolaire océanique, les variations de température y sont nettement atténuées par la présence de l'immense océan austral : la température moyenne varie entre 2,3°C* en juillet et août - les mois le plus froids- et 8,4°C en février. En moyenne, il y gèle 101 jours par an, avec seulement 2 jours sans dégel.

 

Un mois d'août particulièrement froid
Un nouveau record absolu de froid a été établi le 11 août 2014, avec une température minimale de -9,5°C (ancien record : -8,9°C le 7 juillet 1964). Le 23 août, le record absolu de la plus basse température maximale a été battu à son tour, avec - 4,0°C seulement au meilleur de la journée (ancien record : -2,8°C le 24 août 1959, ancienne localisation de la station).
Durant la journée du 23 août, il a neigé, avec des rafales de vent atteignant 112 km/h. Dimanche 24, la couche de neige atteignait 22 cm au sol, une valeur qui n'avait plus été mesurée depuis le 18 juillet 1991, mais toutefois assez éloignée du record de 40 cm du 6 juin 1966,

Entre le 1er et le  25 août, la température moyenne n'a pas dépassé -0,6°C, ce qui fait d'août 2014 un des mois les plus froids observés sur l'archipel. Au 26 août, on dénombre au total 6 jours sans dégel, ce qui place août 2014 juste derrière août 1959 et août 2006 (7 jours sans dégel). En juillet 1964, on avait enregistré 10 jours sans dégel, valeur record.


Une forte descente d'air polaire
Ces conditions s'expliquent par la situation météorologique particulière que connaît actuellement l'archipel. Sur le sud de l'océan Indien se trouve un vaste système dépressionnaire, centré à l'est de l'archipel, alors qu'est positionné, à l'ouest, un anticyclone assez puissant (> 1030 hPa) qui favorise l'aspiration d'air polaire sur l'archipel, venu directement du continent antarctique.

 

Animation Arpège Kerguelen actu2
Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa (en violet et bleu les masses d'air froid, en jaune les masses d'air chaud) du 23 août à 00 UTC au 27 août 2014 à 00 UTC - Modèle Arpège du 23 août 2014 à 00 UTC © Météo-France  (Cliquez sur l'animation pour l'agrandir).


Ce mois d'août 2014 s'inscrit dans un contexte froid sur les hautes latitudes de l'hémisphère austral. La banquise antarctique connaît une extension record pour la saison depuis 1979 (début des mesures par satellites) et l'océan austral, qui adoucit habituellement les masses d'air polaire, a une température anormalement basse pour la saison.


* normales 1981-2010