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24/10/2014

Fort contraste thermique en Europe

Fort contraste thermique en Europe

Fort contraste thermique en Europe

24/10/2014

Depuis le début de la semaine, le contraste thermique est particulièrement marqué entre le sud-ouest et le nord-est de l'Europe. Alors que l'été joue les prolongations -avec à la clef des records de chaleur- sur le sud de la péninsule ibérique, une partie de la Scandinavie et de la Russie subit les premiers assauts de l'hiver.

Image METEOSAT10 23oct2014 12h00 UTC actu

Image satellitaire METEOSAT10, le 23/10/2014 à 12h00 UTC © Météo-France (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

À la faveur d'une masse d'air très chaude et d'un vent de terre, le sud de la péninsule ibérique a battu des records de chaleur pour un mois d'octobre. On a ainsi enregistré jeudi 23 octobre 35.6°C à Faro, dans la région portugaise de l'Algarve. Cette valeur constitue un nouveau record mensuel, loin devant le précédent record de 33.3°C, établi le 3 octobre 1977. À Huelva, en Andalousie, le thermomètre a également atteint 35.6°C, devant l'ancien record mensuel de 34.7°C établi le 9 octobre 2012.

À l'autre bout du continent, Minsk et Moscou ont au contraire connu leur première journée sans dégel de la saison jeudi 23, avec une température de -6 °C enregistrée jeudi après-midi dans la capitale russe. Vendredi 24 au matin, les gelées quasi-généralisées ont gagné l'Ukraine et l'est de la Pologne. La progression du froid devrait se poursuivre ce week-end en Europe de l'Est.

Entre ces deux masses d'air, l'hexagone a enregistré jeudi 23 des températures plutôt clémentes, généralement conformes ou supérieures aux valeurs de saison. Les températures maximales ont ainsi atteint :
24.5°C à Bastia (4 degrés au-dessus de la normale*)
23.6°C à Antibes (3 degrés au-dessus de la normale)
22.3°C à Perpignan (2 degrés au-dessus de la normale)
21.2°C à Biarritz (2 degrés au-dessus de la normale)
18.9°C à Royan (1 degré au-dessus de la normale)
15.7°C à Calais (1 degré au-dessus de la normale)
14.9°C à Strasbourg (1 degré au-dessus de la normale)
mais 14.1°C à Paris (1 degré au-dessous de la normale)

* normale 1981-2010

 

 

24/10/2014

14-18 : la prévision météorologique à l’époque de la Grande Guerre

14-18 : la prévision météorologique à l’époque de la Grande Guerre

14-18 : la prévision météorologique à l’époque de la Grande Guerre

24/10/2014

Pendant le conflit, la météorologie est un sujet de préoccupation majeur pour l'ensemble des troupes et du commandement, compte tenu de la position du front et des conditions climatiques des quatre années de guerre. Dès 1915, plusieurs services météorologiques pour les armées sont mis en place.  Les stations météorologiques sont mieux équipées et des météorologistes militaires formés pour répondre aux besoins des différentes armes, notamment en matière de prévision météorologique. Le réseau d'observation se densifie. Ce nouveau flux d'observations régulières et pour certaines très nouvelles va alimenter la réflexion sur la prévision du temps et permettre de tester sur des cas concrets de nouvelles théories, avec à la clef des progrès notables.


Alfred Angot (3e à gauche), chef du BCM, à Londres en 1912

Alfred Angot (3e à gauche), chef du BCM, à Londres en 1912.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir
)


Découvrez l'évolution de la météorologie au cours du conflit dans notre rubrique La science météo au temps de la Grande Guerre.

 

23/10/2014

La Corse a connu une séquence de chaleur inédite depuis le début du mois

La Corse a connu une séquence de chaleur inédite depuis le début du mois

La Corse a connu une séquence de chaleur inédite depuis le début du mois

23/10/2014

L'Île de Beauté a bénéficié de températures particulièrement élevées au cours des trois premières semaines d'octobre. Si les températures ont été nettement supérieures à la normale depuis le début du mois sur l'ensemble de la France, dans de nombreuses villes corses, on peut même parler de chaleur (températures atteignant 25°C en journée) durant les 3 premières semaines du mois. Dans le sud de l'île, à Sartène et Figari, le seuil de chaleur a été atteint tous les jours du 1er au 21 (contre une normale d'environ 6 jours en octobre).

C'est dans ces deux villes que la moyenne des températures maximales est la plus élevée avec 28,0°C à Sartène et 27,6°C à Figari, soit respectivement 4,7 et 4,4 degrés au-dessus de la normale. À  la station de Figari, ouverte en 1979, on dépasse très nettement l'ancien record de 26,0°C de maximale moyenne sur les 3 premières semaines d'octobre, établi en 2001.
La station de Sartène, certes plus jeune (ouverte en 1996), a vu son record mensuel de chaleur battu à deux reprises avec 34,7°C relevés le 9, et 33,7°C le 12 octobre (ancien record 33,5°C le 8 octobre 2004), à la faveur d'épisodes de sirocco (vent de sud-est chaud et sec sur l'ouest de l'île).
 

Moyenne des températures maximales sur la Corse entre le 1er et le 21 octobre 2014


On a également enregistré trois premières semaines record à Ajaccio (température maximale moyenne de 26,4°C, contre l'ancien record de 26,0°C établi en 1988), Calvi (26,8°C contre 24,9°C en 1986), Bastia (25,8°C contre 24,9°C en 2001), Corte (26,4°C contre 26,2°C en 2001) et au Cap Corse (25,9°C contre 24,4°C en 2001).

La persistance de ces conditions de températures se reflète dans le nombre de jours de chaleur mesurés : 21 jours à Sartène et Figari (contre l'ancien record de 17 jours en 2013 pour les 2 stations), 20 jours à Corte (16 jours en 2001), 20 jours à Ajaccio (14 jours en 1988 et 1986) 19 jours à Calvi (13 jours en 1985), 16 jours à Bastia (10 jours en 1997) et 15 jours au Cap Corse (14 jours en 2004).

Ecart à la pseudo-normale (1er au 21 octobre) de référence 1981-2010 de la température maximale


La température de l'eau de mer inhabituellement élevée (23-24°C aux abords de l'île le 21 octobre) et la sécheresse marquée (1 mm de précipitations à Bastia et Solenzara, 3 mm à Calvi, 5 mm à Figari, 6 mm à Corte et 19 mm à Ajaccio au cours des 3 premières semaines d'octobre) ont renforcé l'ambiance quasi-estivale qu'a connue l'île de Beauté durant ces 3 premières semaines d'octobre.

Mardi 21, le coup de vent associé au passage de la perturbation liée à l'ex-ouragan Gonzalo a chassé la masse d'air chaude. Conséquence, les températures n'ont pas dépassé 24, 2°C sur l'île (Ajaccio) mercredi 22. On ne peut pas parler de fraîcheur pour autant dans les prochains jours puisque les températures maximales devraient être comprises entre 22 et 25 °C (2 à 4 degrés au-dessus des normales).

 

22/10/2014

Aérosols sulfatés et changement climatique

Aérosols sulfatés et changement climatique

Aérosols sulfatés et changement climatique

22/10/2014

Depuis plus d'une trentaine d'années, la quantité d'énergie solaire reçue par la surface terrestre, en Europe et en Méditerranée, a beaucoup augmenté. Or, durant le même temps, la quantité d'aérosols sulfatés présents dans l'atmosphère de ces régions a significativement diminué. Des chercheurs de Météo-France1 et du Laboratoire d'aérologie, en collaboration avec des équipes suisse et espagnole, ont utilisé une nouvelle approche de modélisation afin de sonder le possible lien entre ces deux phénomènes2. Ils ont ainsi pu quantifier l'importante contribution des aérosols sulfatés aux évolutions de la quantité de rayonnement solaire reçu en surface et des températures dans cette région.

Un phénomène d'éclaircissement inexpliqué

Entre 1980 et 2012, l'Europe a connu une augmentation importante du rayonnement solaire reçu par la surface terrestre, un phénomène « d'éclaircissement » qui a succédé à une période marquée par l'effet inverse « d'assombrissement ». Or, la question se pose toujours de savoir quelle pourrait en être la cause. Les variations de nébulosité ne peuvent en effet à elles seules expliquer un tel phénomène, celui-ci étant également observé en l'absence de couverture nuageuse. Néanmoins, il semblerait que les aérosols sulfatés puissent constituer une cause plus probable.

Pourquoi les aérosols sulfatés ?

Les aérosols sulfatés interagissent avec le rayonnement solaire en le renvoyant dans toutes les directions (diffusion), dont une part non négligeable vers l'arrière (rétro-diffusion), et ce sans l'absorber comme peuvent le faire d'autres aérosols (les carbones-suies par exemple). Le rayonnement solaire reçu en surface est donc plus faible en présence de tels aérosols : c'est ce qu'on appelle l'effet parasol. Ces aérosols ont connu une diminution significative de leurs concentrations atmosphériques entre 1980 et 2012. Les émissions de leurs précurseurs3 dues aux activités humaines ont en effet considérablement diminué durant cette période, suite d'une part à la mise en place de nouvelles normes dans l'industrie et le transport pour améliorer la qualité de l'air et d'autre part aux crises économiques des années 1980 en Europe.

Prendre en compte les concentrations en aérosols dans les modèles climatiques

Toutefois, la plupart des modèles climatiques globaux et régionaux peinent à reproduire correctement les variations décennales du rayonnement solaire reçu en Europe, et aussi pour certains à rendre compte du réchauffement observé depuis une trentaine d'années.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont abordé la question de la contribution des aérosols sulfatés aux tendances climatiques observées en Europe au cours des trois dernières décennies à l'aide d'une approche originale. Cette approche consistait à utiliser un système de modélisation4  régionale comprenant un couplage complet entre l'atmosphère, la mer Méditerranée, les surfaces continentales et les rivières, tout en imposant comme conditions aux frontières du domaine régional les conditions météorologiques observées à grande échelle. Deux séries de simulations ont été menées sur la période d'éclaircissement (1980-2012), en incluant ou non la diminution des aérosols sulfatés. Elles ont été évaluées à la lumière de séries temporelles, récemment homogénéisées, de données d'observation du rayonnement solaire reçu en surface et de la température en surface.

Les aérosols sulfatés ont un impact notable sur le changement climatique

Les résultats indiquent que la prise en compte de la diminution des aérosols sulfatés conduit à une augmentation plus importante du rayonnement solaire reçu en surface, et ce quelles que soient les conditions nuageuses, et permet de mieux reproduire à la fois la structure spatiale et l'intensité de l'éclaircissement observé en Europe. La diminution des aérosols sulfatés serait ainsi responsable de 81 ± 16 % de l'éclaircissement en Europe. Des tests complémentaires sur les différents effets des aérosols sulfatés montrent que c'est l'effet direct des aérosols sulfatés (diffusion du rayonnement solaire) qui prédomine dans cette tendance par rapport aux effets semi-direct (impact sur la dynamique atmosphérique suite aux modifications du rayonnement solaire reçu en surface) et indirect (impact des aérosols sur les propriétés microphysiques des nuages).
 

Évolution moyenne du rayonnement solaire en surface entre 1980 et 2012

Évolution moyenne du rayonnement solaire reçu en surface (W/m²/décennie) entre 1980 et 2012, simulée en incluant (b) ou non (a) la diminution des aérosols sulfatés (épaisseur optique en isolignes noires) et observée (points colorés, réseau GEBA). © Météo-France – P. Nabat

 

Ce travail révèle aussi que l'augmentation du rayonnement solaire reçu du fait de la diminution des aérosols sulfatés entraîne un réchauffement supplémentaire en surface, non seulement dans les régions où les émissions de leurs précurseurs ont diminué (Benelux, Europe centrale, vallée du Pô), mais aussi dans les régions voisines (sud de l'Italie, Grèce, Turquie).
La comparaison avec les séries temporelles homogénéisées prouve que la diminution des aérosols sulfatés doit être prise en compte pour pouvoir reproduire correctement l'intensité et la structure spatiale de l'augmentation des températures de surface en Europe et des températures des eaux de surface de la mer Méditerranée. Cette diminution serait responsable de 23 ± 5 % de l'augmentation des températures en surface en Europe depuis 1980 et aurait donc contribué de manière notable au réchauffement climatique régional.

Ces travaux soulignent l'importance du rôle des aérosols sulfatés dans le changement climatique en Europe et en Méditerranée. Pour savoir si ces résultats peuvent être généralisés à l'ensemble de la planète, d'autres travaux similaires devront être menés dans d'autres régions. Ils confirment néanmoins la nécessité de mieux représenter les variations des aérosols sulfatés dans les modèles climatiques globaux.

 

1. Ce travail est une contribution aux programmes HyMeX (HYdrological cycle in the Mediterranean EXperiment) et ChArMEx (Chemistry-Aerosol Mediterranean Experiment) développés dans le cadre du programme MISTRALS du CNRS.
2. Nabat, P et al. (2014) Geophys. Res. Lett., doi:10.1002/2014GL060798.
3. Les aérosols sulfatés sont issus de réactions chimiques faisant intervenir différents composés soufrés (dioxyde de soufre, diméthlysulfate, hydrogène sulfuré…). Ces précurseurs sont émis à la fois par des sources naturelles (volcans, phytoplancton…) et par certaines activités humaines (combustion du charbon, transport…).
4. Ce système de modélisation est constitué de 4 modèles : NEMO pour l'océan, ALADIN-Climat pour l'atmosphère, ISBA pour les surfaces continentales et TRIP pour les rivières.

 

 

21/10/2014

Vague de chaleur record en Amérique du Sud

Vague de chaleur record en Amérique du Sud

Vague de chaleur record en Amérique du Sud

21/10/2014

La Bolivie, le Paraguay, le sud du Brésil et le nord de l'Argentine ont connu la semaine passée une intense vague de chaleur, avec à la clef des records absolus de température. Les températures ont atteint des valeurs jamais relevées dans de nombreuses villes, avec 42,9°C à Coxim (Brésil) le mercredi 15 octobre, 44,4°C à Resistencia (Argentine) et 43,6°C à Yacuiba (Bolivie) le jeudi 16, 46,1°C à Presidencia Roque Saenz Peña (Argentine) et 44,8°C à Pozo Colorado (Paraguay) le 17.  

Depuis deux semaines, un dôme d'air particulièrement chaud et sec était présent sur cette partie du continent sud-américain. La chaleur s'est brutalement accentuée en fin de semaine dernière et un léger vent de nord a déplacé cette masse d'air chaud vers des régions méridionales (nord-Argentine), où on a enregistré ces chaleurs parfois extrêmes, alors qu'on se trouve au cœur du printemps austral !

Amérique du Sud - Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa du 16 octobre à 06 UTC au 20 octobre 2014 à 06 UTC - Modèle Arpège du 16 octobre 2014 à 00 UTC

Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa (en bleu et vert les masses d'air froid, en orange les masses d'air chaud) du 16 octobre à  06 UTC au 20 octobre 2014 à 06 UTC - Modèle Arpège du 16 octobre 2014 à 00 UTC © Météo-France  (Cliquer sur l'animation pour l'agrandir).

 Dans les très basses couches de l'atmosphère, on observe localement des zones de basses pressions, au niveau des zones les plus chaudes. L'air surchauffé y est moins dense qu'aux alentours, et la pression plus faible que sur les zones voisines. Ce phénomène de dépression thermique est caractéristique des vagues de chaleur ou de canicules.

 

D'autres records absolus ont été battus en fin de semaine dernière. Le thermomètre a grimpé jusqu'à :
44,6°C à Mariscal Estigarribia (Paraguay) jeudi 16 et vendredi 17
43,7°C à Formosa (Argentine) vendredi 17
43,6°C à General Bruguez (Paraguay) jeudi 16
 42,4°C à Jujuy (Argentine, 921 m d'altitude) jeudi 16
42,0°C à San Jose de Chiquitos (Bolivie) jeudi 16,
41,8°C à Asuncion (Paraguay) jeudi 16.

La station Mirante de Santana, au nord de la ville brésilienne de Sao-Paulo, a enregistré elle aussi vendredi 17 un record de chaleur historique avec 37,8°C. Une valeur très élevée dans cette zone où le climat local est naturellement tempéré par l'altitude (environ 800 m), et l'humidité souvent présente. Le seuil des 35°C, rarement atteint, a été franchi 4 fois au cours de ce mois d'octobre 2014.

Bien que les températures aient retrouvé un niveau plus conforme aux normales de saison sur ces régions, la chaleur devrait être marquée cette semaine sur une bonne partie de l'Argentine, avec des valeurs souvent supérieures à 30°C, dignes d'un plein été.