Glossaire

perturbation (atmosphérique)

  Curieux  

Le terme de "perturbation" s'applique à la mécanique atmosphérique suivant trois significations différentes :

  • de façon générale, on peut appeler perturbation atmosphérique toute interruption d'un état d'équilibre d'une région de l'atmosphère, de quelque nature que soit cette interruption ;
  • dans un sens beaucoup plus précis, il arrive qu'une perturbation atmosphérique dénomme les conditions météorologiques régnant sur une région où apparaissent les signes de développement d'une circulation du vent associée à une faible dépression. En particulier, une perturbation tropicale (qui ne s'accompagne en surface que de vents faibles) s'oppose à une dépression tropicale (où le vent s'inscrit déjà dans une circulation bien caractérisée et où sa vitesse moyenne peut aller jusqu'à 33 noeuds, soit 61 km/h), à une tempête tropicale (où le maximum de cette vitesse moyenne se place entre 34 et 63 nœuds, soit un intervalle de 62 à 117 km/h) et à un cyclone tropical (où ce maximum est au moins de 64 nœuds, soit 118 km/h) ;
  • enfin, dans le sens le plus courant (qui est celui que l'on suppose en l'absence d'autre précision), on désigne par l'expression de perturbation atmosphérique toute association de phénomènes météorologiques engendrant une dégradation du temps lors de l'évolution d'une dépression, pouvant aller parfois jusqu'à la genèse de tempêtes. Aux latitudes tempérées, cette expression s'applique couramment au système dépressionnaire structuré par un front chaud, un secteur chaud et un front froid (avec éventuellement une occlusion) ; elle peut également désigner la zone nuageuse associée à un tel système ou, simplement, à un front froid isolé.

 


  Initié  

Pourquoi l'atmosphère subit-elle des perturbations ?

Le mouvement de la basse atmosphère et de la moyenne atmosphère est régi par des lois qui, tant horizontalement que verticalement, associent le vent aux deux autres paramètres essentiels décrivant l'état de l'air : la pression et la température ; de façon plus précise, on peut dire qu'en première approximation, les relations du vent géostrophique et du vent thermique permettent de déterminer respectivement les répartitions horizontale et verticale du vent en fonction des "champs" de pression et de température atmosphériques. Si ces champs se répartissaient autour de la Terre de manière stationnaire (c'est-à-dire sans changer de valeur au cours du temps en un point donné quelconque de l'atmosphère), cela pendant au moins une période donnée — l'année ou la saison, par exemple — , il s'ensuivrait que la répartition du vent resterait elle-même stationnaire durant cette période, au moins dans l'atmosphère libre et pour une échelle spatio-temporelle suffisamment grande, et l'atmosphère serait alors en état d'équilibre dynamique (cet état sous-jacent ressort en partie dans l'étude de la circulation générale de l'atmosphère).

Mais en réalité, les champs de pression et de température subissent inévitablement des fluctuations spatio-temporelles plus ou moins rapides, déclenchées en premier lieu par les facteurs astronomiques et astrophysiques, les modifications de la surface terrestre, les variations de l'état de l'atmosphère aux moyennes et petites échelles, l'influence différée de ce quatrième paramètre que constitue l'humidité... ; ces deux champs étant en outre intimement liés à travers la combinaison de l'hypothèse hydrostatique et de l'équation d'état des gaz parfaits, il en résulte que les répartitions horizontale et verticale du vent sont elles-mêmes sujettes à d'incessantes variations qui, dans le temps et l'espace, les éloignent de l'état d'équilibre, et cela d'autant plus que les relations invoquées au départ, aussi judicieuses soient-elles, ne constituent que des approximations de la réalité physique. Enfin, ces variations du vent ont une action en retour sur les répartitions des champs de pression et de température. L'ensemble de ces fluctuations couplées du vent, de la pression et de la température produit d'incessantes ruptures de l'équilibre dynamique de l'atmosphère, au sein de laquelle se forment et se déplacent alors, à l'échelle synoptique, des régions de pressions plus élevées et, avec davantage de vivacité, des régions de pressions plus basses qui constituent les dépressions : et l'évolution de ces dépressions, qu'accompagne une dégradation plus ou moins marquée du temps, signe l'existence de perturbations écartant l'atmosphère de son équilibre dynamique.