Glossaire

courant ascendant

Un courant ascendant est un courant transportant de l'air vers le haut dans la direction verticale au sein de l'atmosphère. Cette notion, en fait, est particulièrement dépendante de l'échelle spatio-temporelle à laquelle la vitesse verticale de l'air est évaluée. Ainsi, à l'échelle synoptique et aux échelles supérieures, cette vitesse ne s'exprime généralement que par de faibles valeurs, de l'ordre de quelques centimètres par seconde, et c'est seulement la persistance dans le même sens de ces vitesses durant plusieurs heures qui finit par entraîner d'importants mouvements verticaux de masses d'air ; en outre, les mouvements vers le haut qui peuvent alors apparaître recouvrent des régions assez étendues, sans réelle discontinuité avec les zones environnantes, de sorte qu'il vaut mieux les qualifier d'ascendances que de courants ascendants à proprement parler.

Ces derniers apparaissent dans les zones tropicales et subtropicales, dès l'échelle subsynoptique , avec le phénomène des cyclones tropicaux : encore doivent-ils y être considérés comme résultant de la fusion à plus grande échelle de mouvements de convection qui, eux, relèvent des échelles moyennes ; la même remarque vaut pour les agrégats d'orages et de grains qui, sous les latitudes tempérées et subpolaires, se rassemblent parfois en murailles où s'entretiennent de fortes ascendances au sein de systèmes convectifs dont les dimensions et la durée d'existence frôlent l'échelle synoptique.

Pour l'essentiel, cependant, les courants ascendants de l'air, si l'on considère que leurs caractéristiques sont celles de courants dans un fluide, ne peuvent se produire qu'aux échelles locales et moyennes, où leur apparition est synonyme de conditions favorables à l'instabilité convective. La vitesse verticale de tels courants dépend alors de l'altitude au sein de la couche atmosphérique où s'établit l'instabilité : croissant d'abord faiblement, puis de plus en plus intensément à mesure qu'on s'élève en s'éloignant de la base, cette vitesse devient maximale dans une zone assez proche du sommet avant de décroître très rapidement. Les maximums de vitesse des courants ascendants associés à des thermiques ne dépassent pas quelques mètres par seconde en l'absence de condensation ou à l'intérieur de cumulus peu développés, alors que les gros cumulus entretiennent des courants verticaux de l'ordre de 10 à 20 mètres par seconde. Quant aux cumulonimbus, le caractère chaotique de leurs mouvements internes et la complexité de leur évolution élargissent la gamme des vitesses verticales possibles, que l'on situe généralement entre 5 et 35 mètres par seconde, bien que des vitesses encore plus fortes puissent se manifester au cours d'orages violents ; il n'est pas certain que ces valeurs soient dépassées à l'intérieur des tornades, où les mouvements ascendants qui provoquent des aspirations spectaculaires et désastreuses se font plus par tourbillon que par translation.