Glossaire

circulation générale

Bien des siècles avant les images satellite, les marins avaient remarqué que les vents, à l'échelle globale — celle de la planète — ne soufflent pas de manière chaotique, mais s'écartent assez peu en vitesse et direction de valeurs moyennes lorsqu'on les considère sur d'assez longs intervalles de temps, tels que les saisons (on peut, en fait, distinguer dans l'hémisphère Nord un "grand" été d'avril à septembre et un "grand" hiver d'octobre à mars, l'inverse valant pour l'hémisphère Sud). Qui plus est, ces écarts des vents s'accompagnent souvent de phénomènes bien caractérisés comme les perturbations dans les régions tempérées, ou bien les cyclones tropicaux, ou encore le phénomène El Niño. Cette organisation du mouvement de l'air, qui constitue la circulation générale atmosphérique, répartit les vents en surface de l'équateur aux pôles suivant cinq zones méridiennes grossièrement parallèles, à savoir:

 

  • dans les régions subtropicales et intertropicales (jusque vers 30 à 35 degrés de latitude), la zone de circulation des alizés, issus des flancs sud-est (pour l'hémisphère Nord) ou nord-est (pour l'hémisphère Sud) des centres d'action anticycloniques situés au-dessus des grandes étendues océaniques. De direction nord-est ou sud-est, les alizés se rencontrent au sein de la zone de convergence intertropicale, (ZCIT) où l'air soulevé par l'énergie qu'ils apportent construit d'immenses systèmes de convection nuageuse et orageuse et soulève très haut la tropopause en formant la partie ascendante des cellules de Hadley. La ZCIT oscille autour de l'équateur géographique suivant les lieux et les saisons, et là où de vastes portions de continent et d'océan se font face, cette oscillation donne naissance aux phénomènes de mousson, particulièrement intenses au-dessus du sous-continent indien en raison de l'alternance de vastes centres d'action continentaux : pendant l'été, la dépression thermique d'Asie centrale — qui se prolonge jusqu'au Sahara — et pendant l'hiver, l'anticyclone thermique de Sibérie ;

 

  • dans les régions tempérées de chaque hémisphère, les deux zones de circulation des vents d'ouest, où la pression réduite au niveau de la mer tend globalement à décroître du sud au nord (pour l'hémisphère Nord) ou du nord au sud (pour l'hémisphère Sud). Les directions de ces vents ondulent modérément entre des successions de centres d'action anticycloniques — les grands anticyclones océaniques et continentaux — et de centres d'action dépressionnaires — les dépressions océaniques, moins présentes au Nord en été. La circulation est plus intense et plus continue dans les océans de l'hémisphère Sud, où se maintiennent durant toute l'année des conditions proches de la tempête , tandis que dans l'hémisphère Nord, les forts vents d'ouest partis du nord-est de l'Amérique alimentent généralement pendant l'hiver des séries de perturbations météorologiques qui traversent l'Atlantique avant de parcourir l'Europe ;

 

  • enfin, dans les régions subpolaires et polaires de chaque hémisphère (au-delà de 60 à 65 degrés de latitude environ), les deux zones occupées par des anticyclones thermiques de faible épaisseur, qui entretiennent une circulation de vents d'est faibles.

 

Ce sont en premier lieu les différences d' éclairement de la surface terrestre par le rayonnement solaire (entraînant les différences de température) et la rotation du globe terrestre autour de son axe (déviant les mouvements de l'air) qui expliquent l'existence et la structure de la circulation générale. Ces causes, du reste, n'agissent pas que sur la seule troposphère : il existe aussi une circulation organisée des vents dans la stratosphère et la mésosphère, tandis que la circulation des courants marins influe fortement sur le climat.