Glossaire

thêta prime w

À une échelle spatio-temporelle telle que l' échelle aérologique , toute parcelle d' air peut être caractérisée par sa température absolue T en kelvins (la température correspondante t en degrés Celsius valant alors T - 273,15), par sa pression atmosphérique p en hectopascals et par son rapport de mélange r (de grandeur toujours faible, et donc donné souvent en le multipliant par 1 000, ce qui revient à l'exprimer en grammes de vapeur d'eau par kilogramme d' air sec ) ; l'"état" de la parcelle est donc représentable sur un émagramme par un point M d'abscisse T suivant l'axe des températures — situé à p = p 0 = 1 000 hPa — et d'ordonnée p suivant l'axe des pressions — situé à t = t 0 = 0 °C ou T = T 0 = 273,15 K — , la valeur de r étant notée à côté de M et pouvant être comparée à la valeur du rapport de mélange de saturation r w que l'on associe aux coordonnées de M (cette appréciation de r w ( p , T ) se fait grâce au réseau de courbes d'égale valeur de r w tracé sur l'émagramme).

Lors d'un mouvement vertical, la parcelle ainsi étudiée subit une transformation adiabatique , ce que concrétise sur l'émagramme le parcours par M d'une courbe représentant le lien entre p et T imposé par ce type de transformation. Lorsque la parcelle n'est pas saturéer restant inférieur à r w — , la courbe suivie par M est pratiquement une ( isoligne ) adiabatique sèche : cette courbe, au sein du réseau d' adiabatiques sèches tracé sur l'émagramme, se distingue sans ambiguïté par son point d'intersection M 0 avec l'axe des températures, dont l'abscisse, notée usuellement θ, définit la température potentielle de la parcelle ; chaque fois que cette dernière passe (ou pourrait passer) par la pression 1 000 hPa, et sous réserve qu'elle n'ait pas atteint la saturation au cours de ses évolutions, sa température prend (ou prendrait) la valeur θ. Mais quand la parcelle devient saturée — r devenant égal à r w — , toute ascendance convective de la parcelle s'effectuera ultérieurement par transformation pseudoadiabatique , et le point M se déplacera alors pratiquement suivant une (isoligne) adiabatique saturée : cette courbe, au sein du réseau d'adiabatiques saturées tracé sur l'émagramme, se distingue elle aussi sans ambiguïté par son point d'intersection M' 0 avec l'axe des températures, dont l'abscisse, notée usuellement θ' w , est systématiquement inférieure à θ et définit la température pseudoadiabatique potentielle du thermomètre mouillé de la parcelle, plus simplement nommée "thêta prime w" d'après la prononciation de son symbole courant (le "prime" y évoque le caractère pseudoadiabatique , et le w , pour water , la saturation de l'air dans la parcelle). On pourrait en conclure que chaque fois que la parcelle devenue "saturée" passe, ou pourrait passer, par la pression 1 000 hPa, sa température prend, ou prendrait, la valeur θ' w : mais en fait, la parcelle, si elle entame une subsidence , cesse d'être saturée, et son point représentatif sur l'émagramme redescendra par suite selon une adiabatique sèche, à l'exception du cas où le milieu traversé par la parcelle est une couche atmosphérique suffisamment pourvue en eau condensée pour alimenter la parcelle jusqu'à 1 000 hPa ; c'est pourquoi la thêta prime w d'une parcelle est plus exactement la température que celle-ci acquerrait si, après avoir été soulevée jusqu'à la pression du point de condensation , elle était ramenée au niveau 1 000 hPa en recevant à chaque instant la quantité d'eau nécessaire pour compenser l' évaporation ou la sublimation internes et la maintenir à saturation. Ce paramètre θ' w , dont le second nom évoque la température du thermomètre mouillé évaluée dans les psychromètres , joue un rôle essentiel, non seulement dans l'étude de l' instabilité convective à la verticale d'un site (en combinaison avec θ), mais encore à plus grande échelle , car il constitue le meilleur critère possible d'identification des masses d'air .