Glossaire

synoptique

L'adjectif "synoptique" évoque l'idée de "voir en un même ensemble", "embrasser d'un coup d'œil". En météorologie , il qualifie plus particulièrement les phénomènes atmosphériques dont l'ordre de grandeur est de quelques milliers de kilomètres pour les dimensions horizontales, de quelques kilomètres pour la dimension verticale et de quelques jours pour la durée ; l' échelle spatio-temporelle ainsi décrite s'appelle précisément l' échelle synoptique et constitue par excellence le cadre de la prévision opérationnelle sur une échéance de un à trois jours dans les zones tempérées : pareille prévision repose en effet sur l'évolution de systèmes anticycloniques et dépressionnaires de la basse atmosphère qui constituent autant d' objets météorologiques généralement bien ajustés à cette échelle dans l'espace et le temps, de même que les perturbations atmosphériques et les zones frontales susceptibles de s'y développer. En deçà d'une dimension horizontale de l'ordre du millier de kilomètres, on entre dans une échelle légèrement plus restreinte, l' échelle subsynoptique , qui est adaptée principalement au phénomène des cyclones tropicaux , tandis qu'au-delà de 2 000 à 3 000 kilomètres de dimension horizontale, l' échelle suprasynoptique vient s'accorder au suivi et à la prévision des perturbations tempérées sur une échéance supérieure à trois jours.

La raison de l'emploi du mot "synoptique" pour qualifier ce genre de phénomènes et cette échelle spatio-temporelle provient des origines mêmes de la prévision opérationnelle : au-dessus d'un territoire suffisamment étendu — par exemple la France métropolitaine — , les prévisionnistes devaient analyser en temps et heure la situation météorologique puis prévoir les valeurs des paramètres atmosphériques et la marche d'une éventuelle perturbation ; à cette fin, ils pointaient sur une carte géographique couvrant une région qui incluait ce territoire — par exemple une carte de l'Europe et de l'Atlantique nord-est — les observations effectuées et transmises à des horaires mondialement fixés (parmi lesquels figuraient les " heures synoptiques "), ce qui leur permettait d'avoir une vue d'ensemble de la situation et d'en déduire l'analyse et la prévision de l'état de l' atmosphère sur la région étudiée, en dessinant sur cette "carte synoptique" (ou "carte du temps") les courbes et annotations adéquates. Ainsi est née la "météorologie synoptique", qui étudie à l'aide de cartes (dont les informations et les présentations peuvent être très diverses) les conditions météorologiques observées — à l'aide d'"observations synoptiques" mesurées dans des "stations synoptiques" — ou prévues — par des " prévisions synoptiques" précédées d'"analyses synoptiques" (ou "analyses du temps") — sur des régions géographiques qualifiées simplement d'étendues ; celles-ci correspondent en fait le plus souvent aux régions sur lesquelles évoluent les systèmes de hautes et de basses pressions pris en compte de nos jours à l'échelle synoptique par les grands modèles numériques de prévision .

Cette notion d'étude "synoptique", associant de façon assez lâche l'échelle et le mode de représentation, s'applique bien sûr à la "situation synoptique", qui synthétise l'état de l'atmosphère tel que représenté sur une carte synoptique. Elle s'applique également au type de temps , c'est-à-dire à l'apparition reconnaissable et récurrente, au-dessus d'un territoire géographique donné, d'une situation météorologique associée à des caractéristiques bien déterminées du temps sensible : un type synoptique , reconnaissable par la répartition de ses systèmes anticycloniques et dépressionnaires ainsi que de ses masses d'air , est ainsi un type de temps associé à une région donnée à l'échelle synoptique. La description "géographique" du climat d'une région à partir de ses types synoptiques ressortit à la climatologie synoptique .