Glossaire

prévision d'ensemble

La prévision d'ensemble est une technique de prévision météorologique à l'aide de modèles numériques de prévision, qui s'applique à des échéances allant au-delà de 3 jours à partir du moment de l'observation. En effet, les calculs effectués par un modèle numérique voient leur fiabilité diminuer à mesure que leur échéance s'éloigne du moment des relevés d'observation : ainsi finit-on par atteindre la limite de prévisibilité "brute" d'un modèle, qui est actuellement d'environ 3 jours ; c'est pour prévoir le temps au-delà de cette limite que l'on recourt à la technique de la prévision d'ensemble, qui apporte une signification à une prévisibilité "élargie" du modèle, exploitable sur une échelle d'indices de confiance.

L'une des sources d'erreur de prévision qui limitent la prévisibilité est l'inexactitude des données d'observation qui définissent ce que l'on appelle l'état initial de l'atmosphère, sur lequel on se fonde pour procéder au départ des calculs. Afin de pallier ces inexactitudes, on réalise alors plusieurs états initiaux , obtenus chacun en imposant aux données observées de petites variations, plus petites que les erreurs normales de mesure ou d'interpolation. Puis, à partir de chacun de ces états initiaux, on lance le calcul des états futurs de l'atmosphère : pour une échéance donnée, on obtient donc autant d'états futurs que l'on a réalisé de variantes de l'état initial. On en déduit dans un premier temps une moyenne de ces prévisions, puis on lui compare les cartes issues de ces calculs, pour une même date et une même heure, en utilisant une méthode de regroupement par classes : toutes les prévisions proches de la moyenne forment un amas central des prévisions, qui servira de base à la prévision annoncée, tandis que les prévisions qui s'écartent de cette moyenne sont regroupées en classes appelées des tubes ; il peut y avoir de zéro à plusieurs tubes (jusqu'à 2, 3 ou même parfois 4). Les variantes par rapport à la prévision issue de l'amas central sont parfois très différentes de celle-ci. Des quantifications objectives — le nombre de tubes, le nombre des prévisions regroupées dans chacun des tubes, la plus ou moins grande différence de prévision du tube par rapport à l'amas central — permettent enfin au prévisionniste d'évaluer un indice de confiance de la prévision.

Ce système de prévision d'ensemble a été mis au point à partir de 1992 au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (le CEPMMT). La version utilisée en 2004 date de 1996 et fournit 50 variantes du modèle de base, cela jusqu'à 10 jours (240 heures) d'échéance. Ces variantes sont obtenues à partir d'un modèle identique au modèle de base, mais avec une moindre précision, afin que le temps de calcul soit écourté ; selon le processus décrit ci-dessus, il faut donc comparer chaque fois 51 prévisions. Depuis août 1998, on essaie de prendre en compte non seulement les erreurs issues des conditions initiales, mais aussi celles qui sont dues à la transcription des phénomènes physiques régissant le comportement de l'atmosphère. Un autre axe de recherche en matière de prévision d'ensemble est l'"approche multimodèle", qui consiste à combiner les solutions proposées par différents modèles pour une même échéance.

Depuis le 17 mai 1998, Météo-France diffuse quotidiennement une tendance du temps entre 4 et 7 jours d'échéance, assortie d'un indice de confiance. Il existe d'autres prévisions d'ensemble, en provenance des États-Unis et du Canada (celle effectuée en Grande-Bretagne n'est pas diffusée vers le public) ; chacune de ces prévisions d'ensemble utilise d'autres méthodes que celle du CEPMMT pour créer les variantes de l'état initial ainsi que les variantes que prend en compte le modèle afin de transcrire les phénomènes physiques.