Glossaire

hauteur de précipitation

  Curieux  

Pour évaluer au cours d'une chute de pluie la quantité d'eau qui atteint le sol en un endroit déterminé et pendant un intervalle de temps donné, on mesure l'épaisseur d'eau qui aurait alors recouvert en cet endroit une surface horizontale et bien dégagée si l'eau tombée n'avait subi ni infiltration, ni ruissellement, ni évaporation. La mesure de l'épaisseur d'eau recouvrant la surface du sol, effectuée par des pluviomètres, définit la hauteur de précipitation observée durant cet intervalle de temps à l'endroit désigné : cette quantité s'exprime en millimètres (ou en centimètres), un millimètre étant considéré comme équivalent à un litre par mètre carré — on dit souvent pour simplifier "un litre" — , et elle exprime la lame d'eau dont la précipitation aurait recouvert un mètre carré de sol au terme de l'intervalle de temps considéré ; seules sont prises en considération, en météorologie opérationnelle, les chutes de pluie dont la hauteur de précipitation est au moins égale à un dixième de millimètre.

Les précipitations chutant sous forme solide, comme la grêle, le grésil et surtout la neige, posent un problème particulier : il convient alors d'estimer l'épaisseur de la lame d'eau liquide qui serait résultée de leur fusion. Pareille estimation peut s'obtenir soit en faisant effectivement fondre la quantité de précipitation recueillie, soit en multipliant son poids par un coefficient d'équivalence en millimètres par kilogramme que l'on estime connu : dans le cas de la neige, ce genre d'observation est réalisé par des nivomètres, à l'aide desquels on peut aussi se contenter de mesurer l'épaisseur de la couche de neige tombée (il est généralement admis qu'une chute de neige de hauteur donnée équivaut à une hauteur de précipitation dix fois moindre ou, plus exactement, qu'une couche de neige fraîche de 1 cm d'épaisseur fournirait une lame d'eau de 0,8 mm). Cependant, la quantité d'eau contenue dans une couche de neige peut être très variable avec la nature du manteau neigeux : c'est pourquoi la mesure de l'équivalent en eau de la neige dans les surfaces durablement enneigées ne se réduit pas à celle de l'épaisseur ou du poids de la couche de neige tombée et constitue une opération distincte de la mesure de la hauteur de précipitation ; cette opération est souvent menée de nos jours par télédétection à l'aide d'instruments utilisant des rayonnements électromagnétiques.


  Initié  

La pluie qui atteint le sol peut connaître quatre types différents d'évolution :
 

  • soit elle disparaît de la surface en pénétrant dans le sol qui l'absorbe : c'est l'infiltration ;
  •  
  • soit elle s'écoule en surface vers un cours d'eau, à moins qu'elle ne pénètre superficiellement dans le sol où là aussi elle est finalement dirigée vers un cours d'eau sans avoir été absorbée : c'est le ruissellement, encore appelé écoulement de l'eau ;
  •  
  • soit elle revient rapidement dans l'atmosphère à l'état gazeux après évaporation ;
  •  
  • soit enfin elle forme ou accroît des réservoirs d'eau liquide qui tantôt se réduisent à la dimension de gouttes d'eau — après l'interception de la pluie par les feuilles de végétaux — , tantôt atteignent les dimensions d'une flaque, d'une mare, ou plus encore — lors de la rétention de la pluie par le sol ou bien par un objet, un bâtiment, etc.

Si l'on veut estimer la quantité d'eau qui, au cours d'une chute de pluie, a réellement atteint le sol en un endroit déterminé et pendant un intervalle de temps donné, on doit donc mesurer en réalité l'épaisseur d'eau qui aurait recouvert la surface du sol en cet endroit, pendant cet intervalle de temps, si l'eau tombée n'avait subi ni infiltration, ni ruissellement, ni évaporation. De plus, il faut faire en sorte qu'au point de mesure le sol soit horizontal, sans quoi la quantité mesurée dépendrait de sa pente (outre le fait qu'il y aurait alors une forte présomption de ruissellement). Enfin, ce point de mesure est à implanter dans un site dégagé et éloigné de toute plante et de tout bâtiment, afin d'éviter l'interception ou la rétention de la pluie par des structures matérielles autres que le sol. Une fois seulement que ces trois conditions auront été réunies, la mesure de l'épaisseur d'eau recouvrant la surface du sol pourra être considérée comme définissant sans ambiguïté la hauteur de précipitation à l'endroit et pendant l'intervalle de temps considérés.