Glossaire

Bureau (Robert)

Météorologiste français (1892-1965). Spécialiste des transmissions, il s'intéressa aux problèmes que soulevait l'usage des ballons-sondes, officiellement mis en pratique à partir de 1922 pour mesurer la température et la pression atmosphérique en altitude. Ces ballons éclatent une fois parvenus à haute altitude, et les sondes redescendent alors au sol. Dans ces premières années d'emploi des sondages par ballon, on ne pouvait disposer des données enregistrées par les sondes avant que celles-ci soient retombées sur terre, puis aient été récupérées et enfin aient été retournées aux centres météorologiques par ceux qui les avaient trouvées ; ce retard souvent important entre la mesure et son dépouillement était évidemment préjudiciable à une organisation opérationnelle de l'observation et de la prévision du temps : le seul moyen d'y remédier consistait en une transmission immédiate au sol des mesures effectuées par la sonde, ce que devait a priori permettre l'usage d' ondes radioélectriques.

À partir de 1926, à l'Observatoire météorologique de Trappes, Robert Bureau et le physicien français Pierre Idrac (1885-1935) mirent ainsi au point un procédé de transmission radio en ondes courtes à l'aide d'un émetteur de faible puissance embarqué sur ballon-sonde : les essais qui conclurent ce travail, en mars 1927, furent pleinement réussis, puisque les émissions purent être captées depuis même la stratosphère en diverses stations du territoire français. Dès lors, Bureau eut toute latitude pour concevoir des modèles successifs d'instruments légers, destinés à mesurer en altitude les paramètres atmosphériques dans une sonde transmettant leurs résultats par radio : c'est ainsi que furent inventées, puis expérimentées avec succès en 1929 et 1930, les premières radiosondes, qui servirent bientôt à mesurer aussi le vent en altitude (par radiogoniométrie) et l'humidité relative.

Malgré les potentialités de ces appareils nouveaux, l'établissement d'un réseau de radiosondage opérationnel et international ne fut pas ensuite exempt de lenteur. Pourtant, un tel réseau représentait un très grand pas en avant pour — entre autres — la météorologie aéronautique, à l'époque même où l'aviation commerciale connaissait son essor le plus spectaculaire ; Bureau était d'ailleurs conscient du rôle que devait jouer la prévision météorologique dans la protection du transport aérien, et il en exprima et détailla les modalités au sein de la Commission internationale de météorologie aéronautique (dépendante de l'Organisation météorologique internationale, précurseur de l'actuelle OMM), dont il fut élu Président en 1935.