Glossaire

brise

  Curieux  

En météorologie marine , un vent de force comprise entre 2 et 6 inclus est appelé une brise ; suivant que sa force égale 2, 3, 4, 5 ou 6, on le nomme alors plus précisément légère brise, petite brise, jolie brise, bonne brise ou vent frais. Mais dans un sens différent et plus général, la brise désigne un régime spécifique de vent local, généré par les différences de réchauffement ou de refroidissement s'établissant entre deux zones avoisinantes de la surface terrestre à la suite du rayonnement absorbé ou émis par ces deux zones.

Ces différences se transmettent peu à peu aux basses couches d'air sus-jacent aux deux zones, constituant ainsi deux régions atmosphériques dont l'une est plus réchauffée (ou moins refroidie) que l'autre : on dit que s'opère alors un processus de réchauffement différentiel . En pareil cas, une brise se lève en soufflant de la région la moins chaude vers la région la plus chaude de manière à y remplacer les courants ascendants nés de son réchauffement "relatif". En raison de ce processus, les brises finissent généralement par constituer la partie inférieure de cellules convectives ; en outre, elles se présentent fréquemment comme des phénomènes d'évolution diurne, puisque la convection thermique dépend du rythme du jour et de la nuit.

Ainsi, les terres côtières durant la journée s'échauffent plus rapidement que l'étendue d'eau contiguë, d'où se met à souffler vers les rivages un flux d'air plus frais, la brise de mer ; une période transitoire s'instaure pendant la matinée avant que ne puisse être close la cellule convective, bientôt révélée dans ses ascendances par la présence de cumulus : derrière une bande côtière de vent calme s'avance alors un front de brise de mer séparant une couche d'air chaud qui se déplace depuis la terre et une couche d'air sous-jacente, relativement fraîche, peu épaisse, qui se déplace depuis la mer.

Après le coucher du soleil , l'évolution des écarts de température entre mer et terre s'inverse, et lorsque la nuit est suffisamment avancée, la brise de terre se lève et souffle de la côte plus froide vers la mer, cela jusqu'au matin ; elle n'est pas aussi intense que la brise de mer, car le refroidissement nocturne par rayonnement infrarouge tend à produire entre le sol et l'eau des différences plus atténuées que le réchauffement diurne par le rayonnement solaire. Les passages de l'une à l'autre brises s'effectuent à travers des périodes prolongées de calme.

En montagne, de même, l'air des fonds de vallée se déplace le jour vers les sommets mieux ensoleillés en donnant naissance à la brise d'aval (le long de la vallée) et à la brise montante (sur les pentes latérales), lesquelles, composent la brise de vallée ; des nuages se développent alors dans l'air surplombant le haut de la vallée : en atmosphère instable, il arrive en fin de journée qu'ils se soient transformés en cumulonimbus, provoquant des orages isolés.

Les propriétés de la brise de vallée sont bien sûr exploitées par les adeptes du vol libre, jusqu'à une certaine heure de fin d'après-midi toutefois, car les ascendances faiblissent avec la hauteur du soleil. Puis la nuit venue, le phénomène s'inverse : la brise d'amont et la brise descendante composent la brise de montagne qui s'écoule des sommets vers les fonds de vallée en y formant souvent des poches d'air froid ; le risque existe alors que celles-ci hébergent des brouillards et à certaines époques de l'année, des gelées nocturnes.


  Initié  

Les brises sont totalement étrangères aux principes d'équilibre qui fondent le vent géostrophique ; elles s'associent du reste à des différences de pression trop faibles pour être décelables sur les cartes météorologiques à l'échelle synoptique : ce sont par excellence des phénomènes d'échelle locale, conditionnés non seulement par des paramètres de plus grande échelle spatio-temporelle — l'ensoleillement (de jour), la nébulosité, le vent synoptique — , mais aussi par les caractéristiques intrinsèques des zones entre lesquelles elles soufflent (on peut évoquer à cet égard le tracé des rivages, l'orientation et la conformation des reliefs, les albédos...).

Pour autant, ces types de vent ne constituent pas des phénomènes marginaux, en particulier pour ce qui est des brises de mer, dont les effets se ressentent parfois à des dizaines de kilomètres de la côte (bien davantage sous les tropiques) et dont la vitesse peut dépasser la vingtaine de km/h : la combinaison de telles brises avec le vent synoptique est alors susceptible de modifier plus ou moins ce dernier en vitesse et direction et peut tantôt le contrarier, tantôt l'amplifier jusqu'à créer des conditions délicates pour la navigation côtière. De même, les vallées étroites entretiennent des brises d'amont rapides, en raison de l'effet Venturi.

Par ailleurs, il existe une multiplicité de catégories de brises moins marquées que les précédentes, comme les brises de lac (dont le mécanisme est le même que celui des brises de mer), les brises de campagne qui convergent vers les grands centres urbains à travers leurs banlieues, ou bien les brises qui, au contraire, soufflent depuis les forêts vers leurs alentours moins frais et plus secs ; un cas particulier est celui de la brise de glacier, qui descend nuit et jour le long des glaciers en soufflant sur une faible épaisseur. En fait, peu de phénomènes météorologiques sont aussi universellement présents que les brises, auxquelles appartiennent déjà telle bouffée d'air se maintenant entre deux champs successifs d'un terrain, ou tel courant d'air soufflant d'un carrefour à un autre dans une avenue.