Glossaire

alizé

Un alizé (ou vent alizé ) est un vent des régions intertropicales (entre 30° nord et 30° sud environ), de direction générale nord-est pour l'hémisphère Nord et sud-est pour l'hémisphère Sud, qui se manifeste de façon persistante à des altitudes allant ordinairement du niveau de la mer à 1 500 ou 2 000 mètres, sans dépasser 3 000 mètres. Le terme d'"alizé" est généralement employé au pluriel afin de désigner l'ensemble des vents de ce type ; ceux-ci soufflent sur de vastes régions de la zone méridienne intertropicale en partant des grands centres d'action anticycloniques des régions subtropicales pour se diriger vers la zone de convergence intertropicale, qui forme une ceinture dépressionnaire entourant la planète. De ce fait, la circulation générale des vents à basse altitude est principalement gouvernée par des vents d'est dans les régions tropicales et équatoriales, à l'inverse des régions tempérées où elle se traduit globalement par des vents d'ouest.

Les alizés, alimentés par l'air des subsidences qu'entretiennent les anticyclones subtropicaux, sont au départ des vents secs ; c'est pourquoi les alizés continentaux, qui traversent des terres émergées et fréquemment arides, diffèrent par leur nature des alizés océaniques, qui soufflent longuement au-dessus de surfaces d'eau à température élevée et peuvent ainsi se régénérer en vapeur d'eau. Plus précisément, les alizés continentaux, lorsqu'ils soufflent au-dessus de régions désertiques ou semi-désertiques, ne peuvent qu'entretenir l'aridité de ces régions : tel est le cas de l'harmattan qui, en été, contourne la dépression thermique du Sahara, et qui en toute saison assèche les abords de l'Ouest de l'Afrique ; les alizés océaniques, au contraire, recueillent l'eau échappée de la surface des mers par évaporation et pourront jouer ainsi un rôle fondamental dans le soulèvement à très haute altitude de l'air équatorial par convection humide après qu'ils auront atteint la zone de convergence intertropicale.

En raison du frottement exercé par la surface de la mer, les alizés océaniques se caractérisent par une vitesse modérée et peu variable (de l'ordre de 20 km/h ou 5 mètres par seconde) qui, ajoutée à leur persistance, permet de comprendre le concours qu'ils ont apporté aux découvertes de la navigation maritime à la Renaissance ; rappelons toutefois qu'à un phénomène climatique tel qu'El Niño correspond une quasi-disparition des alizés dans la partie occidentale du Pacifique équatorial, tandis que La Niña s'accompagne au contraire de leur renforcement dans cette même zone du Pacifique. D'autre part, l'air humidifié que transportent les alizés océaniques est surplombé par un air chaud et très sec, issu par subsidence des régions de l'atmosphère où circulent en sens inverse des alizés certains courants — les contre-alizés — constituant la partie supérieure des cellules de Hadley : entre ces deux régions contiguës de l'atmosphère tropicale s'établit alors une couche d' inversion de température, siège du renversement de sens des flux d'air, et qui a la propriété d'être quasi permanente.