Phénomènes météo

Les vagues-submersion

Vigilance vagues submersion La Rochelle 01 février 2014 - © Météo-France - M.Hontarrède

Les submersions marines peuvent affecter l'ensemble du littoral de métropole, y compris en Méditerranée où la marée est de faible amplitude. A la différence d'autres phénomènes météorologiques dangereux, comme le vent fort, le phénomène de vagues-submersion est très localisé.
 

Les dangers liés aux vagues-submersion

Les submersions touchent surtout les zones basses proches du littoral. Les inondations dues aux submersions marines peuvent cependant atteindre une hauteur d'eau de plusieurs mètres et envahir le littoral sur plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres. 
Les voies de communication, les habitations, les zones d'activités sont susceptibles d'être inondées et endommagées en quelques heures, voire moins. Les jetées, digues et autres infrastructures côtières peuvent être franchies, fragilisées ou endommagées. A proximité des estuaires, l'écoulement des cours d'eau peut également être ralenti, voire stoppé, ce qui génère des débordements. Les dégâts peuvent être aggravés en cas de violentes rafales de vent, de fortes pluies, de crues concomitantes ou de ruptures de digues.
 

Leur formation : une combinaison de plusieurs phénomènes dangereux

Les vagues-submersion affectent des portions vulnérables du littoral dans un contexte météorologique et hydrographique très particulier.

Elles sont liées à une élévation extrême du niveau de la mer due à la combinaison de plusieurs phénomènes: 

- l'intensité de la marée (niveau marin dû principalement aux phénomènes astronomiques et à la configuration géographique) : plus le coefficient est fort, plus le niveau de la mer à marée haute est élevé. 

- Le passage d'une tempête, produisant une surélévation du niveau marin (appelée surcote) selon trois processus principaux : les vagues liées à la forte houle qui contribuent à augmenter la hauteur d'eau ; le vent qui exerce des frottements à la surface de l'eau, ce qui génère une modification des courants et du niveau de la mer (accumulation d'eau à l'approche du littoral) ; la diminution de la pression atmosphérique (le poids de l'air décroît à la surface de la mer et, mécaniquement, le niveau de la mer monte). 
Une diminution de la pression atmosphérique d'un hectopascal (hPa) équivaut approximativement à une élévation d'un centimètre de la hauteur d'eau. Exemple : Une dépression de 980 hPa (soit une différence de 35 hPa par rapport à la pression atmosphérique moyenne de 1015 hPa) génère une surélévation d'environ 35 cm. 

- Le déferlement des vagues à la côte s'ajoute à ces différents phénomènes : il se traduit par une projection violente de masses d'eau.
 

Schéma d'un phénomène de vagues-submersion au passage d'une tempête
 

Les facteurs aggravants

La simultanéité de ces phénomènes aggrave la submersion, accroît les débordements et permet à la mer d'atteindre des zones habituellement abritées. La gravité de ces débordements varie en fonction de la hauteur d'eau atteinte, des volumes entrants et de la vitesse d'écoulement des eaux. 

L'intensité de la submersion dépend aussi fortement de la configuration des fonds marins, de l'estran (zone couverte et découverte par la marée) et des caractéristiques géographiques des côtes comme : 

- la diminution de la profondeur de la mer (à l'arrivée sur la côte, l'énergie des vagues se transforme en surélévation du niveau d'eau) ; 
- la nature des fonds qui freine ou accélère la propagation de la vague vers la côte (sable, galets, vase…) ;
- l'orientation de la côte par rapport à la direction de propagation de la houle et des vagues.
 

Vagues sur le littoralLes derniers évènements de vagues-submersion

27-28 février 2010 
Lors du passage de la tempête Xynthia, l'eau de mer est montée par endroits à plus de 2 m dans des habitations. Cette nuit-là, les conditions atmosphériques ont provoqué une surélévation du niveau marin (surcote) de 1,53 m à La Rochelle, alors que le niveau de la mer était au plus haut (heure de marée haute avec un coefficient de 102 et forte houle). La mer avait alors dépassé de plus d'un mètre le niveau des plus grandes marées déjà observées. 

1er janvier 2010 
La Côte d'Azur et la Corse ont été touchées par des trains de vagues exceptionnels pour la région. La bouée de Nice a enregistré des hauteurs significatives de 4 mètres. Ces vagues, en provenance des Baléares, associées parfois à une surcote de plus de 50 cm, ont provoqué des déferlements très importants sur toute la côte, des îles d'Hyères à Monaco et sur la côte occidentale de la Corse. 

10 mars 2008 
Une tempête, associée à une dépression très creuse sur les îles britanniques, est passée sur la moitié Nord de la France. Le fort coefficient de marée (106), une surcote de plusieurs dizaines de centimètres (jusqu'à un mètre dans certains estuaires) et de fortes vagues se sont conjuguées pour créer un événement majeur sur les côtes vendéennes, bretonnes et normandes. 

9 décembre 2007 
Une tempête sur l'Atlantique nord a levé des vagues de hauteur exceptionnelle au large de la Bretagne. Des hauteurs significatives (moyenne du tiers des vagues les plus hautes) de plus de 14 m ont été enregistrées au large en mer d'Iroise. Les coefficients de marée n'étaient pas trop élevés (environ 70) et ont permis de limiter l'ampleur du phénomène à la côte. 

6 novembre 1982 
Une perturbation provenant du golfe de Gascogne a apporté des précipitations exceptionnelles et des vents tempétueux de secteur sud sur le bassin méditerranéen, dépassant parfois les 140 km/h en rafale sur le littoral languedocien. Des vagues de hauteur exceptionnelle ont déferlé sur le littoral du golfe du Lion (7 m enregistrés au large de Sète). Ces vagues, ajoutées à une surcote qui a atteint un mètre à certains endroits, donnèrent un caractère exceptionnel à cet événement. 119 communes réparties sur l'ensemble des côtes méditerranéennes ont été sinistrées. 

Photo : copyright Météo-France / Pierre Kusmeruck