Phénomènes météo

Les giboulées

Giboulées l'après-midi du 2 mars 2016 dans l'OiseLes giboulées (souvent dites " de mars ") se produisent au passage de l'hiver au printemps. Ces brèves averses sont souvent accompagnées de vent, au cours desquelles grêlons, flocons de neige, granules de glace ou encore neige fondante se mêlent à la pluie. Lorsqu'elles surviennent, on observe généralement un brusque refroidissement. Au contraire, lors d'une éclaircie entre deux giboulées, le soleil donne l'impression d'un temps agréable et doux.

Formation des giboulées

Les giboulées se produisent surtout à la fin de l'hiver et au début du printemps, lorsque l'atmosphère est instable. À la fin de la saison hivernale, l'air froid persiste en altitude (moyenne troposphère, autour de 5 000 m d'altitude), tandis que les basses couches de l'atmosphère (1 500 premiers m) se réchauffent progressivement. Lorsque l'écart de température entre ces deux couches est suffisamment important, de puissants courants ascendants forment des nuages instables qui donneront ensuite des giboulées.
 
Le phénomène survient donc habituellement entre février et avril, mais des giboulées peuvent parfois se produire jusqu'au mois de mai. Sur les continents, elles sont plus nombreuses et plus actives en journée, lorsque le soleil a accentué le réchauffement des basses couches, augmentant ainsi l'instabilité. 

Des nuages à précipitations multiples

Les nuages générateurs de giboulées sont des nuages instables et très développés verticalement, de type cumulus congestus et cumulonimbus. D'autres cumulus plus petits, en cours de développement, sont également présents dans le ciel (souvent lors d' accalmies entre les averses), renforçant l'impression chaotique et incertaine de ce type de temps.
 
Les averses, et plus particulièrement les giboulées, se manifestent par une variation rapide et brutale de l'intensité et de la nature des précipitations. Les nuages responsables de ces giboulées sont le siège de puissants courants ascendants qui favorisent le grossissement des cristaux de glace et permettent le développement du grésil ou de la grêle.
De plus, l'air étant très froid en altitude, lorsque les précipitations se déclenchent, la température chute brutalement au niveau du sol. Si cette baisse est suffisamment importante, la neige peut même remplacer la pluie.

Où et quand se produisent les giboulées en France ?

La climatologie des giboulées peut s'estimer à partir des observations de grêle. Ces précipitations accompagnent en effet principalement les giboulées (hormis quelques orages puissants d'été). La fréquence des giboulées reste toutefois supérieure à celle de la grêle.

Le tableau ci-joint illustre la répartition annuelle moyenne des jours de grêle sur la période 1971-2000. La grêle restant un phénomène rare en un lieu donné, les valeurs présentées semblent faibles alors que les stations sélectionnées sont situées dans les régions les plus touchées par la grêle.

Dans la plupart des stations présentées, la grêle est surtout observée de février à avril (voire mai). Une seule exception : Brest, avec un maximum en hiver. Un phénomène qui s'explique par la proximité de l'océan plus doux que l'air des basses couches de l'atmosphère au-dessus des continents. Cette douceur maritime a tendance à renforcer l'instabilité de l'atmosphère au plus froid de l'hiver.

Les façades maritimes (Manche : Brest, Lille ; Atlantique : Biarritz ; Corse : Ajaccio) sont les plus exposées. Les régions situées au Nord de la Loire (Metz) et plus particulièrement le Nord-Ouest (Rouen, Trappes) sont touchées significativement. D'autres stations plus isolées, situées sur les contreforts du Massif central (ou des Alpes) connaissent également un nombre notable de jours de grêle. En revanche, le Sud et plus particulièrement les régions méditerranéennes (hors Corse) ne sont qu'exceptionnellement touchés.

Retour sur 2 épisodes types à giboulées

Giboulées vues par le satellite Météosat 8 (composition colorée)

Giboulées vues par le satellite Météosat 8 (composition colorée) le 19 mars 2007 à
12 h00 UTC.
 © Météo-France


Sur cette image satellite, on observe une traîne très active sur le proche Atlantique, les îles Britanniques et la France, caractérisée par la présence de nombreux petits points blancs. Il s'agit de cumulus congestus, de cumulonimbus isolés, en ligne ou soudés (les amas nuageux sont alors plus importants, comme en Bretagne, Aquitaine, dans le Nord et le golfe de Gascogne). Les nombreuses averses s'accompagnent parfois de coups de tonnerre du Nord à la Bretagne et à l'Aquitaine. Aux giboulées, qui apportent du grésil et de la neige jusqu'en plaine, s'ajoutent de violentes rafales de vent d'ouest ou nord-ouest. On avait ainsi relevé lors de cet épisode des pointes à 140 km/h sur la pointe de Socoa (vers Saint-Jean-de-Luz),
133 km/h sur l'île de Groix et 130 km/h sur l'île d' Ouessant.

­Giboulées vues par le satellite NOAA 16 (composition colorée) le 22 mars 2004 à 10H 54 UTC

­Giboulées vues par le satellite NOAA 16 (composition colorée) le 22 mars 2004 à
10 h 54 UTC. 
© Météo-France


Sur cette image, une traîne très active concerne le proche Atlantique et l'Europe du Nord-Ouest, avec à nouveau ces petits points blancs. Les averses sont donc nombreuses. On observe des giboulées de grésil en plaine et de neige en montagne, à basse altitude. L'après-midi du 22 mars, l'instabilité se renforce avec l'apparition de la grêle et la multiplication des averses parfois accompagnées d'orages, tandis que de fortes rafales de nord-ouest balaient le littoral, du Cotentin au Pays basque.