Les moyens d'observation

Les stations en surface

Météo-France gère des réseaux de stations météorologiques sur l'ensemble du territoire dont certains en partenariat avec d'autres organismes. Ces stations collectent des données variées pour alimenter les modèles numériques de prévision du temps, aider les prévisionnistes et renseigner sur le climat.

Radome : un réseau national

© Météo-France/Pascal Taburet
Les stations météorologiques professionnelles du réseau de Météo-France, appelé réseau Radome, sont au nombre de 554 en métropole (une tous les 30 km) et 67 en Outre-Mer. Ces stations mesurent de façon automatique les paramètres de base que sont la température et l'humidité sous abri, les précipitations et le vent (vitesse et direction) à une hauteur de 10 mètres. Certaines stations mesurent des paramètres complémentaires comme la pression, l'humidité dans le sol, le rayonnement, la visibilité, l'état du sol, etc. En effet, la densité nécessaire des mesures diffère selon les paramètres. Ainsi, la mesure de la pression nécessite un maillage plus lâche que celle de la température mais elle est systématiquement mesurée sur les aéroports où sa connaissance est indispensable. 
D'autres paramètres répondent à des besoins plus spécifiques et sont concentrés sur des zones sensibles : aérodromes, zones de risque d'inondations, d'incendies de forêt, d'avalanche. Outre les mesures traditionnelles effectuées par les baromètres (pression), hygromètres (humidité de l'air), anémomètres (vent) et pluviomètres (pluie), les progrès technologiques permettent aujourd'hui de mesurer de façon automatique un nombre de plus en plus grand de paramètres comme l'humidité du sol, l'état du sol, le rayonnement, le temps présent, la visibilité, la hauteur des nuages, etc.
 

Des mesures continues sur tout le territoire

Les mesures sont effectuées régulièrement et transmises toutes les 6 minutes, toutes les heures ou une fois par jour selon les paramètres et les besoins, au centre Météo-France de Toulouse. Ce dernier les diffusera sur différentes bases selon l'usage qui en sera fait (aéronautique, climatologie, prévision immédiate, etc.) et sur le système d'information de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Depuis l'an 2000, les stations ont été réglées pour émettre un message d'alerte lorsque certains paramètres météorologiques, ou groupes de paramètres, atteignent des seuils définis à l'avance. 
Pour obtenir une prévision précise et de qualité, il est nécessaire de créer un maillage du territoire suffisamment dense et homogène. L'organisation des stations en réseau a permis d'identifier des sites pérennes représentatifs de la zone d'observation et d'établir un maillage à plusieurs échelles pour des prévisions globales ou locales. 
 

Des données d'observation partagées

Les 554 stations qui composent le réseau Radome en métropole sont organisées en sous-réseaux selon l'utilisation ultérieure des données. Parmi ces stations, une cinquantaine entre dans le dispositif de la veille météorologique mondiale (VMM) de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) : leurs données alimentent les bases de données des modèles de tous les pays. Environ 50 autres stations constituent un réseau complémentaire dont les  données sont également accessibles mondialement. Les 450 restantes permettent d'avoir un maillage plus fin pour des prévisions sur le territoire national. 

 Météo-France

 Carte du réseau RADOME des stations en métropole (Situation au 31 décembre 2012) © Météo-France

Bleu : station du réseau de la veille météorologique mondiale VMM (44) 
Rouge : Station installée sur une plateforme aéroportuaire (52) 
Vert : Station automatique 4 paramètres de base (vent, température, humidité et précipitations) pour le réseau national (458) 
 

Nivôse, un réseau neige pour la haute montagne

© Météo-France/CENMétéo-France dispose également de 28 stations en haute montagne (principalement dans les Alpes, quelques unes dans les Pyrénées et 2 en Corse) : le réseau Nivôse. Installées entre 1500 et 3100 mètres, ces stations sont entièrement automatiques et alimentées par des panneaux solaires. Elles mesurent la vitesse du vent, la température et l'humidité de l'air et la hauteur de la neige (par capteur à ultrasons). Chaque jour, ces mesures servent à alimenter les modèles numériques de prévision du manteau neigeux de Météo-France. Il est ainsi possible de prévoir l'évolution du manteau neigeux (périodes de fontes, etc.) et les risques d'avalanche.
 

Un réseau dense pour la climatologie

Météo-France bénéficie également d'un maillage fin grâce aux données fournies par le réseau climatologique d'État réparti sur l'ensemble du territoire. Ces données sont collectées une fois par mois et utilisées exclusivement pour la climatologie. En 2012 on dénombre 2500 systèmes automatiques et 3000 points de mesure manuels (température et précipitations seulement). Ces derniers sites sont aujourd'hui progressivement équipés de stations automatiques. 
 

Des réseaux partenaires

D'autres stations, souvent établies dans le cadre de partenariats, permettent de compléter les données issues de ces réseaux. Mises en place pour répondre à des besoins opérationnels spécifiques, elles offrent aux prévisionnistes de Météo-France des données supplémentaires sur un secteur particulier. 
 

Réseau Salamandre pour les crues et inondations

© Météo-France/Michel HontarrèdeMétéo-France opère pour la Direction générale de Prévention des Risques (DGPR), un réseau de stations mesurant deux paramètres (pluie et température) en soutien à la Prévision des Crues. Ce réseau  constitué début 2013 de 106 stations doit s'étoffer pour atteindre 290 stations. Certains sites bénéficient du réchauffage de pluviomètres afin de pouvoir  évaluer les quantités de précipitations solides. Outre-mer, ce type de réseau est également mis en œuvre avec la création de Cellules de veille hydrologique (CVH). La première cellule a été mise en place à la Réunion. 
Les prévisionnistes du SCHAPI (Service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévision des inondations) surveillent avec leurs collègues des 22 services de prévision des crues (SPC) l'ensemble des cours d'eau suivis par l'État. Ils co-produisent aussi avec les prévisionnistes de Météo-France un volet particulier de la vigilance météorologique : la vigilance « pluie-inondation » lorsque de fortes précipitations peuvent donner lieu à des inondations.
 

Prévenir les feux de forêt

© Météo-France/Alain Lapujade
En partenariat avec le Conservatoire de la forêt méditerranéenne et la Sécurité civile, un réseau de 71 stations météorologiques est dédié à la prévention des feux de forêts. Ces stations sont majoritairement concentrées dans le sud-est et mesurent principalement le vent, la pluie, la température et l'humidité. Le prévisionniste de Météo-France peut s'appuyer sur ces données supplémentaires pour informer au mieux les pompiers d'un risque d'incendie.    

© Météo-France/Lapujade Alain 
 

Échanger des données

Météo-France échange des données avec EDF (300 stations), la Direction générale de la prévention de risques (500 stations) et l'Institut national de la recherche agronomique (40 stations) dans le cadre des réseaux d'intérêt commun ou RIC. 


Collaborer et accompagner

Dans le cadre du projet science à l'école, Météo-France collabore avec des établissements scolaires équipés de stations automatiques deux paramètres (pluie et température). Les données sont concentrées par Météo-France puis mises à disposition de ces établissements. 
Météo-France a notamment apporté son aide dans le choix de l'implantation des capteurs météorologiques, afin que la mesure respecte des critères de qualité définis.