Observer le temps

Les observations météorologiques à la fin du XIXe siècle

Un album, conservé par la bibliothèque de Météo-France à Saint-Mandé, rassemble une série de photographies des postes pluviométriques et des stations météorologiques de la région parisienne à la fin du XIXe siècle. 
Ces clichés constituent un témoignage émouvant de la longue histoire du réseau climatologique français. 

Les observateurs, photographiés à côté de leurs instruments, portent des tenues qui révèlent leur profession ou leur statut social : uniforme du gendarme, blouse de l'ouvrier et du jardinier, costume de l'instituteur, etc.

 

Des relevés quotidiens


Les observateurs effectuaient des relevés de précipitations et de températures minimales et maximales une fois par jour, à 8 ou 9 h du matin. Ils étaient aussi chargés de noter les informations relatives aux phénomènes météorologiques, en particulier les orages : heures de début et de fin, intensité des éclairs, du tonnerre et de la pluie, chutes de grêle, direction de déplacement de l'orage, etc. 
Pour la région parisienne, ils transmettaient chaque mois leurs relevés à l'observatoire de la Tour Saint-Jacques à Paris qui dépendait de l'observatoire municipal de Montsouris. Les observations étaient transcrites dans des registres et une série de statistiques climatologiques étaient calculées, par exemple les moyennes mensuelles de température et les cumuls mensuels de précipitations. 

Observatoire municipal, journée du vendredi 9 juillet 1920 
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Postes pluviométriques et stations météorologiques
 

Les simples postes pluviométriques relevaient la hauteur des précipitations au moyen d'un pluviomètre et d'une éprouvette. Plus complètes, les stations météorologiques possédaient au moins des thermomètres à minima et à maxima et un pluviomètre, parfois une girouette. Les thermomètres étaient installés à 2 m environ au-dessus d'un sol gazonné, à l'intérieur d'un abri ouvert en bois. L'utilisation de ce type d'abri, appelé abri Montsouris, était de règle en France à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Quelques marches placées au nord permettaient à l'observateur d'arriver à la hauteur des thermomètres. 

Le réseau climatologique français
 

A la fin du XIXe siècle, le réseau climatologique français était coordonné par le Bureau central météorologique (BCM), ancêtre de Météo-France, fondé en 1878. Ce réseau comprenait 200 stations réalisant au moins trois observations par jour : observatoires régionaux, observatoires de montagne, écoles normales d'instituteurs, sémaphores et phares. En complément, plus de 2000 postes ou stations effectuaient des relevés quotidiens, sous la responsabilité des commissions départementales qui avaient été créées dans la plupart des départements. 

Le BCM éditait chaque année, en trois ou quatre volumes de grand format, ses Annales qui présentaient un grand nombre de statistiques climatologiques, sous forme de tableaux et de cartes. Les commissions départementales publiaient des bulletins mensuels ou annuels. Les Annales du BCM et les bulletins des commissions départementales sont consultables à la bibliothèque de Météo-France. Ces publications sont en cours de numérisation et seront prochainement mises en ligne.