La prévision du temps

Les échéances et limites de la prévision

La prévision du temps obéit à une règle simple : plus l'échéance visée est lointaine, plus elle est incertaine et donc moins elle peut être détaillée. Mais que peut-on effectivement prévoir pour l'heure, la journée, les semaines ou les mois à venir ?

L'horizon de prévisibilité augmente avec la taille des phénomènes météorologiques. La prévision de l'arrivée d'une perturbation est par exemple fiable jusqu'à quelques jours d'échéance. Les phénomènes de plus petite taille (orages, nappes de brouillard,…) peuvent être prévus de façon précise avec quelques heures d'anticipation. Au-delà, on ne peut que qualifier leur risque d'apparition (fort/moyen/faible) à l'échelle du département. Dans les meilleurs cas, il est aussi possible d'affiner le diagnostic en fonction des particularités locales (par exemple : risque d'orages plus élevé sur les reliefs).
Les prévisions du type de temps (par exemple anticyclonique hivernal, régime perturbé d'ouest…) ou de la température minimale et maximale sont de leur côté utilisables jusqu'à une quinzaine de jours, contre huit il y a vingt ans. Cet allongement des échéances est dû aux progrès de l'observation, de la modélisation et des moyens de calcul. Les efforts de recherche dans ces domaines devraient permettre de gagner encore un jour sur la prévision à l'horizon 2020.


Au-delà de 15 jours, et pour le mois, des conditions moyennes

Au-delà d'une quinzaine de jours, la variation des océans, et pour les échéances encore plus lointaines, les variations des fleuves, du manteau neigeux, des nappes phréatiques, de la végétation, des gaz et poussières ont des influences significatives sur l'atmosphère. Il faut donc en tenir compte dans les modèles qui simulent son évolution.
En utilisant des modèles couplant l'atmosphère et l'océan, il devient alors possible de prévoir des conditions moyennes de température et de précipitations au-delà de 15 jours. Le Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme (CEPMMT) réalise ainsi deux fois par semaine une prévision numérique jusqu'à un mois d'échéance. En analysant ces résultats à l'échelle de la France, Météo-France élabore des prévisions qualitatives à plusieurs semaines d'échéance, pour l'ensemble du territoire métropolitain.


Pour les mois à venir : la prévision saisonnière

À partir de modèles couplés, des prévisions peuvent aussi être élaborées pour les mois à venir : on parle de prévision saisonnière. Il s'agit alors de prévoir la moyenne sur une période de quelques mois de paramètres météorologiques (température, précipitations), à l'échelle d'une zone comme l'Europe de l'Ouest. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. Elles sont par exemple meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu'en été. Elles sont informatives dans la ceinture intertropicale, sur le pourtour du Pacifique. En revanche, la prévisibilité de la température en Europe de l'Ouest, sans être nulle, reste faible. Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère au-dessus de l'océan Atlantique aux latitudes tempérées.


En bref : quels phénomènes peut-on prévoir ?

  • Quelques heures à l'avance

Des orages, des lignes de grains, des rafales, des averses, des brouillards … (taille caractéristique des phénomènes : environ 20 km) à l'échelle d'une commune.

  • 1 à 5 jours à l'avance

L'arrivée d'une tempête (taille caractéristique du phénomène : environ 2000 km) à l'échelle d'un département (1 jour à l'avance) ou d'une région (5 jours à l'avance).

  • 5 à 15 jours à l'avance

Un type de circulation atmosphérique, des indications sur le type de temps, une tendance pour la température (taille caractéristique des phénomènes : environ 7000 km).

  • 3 semaines à l'avance

Une indication sur les conditions moyennes (température, précipitations) à l'échelle de la France.
Par exemple : température moyenne probablement supérieure de 2 °C à la normale à l'échelle de la France.

  • 3 mois à l'avance

Éventuellement un signal qualitatif sur les conditions moyennes (température, précipitations), à l'échelle d'une zone comme l'Europe de l'Ouest.
Par exemple : en Europe de l'Ouest, les températures devraient être supérieures aux normales de saison pour le trimestre à venir.