La prévision du temps

La prévision du risque d'avalanche

­AvalancheLa neige est un des domaines d'étude de la météorologie, avec l'atmosphère, l'océan ou la banquise. Elle est étudiée dans l'atmosphère où elle se forme, et au sol, où elle constitue le manteau neigeux. En montagne, elle peut représenter un danger mortel lorsqu'elle s'écoule sous forme d'avalanche. En France, une centaine de personnes sont emportées chaque année par une avalanche.


Les divers types d'avalanches

Les avalanches dites spontanées se produisent sous l'effet d'agents naturels, essentiellement météorologiques : chutes de neige, pluie, redoux ou rayonnement solaire. Certaines d'entre elles peuvent balayer de vastes zones et parfois atteindre des routes ou des habitations. Elles sont le plus souvent la conséquence d'abondantes chutes de neige.
Les avalanches dites provoquées sont déclenchées par les pratiquants de la montagne : skieurs, raquettistes, alpinistes, etc. Les conditions météorologiques n'influent pas directement. C'est plutôt la qualité de la neige et l'empilement des différentes couches qui sont déterminants. Sur certains manteaux neigeux instables, la surcharge d'un skieur ou d'un piéton peut déclencher une avalanche. La raideur et la forme de la pente jouent aussi un rôle.


Quel type d'avalanche est le plus dangereux ?

Les avalanches dites spontanées sont potentiellement dévastatrices : une seule avalanche de ce type peut entraîner la mort de nombreuses personnes. Pour limiter leurs effets, des dispositions permanentes en matière de construction ont été prises, avec notamment des ouvrages paravalanches et une réglementation adaptée. Par ailleurs, en cas de situation avalancheuse prévue, des mesures temporaires permettent de limiter les déplacements ou d'évacuer des zones exposées.
Les avalanches dites provoquées sont la cause principale des accidents mortels par avalanche. En France, on dénombre chaque année une trentaine de victimes. L'enjeu est donc d'identifier les probabilités de déclenchement, de localiser les zones à risques et bien sûr d'informer.


Météo-FranceLe rôle de la prévision du risque d'avalanche

Pour être exact, il faut plutôt parler « d'estimation » du risque d'avalanche. À travers ce type de prévision, on cherche en effet à évaluer la stabilité du manteau neigeux et ses ruptures potentielles. L'objectif étant de fournir aux pratiquants et professionnels de la montagne une indication utile sur le risque d'avalanche. Indication qu'il devra bien sûr confronter aux observations du terrain.


Comment se présente l'information neige et avalanche de Météo-France ?

Les prévisionnistes de Météo-France élaborent des bulletins départementaux d'estimation du risque d'avalanche. Ils sont destinés notamment aux skieurs, surfeurs ou randonneurs et ne couvrent habituellement pas les domaines skiables qui sont des zones aménagées et sécurisées. Ils sont réalisés chaque jour du 15 décembre au 30 avril, ainsi que, sous une forme simplifiée, deux fois par semaine du 1er novembre au 14 décembre et du 1er mai au 15 juin. Ils décrivent les conditions de neige et le risque d'avalanche associé par massif pour les Alpes, les Pyrénées et la Corse.

Et pour les avalanches qui touchent les zones d'habitations ?

Les avalanches font partie des phénomènes météorologiques dangereux couverts par la carte de vigilance. En cas de risque avalancheux très élevé menaçant des habitations, les départements concernés figurent en orange ou en rouge sur la carte. Cette information est largement diffusée et relayée par les radios et télévisions et accompagnée de conseils pour se protéger. Les périodes propices à une crue avalancheuse à l'échelle d'un massif ou d'une vallée sont en général bien détectées à l'avance. Cela permet aux décideurs locaux de prendre des mesures préventives.

Carte de vigilance météorologique diffusée le 24 janvier 2013 à 16 h 00.
Très fort risque d'avalanche des Pyrénées -Atlantiques à l'Ariège.

Le rôle de Météo-France dans l'estimation du risque d'avalanche

Météo-France est en charge de l'estimation du risque d'avalanche depuis 1970 à la suite d'une avalanche particulièrement meurtrière*. Le Centre d'études de la neige de Météo-France, une unité de recherche spécialisée basée à Grenoble, en assure la coordination technique. Les bulletins sont rédigés par 8 centres spécialisés en météo de montagne. Mais la prévision du risque d'avalanche repose avant tout sur un partenariat entre Météo-France et les stations de sports d'hiver pour l'observation des conditions météorologiques et le suivi de l'évolution du manteau neigeux.

Météo-France


­Quelles sont les techniques utilisées pour évaluer le risque d'avalanche ?

La neige est un matériau qu'on pourrait qualifier de « vivant », car il est en perpétuelle évolution. Une fois au sol, les grains de neige se transforment en permanence. Le manteau neigeux ressemble à un millefeuille : il est composé de couches de neige successives. Celles-ci évoluent en fonction des conditions météorologiques (vent, chutes de neige, température, etc.). Pour connaître le degré de stabilité du manteau neigeux, il faut d'abord les observer.


Quels sont ces moyens d'observation ?

Météo-France a mis en place un réseau nivo-météorologique destiné à l'observation du manteau neigeux. Il comprend 130 stations situées entre 1 000 et 2 500 m d'altitude. Il fonctionne principalement grâce à une collaboration avec les stations de sports d'hiver. Les pisteurs fournissent des observations deux fois par jour et une description détaillée du manteau neigeux une fois par semaine. D'autres mesures proviennent du réseau Nivôse, composé de 29 stations automatiques situées à plus haute altitude, entre 1 600 et 3 100 m.


Comment Météo-France modélise-t-il la neige ?

Le Centre d'études de la neige a développé trois modèles (simulations informatiques) : SAFRAN, CROCUS et MEPRA. SAFRAN reconstitue heure par heure les conditions météo de chaque massif, pour différentes expositions et altitudes. CROCUS simule ensuite les principaux processus à l'œuvre au sein du manteau neigeux de chaque massif, en fonction de l'exposition et de l'altitude. Enfin, MEPRA évalue le risque d'avalanche des manteaux neigeux simulés par CROCUS.
Les résultats des trois modèles sont ensuite, comme pour les prévisions atmosphériques, expertisés par les prévisionnistes. Ceux-ci déterminent alors la nature du risque d'avalanche et son niveau d'intensité. Les modèles nivologiques sont cependant moins précis que les modèles météorologiques, ils ne sont utilisés que pour une prévision à 48 heures.


Comment est exprimé le niveau d'intensité du risque d'avalanche ?

L'échelle européenne du risque d'avalanche permet d'exprimer le niveau d'intensité du risque d'avalanche. Elle comporte cinq niveaux, le niveau 5 correspondant au risque le plus élevé. Cette échelle commune a été adoptée en avril 1993 par les pays de l'arc alpin.  Il s'agissait de proposer aux pratiquants de la montagne des différents pays européens un outil d'évaluation des risques unique et cohérent. Elle est utilisée aujourd'hui par tous les pays d'Europe occidentale.

L'échelle européenne de risque d'avalanche


Avec un risque de niveau 1, on peut donc partir skier hors piste en toute sécurité ?

Ce n'est pas si simple. L'échelle de risque d'avalanche s'échelonne entre 1 et 5 et non entre 0 et 5. Les bulletins ne sont en aucun cas une sorte de feu vert ou rouge. Ils sont une aide à la décision pour ceux qui pratiquent la montagne hors des pistes balisées et ouvertes au public.
La montagne est un milieu naturel, qui peut être dangereux. Il faut apprendre à bien la connaître. S'informer de la situation neigeuse et avalancheuse, c'est évaluer les risques prévus et adapter son comportement aux conditions de neige, à son niveau technique et à sa condition physique. En cas de besoin, et pour toute information complémentaire,  il est recommandé de consulter également les professionnels de la montagne.


* Le 10 février 1970, une avalanche cause la mort de 39 personnes en frappant le centre UCPA de Val d'Isère. Une mission interministérielle d'étude sur la sécurité des stations de montagne est nommée dans l'urgence pour enquêter sur cette catastrophe et proposer des moyens de lutter contre les risques propres à la montagne.