Les instruments d'observation météorologique

Les instruments anciens en image

Les quatre années de conflit mettront en évidence l'importance vitale de l'information météorologique, en particulier pour certains secteurs de l'armée (artillerie, aviation, compagnies Z…). Durant cette période, la science météorologique connaîtra des avancées spectaculaires et des instruments d'observation seront mis au point ou développés pour répondre à ces nouveaux besoins.  

Découvrez des exemples d'instruments d'observation utilisés à l'époque :

Le cerf-volant anémomètre Nerlow

Cerf-volant anémomètre Nerlow - © Météo-France
Cerf-volant anémomètre Nerlow - © Météo-France

Le vent dévie le tir des canons ; il est donc indispensable de connaître ses caractéristiques pour effectuer des corrections balistiques.

Le cerf-volant anémomètre Nerlow servait à mesurer la vitesse et la direction du vent entre 0 et 300 mètres d'altitude pour les besoins de l'artillerie légère. Construit en 1918 par l'inventeur Émile Louis Julien (dit « Nerlow ») avec l'aide du météorologiste Pierre Idrac, il a été mis en service sur le front pendant l'été 1918. Certains exemplaires étaient teints en bleu horizon, d'autres en gris pour qu‘ils ne se détachent pas sur le ciel.

Réalisé en coton, avec des armatures en bois, ce cerf-volant est lancé attaché à un câble fin enroulé sur un petit treuil à main. Il exerce sur le câble qui le retient une force qui est fonction du vent. La vitesse du vent est alors mesurée en attachant le câble à un dynamomètre (ressort gradué qui sert à mesurer une force de traction).

L'anémomètre à main à cadran

Anémomètre simple à cadran Jules Richard - © Météo-France
Anémomètre simple à cadran Jules Richard - © Météo-France

L 'anémomètre à main à cadran était utilisé pour mesurer la vitesse moyenne du vent au sol. Utilisé à l'origine dans les mines pour contrôler la ventilation des galeries, il sera employé ensuite en météorologie, puis dans les tranchées pour surveiller l'arrivée des gaz de combat.

Le vent fait tourner un moulinet à palettes dont on compte le nombre de tours sur une période donnée pour en déduire la vitesse moyenne du vent.

Le théodolite de sondage aérologique

Théodolite Morin - © Météo-France
Théodolite Morin - © Météo-France

Le théodolite est employé pour réaliser des sondages aérologiques. Ces sondages ont été largement utilisés pendant la guerre, pour les besoins de l'aérostation (ballons d'observation), puis de l'aviation ainsi que pour régler le tir des canons à longue portée.

Le théodolite permet de suivre et de relever les différentes positions d'un petit ballon gonflé à l'hydrogène. Grâce à ces mesures, on peut calculer la vitesse et la direction du vent à différentes altitudes, en suivant l'ascension du ballon.

Le modèle présenté ici a équipé les détachements du service météorologique militaire sur le front à partir de 1917.

L'hygrographe à cheveux

Hygrographe à cheveux Jules Richard - © Météo-France
Hygrographe à cheveux Jules Richard - © Météo-France

L’hygrographe à cheveux était placé dans les abris météorologiques pour mesurer l’état hygrométrique de l’air.

L'appareil exploite la propriété des cheveux de s’allonger plus ou moins en fonction de l'humidité. L’hygrographe enregistre les déformations d'une mèche de cheveux pour en déduire une indication sur le degré d'humidité de l'air ambiant.

Le modèle présenté ici a été fabriqué au début du XXe siècle par Jules Richard, industriel français, constructeur d'appareils photographiques et d'instruments scientifiques.

Le barographe anéroïde (petit modèle)

Barographe anéroïde petit modèle - © Météo-France
Barographe anéroïde petit modèle -
© Météo-France

Le barographe enregistre les variations de la pression atmosphérique.

Ce petit barographe de voyage a été fabriqué par Jules Richard au début du XXe siècle. Il permettait d'enregistrer la pression et l’altitude. Utilisé à l’origine par les voyageurs et les premiers alpinistes, il a servi ensuite pour des ascensions en ballon, puis en avion.

Il comporte notamment deux capsules creuses vides d'air (anéroïdes) qui se déforment selon les variations de la pression atmosphérique.