Les instruments d'observation météorologique

Des instruments pour répondre aux nouveaux besoins de l'armée

Lors de l'entrée en guerre de la France en août 1914, le Bureau central météorologique compte au total trente-cinq fonctionnaires. À la veille de l'armistice, le service météorologique militaire compte plus de 2 000 météorologistes. Les quatre années de conflit ont mis en évidence l'importance vitale de l'information météorologique. Durant cette période, la science météorologique a connu des avancées spectaculaires.

Saucisse de Blanzy. © ECPAD/France/1915-1918/Robertet, Paul
Saucisse de Blanzy. © ECPAD/France/1915-1918/Robertet, Paul

 

Alfred Fierro, dans son ouvrage Histoire de la météorologie (paru aux éditions Denoël en 1991), donne la parole à Léon Philippe Schereschewsky, un des principaux fondateurs du service météorologique aux armées, pour témoigner de cette montée en puissance à partir de 1915 :

« La première année (1916) fut consacrée à fournir aux armées le matériel météorologique indispensable et à en créer la fabrication sur une échelle inconnue jusqu'alors, à organiser un service d'avertissement aux grains, à améliorer le réseau d'observations, à accélérer grandement leur transmission grâce à la télégraphie sans fil en particulier et à imaginer des méthodes de prévision à court terme beaucoup plus précises.»

Pendant le conflit, la météorologie est un sujet de préoccupation majeur pour l'ensemble des troupes et du commandement, compte tenu de la position du front et des conditions climatiques des quatre années de guerre. L'observation météorologique revêt toutefois une importance particulière pour certains corps de l'armée :

  • les aérostiers qui, installés dans leur ballon captif, observaient le front ennemi et recueillaient des observations météorologiques d'altitude précieuses pour l'aviation et pour prévoir le temps ;
  • les observateurs des compagnies Z au cœur de la guerre chimique : connaître la direction et la force du vent lors de l'émission de gaz asphyxiants est en effet primordial pour éviter qu'ils ne se rabattent sur les attaquants ;
  • les artilleurs qui avaient besoin de données sur la pression atmosphérique, le vent, la température pour ajuster leurs tirs ;
  • les aviateurs pour lesquels une bonne connaissance des conditions météorologiques est une question de survie.
Levage d'un appareil de sondage basse couche par ballon captif de l'aérostation militaire (C. Saconet) à l'observatoire de Trappes. © Météo-France.
Levage d'un appareil de sondage basse couche par ballon captif de l'aérostation militaire (J.T. Saconney) à l'observatoire de Trappes. © Météo-France

Rapidement, de nouveaux instruments furent produits et d'autres perfectionnés, notamment des anémomètres pour pouvoir observer le vent dans les tranchées dans les premières lignes. Il était également indispensable de mieux comprendre les phénomènes atmosphériques d'altitude, en développant une instrumentation adéquate, dans la lignée de ce qui avait été entrepris par le météorologue Léon Teisserenc de Bort à Trappes. Au sein de l'observatoire de météorologie dynamique qu'il avait fondé en 1896, ce dernier observait la structure verticale de l'atmosphère par des mesures réalisées à l'aide de cerfs-volants et de ballons-sondes. Les observateurs météorologistes, recrutés essentiellement parmi les enseignants scientifiques, étaient formés au fort de Saint-Cyr, qui restera le centre de formation des météorologistes en France jusqu'au déménagement de l'École nationale de la météorologie vers Toulouse en 1981.

Météo-France conserve dans ses collections plus de trente instruments en service pendant la Première Guerre.