Imprimer Envoyer á un ami

Point sur la tempête Miguel, d’intensité moyenne mais inhabituelle pour un mois de juin

06/06/2019

Une dépression tempétueuse, baptisée Miguel par le service météorologique espagnol, est en cours de creusement au nord-ouest de l'Espagne. Cette future tempête, peu commune pour la saison, concernera la France dans la journée de vendredi 7 juin. Le 6 juin à 16 heures, huit départements sont placés en vigilance orange vent violent. Suivez l'évolution de la situation sur http://vigilance.meteofrance.com/ ou sur Twitter @vigimeteofrance.

La tempête Miguel gagnera la côte sud de la Bretagne en cours de matinée vendredi 7 juin puis circulera vers la Normandie en seconde partie de journée. Les vents seront tempétueux dès le matin sur la zone comprise entre l'embouchure de la Loire et l'estuaire de la Gironde. Les côtes charentaises et vendéennes seront a priori les plus impactées : on y attend des rafales proches voire légèrement supérieures à 110 km/h. A l'intérieur des terres, les rafales pourront atteindre 110 km/h dans la zone comprise entre Poitou-Charentes, le sud des Pays-de-la-Loire et la Touraine et 90 km/h sur le reste d'un large quart nord-ouest, en région parisienne notamment. La tempête générera également des précipitations importantes sur le nord-ouest du pays.

Ailleurs sur le pays, les vents culmineront à 70-80 km/h, localement 90-100 km/h sur les reliefs. Seuls les départements les plus au Sud seront épargnés.

Ces valeurs de vent ne placent pas Miguel dans la catégorie des tempêtes intenses. En revanche, son caractère tardif est remarquable. La période la plus propice aux tempêtes en France se situe en effet entre octobre et mars. Le phénomène n'est toutefois pas inédit : des tempêtes ou forts coups de vent ont déjà eu lieu en juin ou en été dans le passé.

  • 7 juin 1987 : ligne de grains orageuse accompagnée d'un coup de vent tempétueux (126 km/h à Biscarrosse, 115 km/h à Bordeaux)
  • 6 juillet 1969 : tempête sur la moitié nord, surtout en Bretagne, Normandie puis région parisienne.
  • 16 juin 1965 : tempête sur la moitié nord, Ile-de-France incluse
  • Situations très dépressionnaires les 9 juin 1954, 12 juillet 1961, 3 juillet 1988, 8 août 1948

Ce caractère tardif a tendance à renforcer la vulnérabilité des territoires. Les arbres étant en feuilles, ils offrent une plus grande prise au vent. Les sols sont de plus souvent saturés d'eau par les épisodes pluvieux des derniers jours, facilitant l'arrachement des arbres. Ces différents éléments ont été pris en compte dans l'analyse ayant conduit au passage des huit départements en vigilance orange.

Aller plus loin

Les tempêtes se produisent le plus souvent d'octobre à mars, période au cours de laquelle le courant-jet d'altitude sur l'Atlantique Nord (ou « rail des dépressions ») est en moyenne plus puissant et plus proche des côtes européennes. Observer une tempête comme Miguel en juin est bien plus rare car le courant-jet est généralement plus faible et ondule plus au nord, avec des contrastes thermiques nord-sud moins marqués qu'en hiver sur l'Atlantique et des hautes pressions subtropicales qui remontent davantage sur le sud de l'Europe.

La situation perturbée actuelle s'explique par la présence d'une forte anomalie de bas géopotentiel sur le proche Atlantique, associée à des masses plus fraîches que la normale contrastant avec l'air chaud présent plus au sud au large du Maroc. Cette zone à fort tourbillon avec contraste thermique marqué participe à un net renforcement du courant-jet au nord-ouest de l'Espagne, propice au creusement d'une dépression marquée.

Pour aller encore plus loin, découvrez sur le site http://tempetes.meteofrance.fr/ un recueil complet des connaissances (phénomène, méthode d'analyse, climatologie) et des données climatologiques sur les tempêtes observées en France métropolitaine