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Les petits-déjeuners de Météo-France : L'Arctique une région clé pour la météo et le climat

07/12/2017

La glace de mer de l'océan Arctique connaît aujourd'hui de profondes mutations dans sa structure et sa variabilité. Le déclin récent de sa couverture estivale, qui a atteint un nouveau record en septembre 2012, a relancé l'intérêt stratégique de cette région longtemps oubliée. Les impacts potentiels d'une fonte importante de la glace de mer sont à la fois économiques et géopolitiques – accessibilité croissante aux ressources géologiques, pétrolières et gazières, et aux ressources halieutiques, navigabilité des passages arctiques, exploitation touristique – et climatiques.

De récentes études avancent en effet que le déclin de la glace de mer arctique pourrait impacter le climat à nos latitudes en modifiant la sinuosité du courant-jet polaire, ce tube de vents forts qui fluctue autour du globe et joue un rôle déterminant dans la trajectoire des dépressions des moyennes latitudes.

Le centre de recherches de Météo-France (CNRM, Météo-France/CNRS) étudie l'évolution passée et future du climat depuis les années 1980 et se penche plus précisément sur la glace de mer arctique depuis une dizaine d'années. Météo-France développe ses propres outils, en collaboration avec le CERFACS (Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique) : son modèle couplé atmosphère/océan CNRMCM, dont la version 6 a vu le jour cette année, lui permet ainsi à la fois de produire des prévisions de glace de mer en Arctique à plusieurs mois d'échéance et de contribuer à une meilleure ompréhension des interactions entre la zone arctique et nos latitudes.

Ce système de prévision, en amélioration permanente, se nourrit des échanges avec la communauté internationale. Météo-France participe ainsi activement à plusieurs projets et programmes s'intéressant à la région arctique et réunissant des chercheurs du monde entier. Grâce à son système de prévision saisonnière basé sur CNRM-CM, Météo-France avait prévu, dès le mois de juin, qu'il n'y aurait pas de record de minimum d'extension de la banquise en septembre 2017, quand les seules observations de l'hiver précédent pouvaient suggérer le contraire.

Ce type de prévisions, encore peu exploitées, ouvrent de nouvelles perspectives notamment en matière de gestion des ressources halieutiques. Le centre de recherches de Météo-France a également, récemment, étudié l'implication du changement climatique dans les évolutions de trajectoire du courant-jet, et a ainsi contribué à confirmer les thèses les plus récentes sur le lien entre fonte des glaces arctiques et évolutions du climat hivernal à nos latitudes.
 

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