Le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Son rôle

Les experts du GIEC réunis en session à Copenhague en octobre 2014Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a pour mission d'évaluer et synthétiser les différentes études sur le changement climatique publiées à travers le monde. Météo-France participe activement à l'élaboration des différents rapports du GIEC.
 

Une expertise depuis 1988

Le GIEC (ou IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change) a été créé en 1988 par deux organismes de l'ONU, l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'environnement. Son rôle est d'analyser les nombreuses études menées sur le changement climatique, d'identifier les résultats les plus fiables tout en relevant les fortes incertitudes.

Tous les cinq à six ans (1990, 1995, 2001, 2007, 2013), le GIEC produit un rapport d'évaluation complet qui constitue un véritable état des lieux des connaissances scientifiques sur le changement climatique. Plus de 170 pays collaborent aux rapports d'évaluation du GIEC. Le premier volet du cinquième rapport a été publié le 27 septembre 2013. La production du GIEC constitue l'apport scientifique alimentant les négociations internationales sur le climat.
 

Une analyse du changement climatique

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail :

- Le groupe I travaille sur les bases scientifiques du changement climatique.

- Le groupe II se penche sur les conséquences de ce changement sur nos sociétés. Il évalue aussi la vulnérabilité de ces dernières et les adaptations possibles.

- Le groupe III étudie les solutions pour atténuer les différents effets du changement climatique.

Enfin, une équipe spéciale complète ces trois groupes et s'occupe des inventaires nationaux des gaz à effet de serre. Chaque rapport comporte donc trois volets correspondant à chaque groupe de travail, suivi d'un volet final de synthèse. Ces rapports sont complétés régulièrement par des rapports spécifiques sur des sujets plus précis, comme les énergies renouvelables ou les événements extrêmes.
 

Les acteurs du GIEC

La rédaction d'un rapport nécessite des années de discussions, relectures et validations. De nombreux acteurs prennent part à ce processus complexe de synthèse.

- Le bureau du GIEC est constitué d'une trentaine de scientifiques internationaux, généralement élus pour la durée d'élaboration d'un rapport. Cette instance détermine l'agenda des différentes versions ou relectures et désigne les auteurs principaux.

- Les auteurs principaux rédigent pour chaque rapport trois versions, empruntant à chaque fois un long circuit de relectures, contrôles et validations.

- Des auteurs contributeurs sont régulièrement sollicités par les auteurs principaux pour leur expertise sur certains points précis. Ils participent à la rédaction de quelques paragraphes du rapport et sont cités dans la version finale.

- Les experts réviseurs relisent chaque version du rapport et y apportent leurs commentaires ou rectifications. La version remaniée par leurs soins est de nouveau transmise aux auteurs principaux.

- Les réviseurs éditeurs quant à eux vérifient que les remarques des experts réviseurs sont bien prises en compte par les auteurs principaux. Ils conseillent aussi les auteurs sur le traitement des questions controversées.

Au total, ce sont plusieurs milliers de scientifiques qui prennent part à la rédaction de chaque rapport d'évaluation.
 

La participation de Météo-France

Les chercheurs de Météo-France, notamment au sein du CNRM-GAME (unité de recherche Météo-France/CNRS), publient chaque année un grand nombre d'études liées au changement climatique. La plupart d'entre elles sont évaluées par le GIEC et certaines sont citées dans les différents rapports d'évaluation.
Quant aux rapports eux-mêmes, de nombreux chercheurs de Météo-France interviennent directement dans leur rédaction et leur amélioration. Pour le cinquième rapport, outre de nombreux auteurs contributeurs, Météo-France compte deux auteurs principaux, deux réviseurs éditeurs et une dizaine de chercheurs nommés experts réviseurs pour le groupe I.