Le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Rapport spécial 2018 du GIEC : zoom en images

Lors de la conférence mondiale sur le climat (COP21) qui s'est tenue en 2015, les États se sont engagés à limiter le réchauffement climatique global bien en dessous de 2 °C par rapport au niveau préindustriel et à poursuivre leurs efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C. La communauté scientifique internationale, par le biais du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a été mandatée pour évaluer la faisabilité de cet objectif de limitation du réchauffement global en dessous de 1,5 °C et en estimer les impacts associés. 
 
Ces travaux ont fait l'objet d'un rapport spécial, dont le résumé à l'intention des décideurs a été rendu public lundi 8 octobre 2018 en Corée du Sud. Que faut-il en retenir ?
 
Retrouver le résumé à l'attention des décideurs dans sa version originale sur le site du GIEC.

Le résumé de Météo-France en images

Météo-France participe activement aux conclusions du GIEC depuis 1995 à travers ses travaux de recherche et/ou directement dans la rédaction des rapports. David Salas et Roland Séférian, chercheurs chez Météo-France, nous rappellent le contexte dans lequel a été produit ce dernier rapport du GIEC auquel ils ont collaboré et ce que signifie en France et dans le monde un réchauffement de 1,5 °C ou 2 °C à l'horizon 2050 à l'échelle planétaire. 

 

Quelles conséquences ce réchauffement aura-t-il sur les phénomènes météorologiques et les écosystèmes ? Une hausse de 2 °C de la température globale aura-t-elle beaucoup plus d'impact qu'une élévation de température moyenne de 1,5 °C ? Quelles sont les régions du globe les plus vulnérables ? David Salas nous explique également ces conséquences directes. Il revient dans une 3e vidéo sur les impacts du changement climatique sur les écosystèmes, les cultures et la vie en milieu urbain.
 
 

 
 

 

Les points à retenir

Réchauffement climatique : les constats 

En matière de contexte global, le GIEC indique qu'en 2017, le réchauffement global a atteint + 1 °C (± 0,2 °C) par rapport à la période préindustrielle et que les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique provoquent une hausse moyenne des températures de l'ordre de 0,2 °C par décennie à l'échelle de la planète. À ce rythme, le seuil de 1,5 °C de réchauffement devrait être atteint dès 2040.
 

Un réchauffement de 1,5 °C : quelles conséquences ?

Une telle élévation de température est lourde de conséquences sur le climat mondial : les vagues de chaleur et les fortes précipitations seraient plus fréquentes dans de nombreuses régions du globe, les sécheresses plus fréquentes par endroit. Les calottes groenlandaises et antarctiques seraient possiblement déstabilisées, avec une possible élévation massive du niveau de la mer.
Si le réchauffement devait être encore plus prononcé pour atteindre par exemple 2 °C, les conséquences sur les écosystèmes les plus fragiles, la montée des eaux et l'accès aux ressources en eau et en nourriture des habitants des régions insulaires et subtropicales seraient encore plus marquées. 
 

Comment limiter le réchauffement à 1,5 °C ? 

Les contributions nationales proposées lors de l'accord de Paris ne permettront pas de limiter le réchauffement climatique futur en deçà de 2 °C d'ici la fin du siècle. Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, il faut réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane...). Plus ces réductions sont importantes et précoces, plus les chances de limiter le réchauffement à 1,5 °C sont grandes. Les scénarios compatibles avec un réchauffement à 1,5 °C imposent de réduire les émissions nettes à zéro en milieu de siècle et recourir massivement aux « émissions négatives », comme la bioénergie avec capture et séquestration de carbone.