L'étude du climat passé

Sauvegarder les données du climat passé

  1. Pourquoi sauvegarder les données sur le climat passé ?
  2. Traiter et mettre à disposition les données climatiques anciennes

Pourquoi sauvegarder les données sur le climat passé ?

Étudier le climat passé permet de mieux comprendre le fonctionnement du système climatique, clé pour anticiper ses évolutions futures. Pour cela, les climatologues doivent disposer de séries d'observations sur la période la plus longue possible. 

Une base nationale de données climatiques

Pour assurer sa mission de conservation de la mémoire du climat, Météo-France assure la collecte, le contrôle et l'archivage des données climatiques dans une base nationale. Elle contient les données de métropole, d'outre-mer et des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) observées au sol, en mer ou en altitude. Les principales informations recueillies concernent la température, les précipitations, l'humidité, la pression atmosphérique, le vent et le rayonnement.

Intégrer les données anciennes dans la base climatique

Si les données quotidiennes les plus anciennes présentes dans la base nationale datent de 1688 (Observatoire de Paris), la plupart des données disponibles sont postérieures à 1960. Ce recul de quelques décennies est trop court pour porter un diagnostic sur l'évolution du climat en France. Le nombre de longues séries d'observations météorologiques, de bonne qualité et de plus de 60 ans, est encore insuffisant. Ainsi, les climatologues travaillent à réunir des données plus anciennes, consignées dans des documents d'archives, notamment dans le cadre de l'action Data Rescue qui vise à enrichir la connaissance de notre patrimoine climatique.

Des longues séries de référence pour caractériser le climat et son évolution

Collectées, saisies, contrôlées puis validées, les données climatiques anciennes sont intégrées dans la base de données nationale et utilisées pour constituer de longues séries de référence, sur 100 à 150 ans. Ces séries permettent de replacer les événements climatiques extrêmes dans un contexte à long terme, de contribuer à l'avancement des études de détection et d'attribution des changements climatiques, et de fournir de meilleures données pour évaluer et calibrer les modèles numériques globaux et régionaux du climat.

Des archives du climat depuis le milieu du XVIIIe siècle

Relevé d'observations météorologiques réalisées en novembre 1816 à l'Observatoire Royal de Paris
Relevé d'observations météorologiques réalisées en novembre 1816 à l'Observatoire Royal de Paris. © Archives nationales – Météo-France
(Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir)

 

Les programmes internationaux récents de sauvegarde des données climatiques visent à recenser et rendre accessibles toutes les données instrumentées disponibles depuis le milieu du XVIIIe siècle, essentiellement à partir d'archives originales constituées de relevés météorologiques anciens. Ces archives du climat sont dispersées en de multiples lieux de conservation selon qu'elles ont fait l'objet de versements dans des centres publics (Archives nationales, Archives départementales) ou qu'elles sont encore détenues par les différents centres de Météo-France. La France ayant une longue et riche histoire météorologique, les archives privées des sociétés savantes, des observatoires astronomiques, des monastères ou d'érudits peuvent également constituer une source complémentaire aux données de la météorologie nationale. En tout, ces collections représentent des kilomètres linéaires d'archives et plusieurs centaines de millions de données à récupérer et à exploiter. Les mettre au jour nécessite un travail d'enquête minutieux, généralement mené par les climatologues en collaboration avec des archivistes et des historiens.

Dans ce domaine, Météo-France a engagé, avec les Archives nationales et grâce au soutien de la Fondation BNP Paribas, un ambitieux programme de sauvegarde et de traitement d'archives sur le climat de la France et de ses anciennes colonies, de 1850 à 1960, à partir du fonds de la météorologie conservé à Fontainebleau.