2014

Bilan climatique de l’hiver 2013-2014

(Hiver météorologique : Décembre–Janvier–Février)

Durant l'hiver 2013-2014, un flux d'ouest à sud-ouest perturbé a dominé sur l'Europe de l'Ouest, apportant sur la France de nombreuses tempêtes, d'abondantes précipitations et une douceur exceptionnelle.

À partir de la mi-décembre, le thermomètre a affiché des valeurs très douces pour la saison avec très peu de gelées en plaine. La température moyennée sur la France et sur la saison a été supérieure de 1.8 °C à la normale*. Sur la période 1900-2014, l'hiver 2013-2014 se place au deuxième rang des hivers les plus doux derrière celui de 1989-1990 et ex-aequo avec l'hiver 2006-2007.

Les précipitations ont été particulièrement abondantes sur la façade ouest du pays et dans le Sud-Est. Elles sont en revanche restées déficitaires de l'Hérault aux Pyrénées-Orientales ainsi que dans le Nord-Est. Avec plus de 50 jours de pluie, la fréquence des précipitations a été exceptionnelle du littoral Atlantique aux côtes de la Manche. La pluviométrie de cet hiver 2013-2014 est la plus élevée de la période 1959-2014 en Bretagne mais aussi en Provence – Alpes – Côte d'Azur.
Sur l'ensemble de la saison et du pays, l'excédent de pluviométrie est proche de 40 %.

Exceptionnellement généreux en décembre, l'ensoleillement a été généralement faible en janvier et février. Sur l'ensemble de l'hiver, il est proche des normales** sur la moitié sud, voire plutôt déficitaire dans le Sud-Est, mais excédentaire sur la moitié nord.
 
Plusieurs évènements marquants durant l'hiver 2013-2014 :
- Des tempêtes à répétition sur la France
- Un hiver très pluvieux accompagné d'inondations en Bretagne
- Un hiver exceptionnellement pluvieux en Provence – Alpes – Côte d'Azur
- Des pluies soutenues et des inondations dans le Sud-Ouest, du 22 janvier jusqu'au 5 février



*  moyenne de référence 1981-2010
** moyenne de référence 1991-2010

 

 Graphe Températures et précipitations en hiver de 1959 à 2014 - © Météo-France
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Evolution des températures moyennes minimales et maximales quotidiennes en France pendant l'hiver 2013-2014 - © Météo-France

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        Carte France Ecart Normale Températures Hiver 2014 - © Météo-France   Carte France Ecart Normale Précipitations Hiver 2014 - © Météo-France

Carte France Ecart Normale Insolation Hiver 2014 - © Météo-France

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L'hiver mois par mois :

Décembre 2013

Les températures, froides durant la première quinzaine, ont ensuite été beaucoup plus douces. Sur l'ensemble du mois, elles ont partout été plus chaudes que la normale, sauf dans le Sud-Ouest. Moyennées sur la France, elles ont été supérieures aux normales* de 0.7 °C.
Les pluies ont été excédentaires de la Bretagne aux Pays de la Loire, de la vallée du Rhône à l'Ardèche et sur la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Partout ailleurs, la pluviométrie a été déficitaire. Le déficit dépasse 50 % de la Lorraine au sud de la Champagne, sur le nord de l'Auvergne, le nord des Alpes, de l'est de Midi-Pyrénées au Languedoc-Roussillon ainsi qu'en Haute-Corse. En moyenne sur la France, les précipitations ont été inférieures à la normale* de plus de 15 %.
L'ensoleillement a été exceptionnellement généreux sur une très grande partie du pays. La durée d'insolation a dépassé deux fois la normale** du nord de l'Auvergne à l'Île-de-France et au sud de la Champagne ainsi qu'au sud de l'Alsace. De nombreux records ont été battus. En revanche, sur la pointe du Finistère, dans le Sud-Est ainsi qu'en val de Saône, l'ensoleillement a été plus proche de la normale.

Janvier 2014

Les températures ont affiché des valeurs supérieures à la normale pendant tout le mois sur l'ensemble du pays. Le nombre de jours de gel a été très faible. Les températures moyennées sur la France ont été supérieures aux normales de +2.7 °C. Janvier 2014 est le mois de janvier le plus chaud depuis 1900, ex-æquo avec 1988 et 1936.
Les pluies ont été très excédentaires dans le sud-est du pays ainsi que du Sud-Ouest à la Bretagne et au Cotentin. La pluviométrie a été proche de la normale de la Picardie au Bassin parisien et au Berry. La pluviométrie est localement légèrement déficitaire dans un petit quart nord-est. Le déficit dépasse 50 % dans le Roussillon. En moyenne sur la France, les précipitations ont été supérieures à la normale* de plus de 40 %.
L'ensoleillement a été faible sur la majeure partie du pays, avec un déficit plus marqué sur le Nord et le Sud-Ouest.

Février 2014

Les températures ont affiché des valeurs supérieures à la normale pendant la quasi-totalité du mois sur l'ensemble du pays. Les gelées, cantonnées au relief, ont été très rares en plaine. Les températures ont été particulièrement douces sur le quart nord-est avec une anomalie de température moyenne de près de 3 °C. Moyennées sur la France, elles ont été supérieures aux normales de +2.1 °C.
Les précipitations ont été très excédentaires dans le sud-est du pays ainsi de l'Aquitaine à la mer du Nord. En Bretagne, avec une pluviométrie plus de deux fois supérieure à la normale*, c'est le mois de février le plus pluvieux sur la période 1959-2014, loin devant février 1990. A l'inverse, le déficit dépasse 50 % de l'Hérault aux Pyrénées-Orientales. En moyenne sur la France, les précipitations ont été supérieures à la normale* de plus de 70 %.
L'ensoleillement a été faible sur le sud et l'est du pays, mais excédentaire le long des côtes de la Manche.


*  moyenne de référence 1981-2010
** moyenne de référence 1991-2010

 

Evènements marquants de l'hiver 2013-2014


Tempêtes à répétition sur la France

L' hiver 2014 a été marqué par un défilé de tempêtes et perturbations venues de l'Atlantique, conséquence d'un anticyclone des Açores renforcé et d'une dépression d'Islande plus creuse que la normale. Cette situation météorologique a entraîné un courant d'ouest plus rapide sur l'Atlantique, ce qui a favorisé le passage des perturbations hivernales près de notre territoire. En liaison directe avec cette circulation atmosphérique, les vents qui ont soufflé sur la France ont été majoritairement d'ouest et de sud-ouest, apportant une grande douceur.

Les vents forts associés à ces tempêtes ont affecté la quasi totalité du pays et tout particulièrement les côtes de l'Atlantique et de la Manche. Toutefois, aucune de ces tempêtes n'a présenté de caractère exceptionnel sur notre pays.

-  La tempête « Xaver » du 5 décembre 2013 a été une des plus violentes depuis plusieurs décennies sur le nord de l'Europe. Elle a toutefois épargné la France. Seule la région Nord-Pas-de-Calais a subi de forts coups de vents avec des rafales atteignant 80 à 90 km/h en général, ponctuellement 100 km/h sur les côtes.

- La tempête « Dirk » du 23 au 25 décembre 2013 s'est étendue à la quasi-totalité de la France le 24 avant de quitter le pays par le flanc est le 25. Les rafales de vent ont atteint 90 à 120 km/h dans l'intérieur des terres et jusqu'à 140 km/h sur le littoral nord-ouest ainsi que sur le relief.

- La tempête « Ulla » des 14 et 15 février 2014 a circulé au large de la Bretagne, avec une activité exceptionnelle sur les îles Britanniques. Cette tempête, qui a affecté le nord-ouest de la France, a été la plus violente de cet hiver sur la pointe bretonne avec des vents dépassant 150 km/h sur les côtes. Dans l'intérieur des terres, les vents de sud sud-ouest ont atteint en rafales 90 à 110 km/h.

Par ailleurs, entre les passages de « Dirk » et « Ulla », plusieurs autres tempêtes se sont succédé sur notre pays, durant la première quinzaine de février, avec notamment « Petra » les 4 et 5 février, « Qumaira » les 6 et 7, « Ruth » le 8 et « Tini » les 12 et 13. Ces tempêtes, moins violentes que Dirk et Ulla sur la France, ont en revanche touché plus sévèrement la Grande-Bretagne


          Carte France Vent instantanné max sur 3 jours Tempête Dirk © Météo-France  Carte France Vent instantanné max sur 2 jours Tempête Ulla © Météo-France

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Un hiver très pluvieux accompagné d'inondations en Bretagne

Après un mois de novembre et un début décembre 2013 relativement sec et assez frais, la France a été sous l'influence dominante d'un courant perturbé atlantique, à partir du 10 décembre. La Bretagne a connu une succession de perturbations très actives souvent accompagnées de forts cumuls de précipitations, qui ont contribué à saturer les sols.
Ainsi, le nombre de jours de pluie significative (pluie supérieure à 1 mm) est compris entre 50 et 80 jours, de l'Ille-et-Vilaine au Finistère, soit 15 à 20 jours de plus que la normale.
Les cumuls, compris sur la saison entre 350 et 1000 mm, sont une fois et demi voire localement plus de deux fois supérieurs à la normale. Sur l'ensemble de la Bretagne, la pluviométrie de cet hiver 2013-2014 est la plus élevée de la période 1959-2014,  devant celle de l'hiver 1994-1995.
Ces pluies exceptionnelles, conjuguées aux submersions marines lors des grandes marées de janvier et février ont provoqué de sévères inondations.

Quelques valeurs représentatives  :

Station Cumul de pluie sur l'hiver
(rapport à la normale)
Cumul annuel moyen Nombre de jours de pluie sur l'hiver
(écart à la normale)
 Brest-Guipavas (29)       752 mm (187 %) 1210 mm 66 jours (+ 17 jours)
 Quimper (29)  725 mm (171 %)  1250 mm  67 jours (+22 jours)
 Rostrenen (22) 750 mm (198 %)  1146 mm  67 jours (+21 jours)
 Lorient (56)  507 mm (167 %)  951 mm  62 jours (+23 jours)
 Guiscriff (56) 995 mm (206 %)  1365 mm 69 jours (+23 jours)
 Ploermel (56) 525 mm (228 %) 750 mm 58 jours (+23 jours)
 Rennes (35) 376 mm (199 %) 694 mm 53 jours (+20 jours)

    

  

   Cumul saisonnier des précipitations en Bretagne Hiver 2013-2014 - © Météo-France      Carte Bretagne Nombre de jours avec précipitations supérieures à 1mm Hiver 2013-2014 - © Météo-France

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Cumul de précipitations pour l'hiver depuis 1959 sur la Bretagne

Graphe de Cumul moyen des précipitations l'hiver depuis 1959 sur la Bretagne - © Météo-France

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Un hiver exceptionnellement pluvieux en Provence – Alpes – Côte d'Azur

Des passages perturbés très fréquents, accompagnés de pluies parfois intenses, ont touché la région Provence – Alpes – Côte d'Azur, qui a connu de ce fait un hiver exceptionnellement pluvieux.
Le cumul des pluies sur l'hiver a été proche du cumul annuel, voire localement supérieur comme à Menton dans les Alpes-Maritimes. Ces fortes précipitations ont provoqué à plusieurs reprises des crues, inondations et éboulements. Conséquence de ces fréquentes perturbations, la neige a été très abondante sur les Alpes du Sud.
Le nombre de jours de pluie est compris sur la région entre 30 et 40 jours, soit deux fois plus que la normale.
Les hauteurs de précipitations cumulées sur la saison sont comprises entre 350 et 800 mm, soit deux fois voire localement plus de trois fois supérieures à la normale. Les importants cumuls de pluie enregistrés du 16 au 19 janvier ont fortement contribué à ce bilan saisonnier. Sur l'ensemble de Provence – Alpes – Côte d'Azur, la pluviométrie de cet hiver 2013-2014 est la plus élevée de la période 1959-2014,  devant celle de l'hiver 1977-1978.

Quelques valeurs représentatives :

Station Cumul de pluie sur l'hiver
(rapport à la normale)
Cumul annuel moyen Nombre de jours de pluie sur l'hiver
(écart à la normale)
 Cannes (06)     716 mm (322 %) 795 mm 36 jours (+ 19 jours)
 Menton (06) 824 mm (398 %)  772 mm  39 jours (+23 jours)
 Salon de Provence (13) 376 mm (275 %)  579 mm  31 jours (+16 jours)
Collobrières (83) 739 mm (301 %)  793 mm 35 jours (+17 jours)
 Fréjus (83) 670 mm (324 %)  747 mm 34 jours (+17 jours)

 

   Cumul saisonnier des précipitations en PACA Hiver 2013-2014 - © Météo-France      Carte PACA Nombre de jours avec précipitations supérieures à 1mm Hiver 2013-2014 - © Météo-France

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Cumul de précipitations pour l'hiver depuis 1959 sur la région Provence – Alpes – Côte d'Azur

Graphe de Cumul moyen des précipitations l'hiver depuis 1959 sur la région PACA - © Météo-France

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Épisode de pluies intenses sur la région Provence – Alpes – Côte d'Azur du 16 au 19 janvier

Dans un courant de sud chaud et humide, un corps pluvieux très actif a stationné sur les régions méditerranéennes du 16 au 19 janvier. Les départements les plus touchés par ces pluies durables, parfois intenses et orageuses, ont été le Var et les Alpes-Maritimes. Les cumuls de pluie durant ces quatre jours ont souvent représenté l'équivalent d'un à deux mois de précipitations.
On a recueilli ainsi en quatre jours :
- dans le Var : 220 mm à Méounes-lès-Montrieux, 250 mm à Collobrières (dont 108 mm en 6 heures le 19, 2 fois et demie la normale d'un mois de janvier) et 254 mm à Bormes-les-Mimosas,
- dans les Alpes-Maritimes : 166 mm à Antibes (deux fois la normale), 204 mm à Menton (trois fois la normale) et 253 mm à La Trinité.

Ces fortes précipitations instables ont provoqué la crue de plusieurs cours d'eau notamment de l'Argens, du Réal-Collobrier et du Gapeau. Sur les sols déjà saturés, le secteur de La Londe-des-Maures/Hyères a été le plus touché par les inondations. Dans les Alpes-Maritimes, les intempéries ont provoqué des glissements de terrain et des éboulements de falaise.

Cumul des précipitations 16-19 janvier 2014 Sud-Est - © Météo-France
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Pluies soutenues et inondations dans le Sud-Ouest du 22 janvier jusqu'au 5 février

À partir du 22 janvier, dans un régime oscillant entre ouest et nord-ouest, les perturbations, plus actives, se sont enchaînées rapidement. L'intensité des précipitations a atteint son paroxysme au cours de la journée du 24 janvier, avec des cumuls très abondants sur le Sud-Ouest, et tout particulièrement sur le relief des Pyrénées et de la Montagne Noire. Les passages perturbés se sont succédé ensuite jusqu'à la fin du mois avec des intensités passagèrement importantes.

Par blocage orographique, les précipitations ont été soutenues du 23 au 26 sur les contreforts pyrénéens, hormis les Pyrénées-Orientales. Les cumuls de pluie durant ces 4 jours ont représenté souvent l'équivalent d'un mois de précipitations et localement plus. On a relevé notamment 105 mm à Tarbes (Hautes-Pyrénées), 131 mm à Ger (Pyrénées-Atlantiques) et 224 mm à Aulus-les-Bains (Ariège).
Ces fortes pluies ont entraîné le débordement de nombreux cours d'eau, notamment le 25 février : la Garonne à Toulouse (31) et à Marmande (47), la Baïse à Nérac (47) et à Condom (32), les Gaves réunis à Peyrehorade (40), l'Arros à Plaisance-du-Gers (32), la Gimone à Gimont (32) et la Save à l'Isle-Jourdain (32). Des inondations affectent aussi le Tarn-et-Garonne et les Hautes-Pyrénées.

Les crues et inondations ont concerné ensuite plus particulièrement le sud de l'Aquitaine avec des pluies qui ont perduré sur les Landes, l'ouest du Gers et les Pyrénées-Atlantiques. Ainsi, l'Adour et ses affluents ont conservé un niveau anormalement élevé jusqu'aux premiers jours de février, avec la conjonction défavorable d'un phénomène de submersion marine.
Des inondations se sont également produites au nord de l'Aquitaine fin janvier et début février notamment en Gironde, où la Garonne et la Dordogne ont débordé à partir du 30 janvier.


Cumul des précipitations 23-26 janvier 2014 Sud-Ouest - © Météo-France

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