2013

Bilan climatique du printemps 2013

(Printemps météorologique : mars-avril-mai)
Bilan établi le 04/06/2013


Après un hiver maussade, la France a connu cette année un printemps particulièrement agité, froid et peu ensoleillé. Il s'agit du printemps le plus froid depuis 1987 et l'un des plus pluvieux depuis 1959.

 

Températures
Après un mois de mars froid notamment sur le nord, un mois d'avril proche des normales*, le froid a fait son retour en mai. En mars et en mai, les anomalies froides ont été sensiblement plus marquées sur les températures maximales que sur les minimales, constat répercuté naturellement au niveau du printemps. Ainsi, moyennées sur la saison et sur la France, les températures sont inférieures aux normales* de 1,3 °C. Le déficit thermique est plus marqué sur le nord de la France (–1 °C à –2 °C) que sur le sud (0 °C à –1 °C). Seule la Corse bénéficie de températures proches des normales.

Précipitations
Sur l'ensemble de la saison et du pays, les précipitations, généralement plus fréquentes que la normale sont également excédentaires de plus de 30 %. Un peu moins fréquentes du Nord - Pas-de-Calais à la Picardie, elles sont proches des normales sur la pointe bretonne et le nord de l'Aquitaine. En revanche, les cumuls sont nettement excédentaires sur le Sud-Est, la Corse, la Bourgogne et le sud de Champagne-Ardenne ainsi que sur le sud de l'Aquitaine (plus d'une fois et demie supérieurs à la normale).

Ensoleillement
L'ensoleillement du printemps a été déficitaire sur toute la France, de manière très sensible sur un large quart nord-est où les déficits dépassent souvent 30 %. Sur ces régions, des records de faible ensoleillement des deux dernières décennies ont été battus : le soleil y a surtout brillé par son absence.

* : normales concernant température et précipitations : moyenne de référence 1981-2010
** normale concernant l'ensoleillement : moyenne de référence 1991-2010 *

 

Records de faible ensoleillement au printemps
 

Ville (département)

Nb d'heures d'ensoleillement

Normale de la saison

Rapport à la normale

Nb de jours sans soleil
(Fraction d'ensoleillement nulle)

Nb de jours ensoleillés
(Fraction d'ensoleillement
>80%)

Bâle-Mulhouse (Haut-Rhin)

300 heures

514 heures

56 %

27

5

Langres (Haute-Marne)

295 heures

505 heures

58 %

24

8

Dijon (Côte-d'Or)

351 heures

549 heures

64 %

21

10

Chambéry (Savoie)

350 heures

532 heures

66 %

21

7


Température et précipitations au printemps de 1959 à 2013
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Température moyenne : printemps 2013
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Cumul des précipitations : printemps 2013
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Durée d'ensoleillement : printemps 2013
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Ecart à la normale 1981-2010 des températures moyennes au printemps depuis 1959
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Le printemps 2013 mois par mois

Mars :

Le mois de mars s'est révélé agité, plus froid et moins ensoleillé que la normale. Il a été marqué par des épisodes tardifs de neige sur la moitié nord du pays et par de fortes pluies sur les régions méditerranéennes.
Proche de la normale sur la moitié sud du pays, la température moyenne est inférieure de 1 à 3 °C aux normales de la Bretagne aux frontières du Nord et du Nord-Est. Moyennée sur la France et sur l'ensemble du mois, la température est inférieure de 1,5 °C à la normale.

Avec des cumuls de pluie généralement compris entre 150 et 300 mm dans le Languedoc-Roussillon, les Cévennes, l'est de la Provence, la Côte d'Azur et la Corse, la pluviométrie a été généralement de deux à quatre fois supérieure à la normale et jusqu'à plus de cinq fois supérieure dans l'Hérault. Elle est également excédentaire de la Basse-Normandie à l'est de la Bretagne et au nord des Pays de la Loire. En revanche, les précipitations sont nettement déficitaires (plus de 30 %) dans le Nord – Pas-de-Calais, la Picardie, les Ardennes, la Lorraine, l'Alsace et la Franche-Comté.
Ainsi, globalement sur la France, la pluviométrie, très contrastée géographiquement, est supérieure de plus de 30 % à la normale.

L'ensoleillement a été déficitaire sur l'ensemble de la France, plus nettement sur la moitié nord du pays et sur la Corse où les déficits atteignent 20 à 40 %. Seul le Sud-Ouest a bénéficié d'un ensoleillement proche des normales.

Avril :

Après un début avril encore marqué par un épisode de neige tardif sur le Nord-Ouest du pays, la douceur a fait une première apparition en milieu de mois rapidement suivie d'un nouveau rafraîchissement.

En avril, la température moyenne a été légèrement inférieure aux normales sur la moitié ouest du pays et sur le Languedoc-Roussillon, à l'exception du sud de l'Aquitaine. Seule la Corse a bénéficié de températures plus clémentes, de 1 à 2 °C supérieures aux normales. Moyennée sur la France métropolitaine et sur l'ensemble du mois, la température est conforme à la normale.

La pluviométrie a été excédentaire sur le Sud de la Bretagne, du Poitou à la Bourgogne, à l'Alsace et à la Lorraine, de la Loire au Rhône, ainsi que sur le pourtour méditerranéen et l'Est de la Corse. En revanche, les précipitations ont été déficitaires de plus de 30 % dans le Nord – Pas-de-Calais et les Ardennes, en Picardie, Ile-de-France, Normandie et localement en Aquitaine. Ainsi, malgré d'importantes disparités régionales, la pluviométrie moyenne sur le mois et sur l'ensemble de la France métropolitaine est proche de la normale.

Déficitaire sur l'est du pays, l'ensoleillement a été conforme aux normales sur la moitié ouest, légèrement excédentaire sur le Nord-Est de la Bretagne et la Basse-Normandie.

Mai :

En moyenne sur la France, la température est inférieure de 2,3 °C à la normale*. A l'exception de la Bretagne, du Cotentin, du littoral méditerranéen et de la Corse, la majeure partie du pays a connu des températures inférieures aux normales* de plus de 2 °C. Les anomalies froides sont très marquées sur les températures maximales du Sud-Ouest au Nord-Est (de –3 à –5 °C). Ainsi, depuis 1959, le mois de mai 2013 (–3 °C par rapport à la normale) se place au deuxième rang des mois de mai les plus froids pour les températures maximales derrière 1984 (–4.4 °C).

Les précipitations ont été abondantes sur la quasi-totalité du pays, en particulier sur le sud de l'Aquitaine et sur la moitié est, où l'excédent a souvent dépassé deux fois la normale. Les cumuls sont déficitaires sur l'extrême nord, la pointe bretonne et le littoral languedocien. Globalement sur la France, la pluviométrie est supérieure de 50 % à la normale, mai 2013 se positionnant au 4ème rang des mois de mai les plus pluvieux depuis 1959, derrière 1981, 1983 et 1984.

Le déficit d'ensoleillement dépasse 20 % sur la plupart des régions, et atteint plus de 50 % sur le quart nord-est. De nombreux records de faible ensoleillement ont été battus sur plus de la moitié du pays, notamment d'un grand quart nord-est à la région parisienne et au Sud-Ouest. Seuls le pourtour méditerranéen, la Bretagne et le Cotentin ont bénéficié d'un ensoleillement proche de la normale.

 

Extrait des records de faible ensoleillement au mois de mai 2013 (sur les 52 records relevés sur l'ensemble de la France)

Ville (département)

Nombre d'heures d'ensoleillement

Normale du mois de mai

Rapport à la normale

Nombre de jours ensoleillés
(Fraction d'ensoleillement
>80%)

Normale du nombre de jours ensoleillés

Nancy (Meurthe-et-Moselle)

87 heures

199 heures

44 %

1

7

Paris-Le Bourget (Val-d'Oise)

96 heures

193 heures

50 %

0

5

Ambérieu (Ain)

108 heures

216 heures

50 %

2

7

Vichy (Allier)

112 heures

203 heures

55 %

2

6

Pau (Pyrénées-Atlantique)

109 heures

186 heures

59 %

1

6

Niort (Deux-Sèvres)

149 heures

215 heures

69 %

3

6

Figari (Corse-du-Sud)

229 heures

292 heures

78 %

5

13

 

 

 
Evolution de la température en France au cours du printemps 2013
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Événements marquants du printemps 2013

Un épisode hivernal tardif remarquable du 11 au 15 mars par les quantités de neige tombées dans le Nord-Ouest

Un épisode hivernal tardif est survenu du 11 au 15 mars et a concerné la quasi-totalité du pays.
Les températures ont battu des records de froid sur un grand quart nord-ouest du pays, de la Normandie à la Beauce, à la Champagne-Ardenne et au Nord – Pas-de-Calais, avec des températures localement inférieures à -10 °C le 13 mars. Des records mensuels de températures minimales ont été localement battus.

Lors de cet épisode, des chutes de neige exceptionnelles ont touché le nord-ouest de l'Hexagone des Côtes d'Armor à la Normandie et à l'Île-de-France jusqu'au Nord – Pas-de-Calais. Les hauteurs de neige ont été remarquables, généralement comprises entre 10 et 20 cm. Elles ont même été exceptionnelles en Basse-Normandie où elles ont régulièrement atteint 20 à 40 cm. Un vent de nord-est soutenu, violent près des côtes de la Manche, a favorisé l'accumulation de la neige et la formation de congères de plus de 1 mètre de haut (localement 2 mètres).
Les 14 et 15 mars, les températures sont restées glaciales favorisant le verglas sur les régions enneigées.

 

Records mensuels pour un mois de mars (battus le 13/03/2013)
 

Ville (département)

Valeur mesurée de Tmin

Début des mesures

Lille-Lesquin (Nord)

-10.5 °C

1944

Saint-Quentin (Aisne)

-11.5 °C

1933

Charleville-Mézières (Ardennes)

-13.8 °C

1990

 

Des précipitations très fréquentes en mars dans le Sud-Est

Tout au long du mois de mars, des épisodes de pluies ont arrosé le sud-est du pays. Le nombre de jours de pluies (cumul journalier supérieur à 1 mm) a atteint par exemple 15 jours à Mende, 16 jours à Nîmes ou 17 jours à Nice, soit une fréquence deux fois plus élevée que la normale.
Les épisodes pluvieux ont été particulièrement intenses dans le Languedoc-Roussillon, les Cévennes, l'est de la Provence, la Côte d'Azur et la Corse. Dans ces régions, la pluviométrie est comprise entre 150 et 300 mm soit de deux à quatre fois la normale.
D'autre part, des pluies diluviennes ont provoqué localement des crues et des inondations dévastatrices, notamment dans les Pyrénées-Orientales les 5 et 6 mars.

Records mensuels de pluviométrie pour un mois de mars
 

Ville (département)

Pluviométrie mensuelle (normale)

Début des mesures

Nîmes-Garons (Gard)

159.4 mm (40.3 mm)

1964

Durban-Corbières (Aude)

221.3 mm (43.5 mm)

1989

Nice (Alpes-Maritimes)

243 mm (38.7 mm)

1942

Saint-Martin-de-Londres (Hérault)

368.2 mm (62.5 mm)

1928

 

Pluies abondantes du 26 avril au 3 mai et inondations en Bourgogne et Champagne-Ardenne

Après deux semaines de temps relativement sec, des pluies abondantes et étendues ont arrosé le bassin amont de la Seine le 26 avril. Jusqu'au 3 mai le temps est resté très pluvieux entraînant crues et inondations. En Haute-Marne, il est tombé notamment plus de 140 mm en 8 jours à Chaumont, dont la moitié sur les seules journées des 2 et 3 mai. De même, en Côte-d'Or, on a relevé plus de 135 mm en 8 jours à Dijon. Sur ces régions, il est tombé en 8 jours l'équivalent de deux mois de précipitations printanières. Les crues de la Marne, de l'Aube et de la Seine, particulièrement importantes, se sont poursuivies après la fin des fortes précipitations. Les 8 et 9 mai, les lacs réservoirs de la Seine et de la Marne ont même atteint leur côte maximale.