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Une canicule aussi sévère mais moins intense qu’en 2019

14/08/2020

Après le pic de chaleur de fin juillet, la vague de chaleur qui s'achève a éprouvé le pays par sa durée relativement longue (8 jours du 6 au 13 août) et ses températures nocturnes élevées.

En termes de chaleur cumulée - aussi appelée sévérité - l'épisode est très proche des vagues de chaleur que la France a connues en juin et juillet 2019, loin derrière 2003 et 2006, et un peu en dessous de l'épisode de l'été 2018. En revanche, son intensité - la température moyenne de la journée la plus chaude de l'épisode (dimanche 9 août) - est bien inférieure à celle des deux canicules de l'été dernier et reste voisine du niveau atteint lors du pic de fin juillet, avec un peu plus de 27 °C en moyenne sur le territoire.

Vagues de chaleur observées en France depuis 1947

Il a fait très chaud sur les régions de l'Île-de-France aux Hauts-de-France

Une très grande partie du territoire a ainsi été concernée par les fortes chaleurs, et le nord du pays a connu des températures exceptionnellement élevées. En Île-de-France, dans les Hauts-de-France ainsi qu'en Haute-Normandie (départements placés en vigilance rouge), la sévérité a été remarquable, voire proche de l'épisode de 2003 dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme. D'autre part, l'intensité maximale a été proche de 30 °C dans les départements de la région parisienne comme dans l'Oise, dépassant même 31 °C à Paris, en Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.

Vagues de chaleur observées à Paris depuis 1947   Vagues de chaleur observées dans le Pas de Calais depuis 1947 
Vagues de chaleur observées à Paris (à gauche) et dans le Pas-de-Calais (à droite) depuis 1947. © Météo-France.

Les vagues de chaleur en France depuis 1947

43 vagues de chaleur recensées à l'échelle de la France depuis 1947 :

  • 4 avant 1960,
  • 4 épisodes entre 1960 et 1980,
  • 9 épisodes entre 1980 et 2000,
  • 26 épisodes depuis 2000.

On a connu autant de vagues de chaleurs avant 2005 que depuis 2005.

Sur la base du recensement des vagues de chaleur depuis 1947, il apparaît clairement que la fréquence et l'intensité de ces évènements ont augmenté depuis le début des années 1980. Les épisodes caniculaires depuis le début du XXIe siècle ont été sensiblement plus nombreux que ceux de la période 1980-2000, de durée équivalente.

La canicule du 2 au 17 août 2003 reste l'événement le plus intense que la France a connu depuis au moins 1947. Cette canicule de 2003 présente un caractère exceptionnel.

D'autres épisodes ont également été particulièrement marquants : les deux épisodes forts de juin et juillet 2019 ainsi que la canicule du 9 au 31 juillet 1983 qui a été la plus longue observée ou la succession d'épisodes caniculaires au cours de l'été 1947, exceptionnelle pour l'époque.

Les événements plus longs et plus intenses ont également été plus fréquents ces dernières années. Les 3 vagues de chaleur les plus longues ainsi que 3 des 4 plus intenses se sont produites après 1981.

Et dans le futur ?

Avec le changement climatique, la France fait face à des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. Les vagues de chaleur font partie des extrêmes climatiques les plus préoccupants au regard de la vulnérabilité de nos sociétés et de l'évolution attendue de leur fréquence et leur intensité au XXIe siècle. 

Quel que soit le scénario d'émission de gaz à effet de serre envisagé, le réchauffement planétaire se poursuivra pendant au moins plusieurs décennies et s'accompagnera de vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses. En France, leur fréquence et leur intensité devraient augmenter au cours du siècle, avec un rythme différent entre l'horizon proche (2021-2050) et la fin de siècle (2071-2100). 

La fréquence des événements devrait doubler d'ici à 2050.

En fin de siècle, ils pourraient être non seulement bien plus fréquents qu'aujourd'hui mais aussi beaucoup plus sévères et plus longs, avec une période d'occurrence étendue de la fin mai au début du mois d'octobre. Le contrôle des émissions de gaz à effet de serre sera déterminant pour leur stabilisation dans la seconde moitié du XXIe siècle. 

Avec une politique climatique conduisant à stabiliser le réchauffement climatique avant la fin du siècle, le nombre de jours de vagues de chaleur ne devrait augmenter que faiblement au cours de la deuxième moitié du XXIe siècle. 

Sans maîtrise des émissions de gaz à effet de serre, il y a 3 chances sur 4 pour que le nombre annuel de jours de vagues de chaleur augmente de 5 à 25 jours en fin de siècle selon les régions par rapport à la période 1976- 2005 (référence Giec).

Actualité par Météo-France