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Pic de chaleur : qu'est-ce que l'îlot de chaleur urbain ?

25/06/2020

La nuit a été chaude sur la plupart des régions. Un peu de fraîcheur a résisté dans le Grand-Est. La nuit prochaine, de jeudi à vendredi, devrait être la plus chaude de ce pic de chaleur.

Cette nuit, le mercure n'est pas descendu en-dessous de :

  • 22,2 °C à Issy-les-Moulineaux (92) ;
  • 21,9 °C au cap de la Hève (76) ;
  • 21,7 °C à Ajaccio-Parata (20 ;)
  • 21 °C à Nice (06) ;
  • 20,2 °C à Paris (75) ;
  • 20,2 °C à Lyon (69) ;
  • 19,5 °C à Bordeaux (33) ;
  • 19,3 °C à Blois (41) ;
  • 19 °C à Lille (59).

La chaleur est accentuée la nuit dans les grandes agglomérations. Cet effet est appelé îlot de chaleur urbain.

Qu'est-ce que l'îlot de chaleur urbain ?

La nuit, la température en ville peut rester plus élevée que dans les zones rurales voisines ; il se crée ainsi une bulle de chaleur sur la ville, appelée îlot de chaleur urbain (ICU).

Illustration chaleur

Un microclimat au cœur de la ville

En ville au contraire, les matériaux des bâtiments et des surfaces urbaines emmagasinent l'énergie solaire et la restitue à l'atmosphère urbaine. L'air au-dessus de la ville se refroidit donc moins qu'à la campagne générant ainsi l'ICU, phénomène essentiellement nocturne qui traduit l'écart de température observé entre une agglomération et les zones moins urbanisées alentour. 

Le mécanisme d'îlot de chaleur urbain 
Le mécanisme d'îlot de chaleur urbain - © Météo-France

 

L'exemple de l'îlot de chaleur urbain à Paris

Avec son tissu urbain très dense, Paris génère un ICU qui se traduit par des différences de températures nocturnes avec les zones rurales voisines de l'ordre de 2,5 °C en moyenne annuelle. Ces différences peuvent atteindre 10 °C en été, en cas de situation anticyclonique par vent faible et ciel clair, comme les canicules. L'ICU se caractérise généralement à l'échelle d'une agglomération.

 

Le nouveau contexte climatique au XXIe siècle

Au cours du XXle siècle, les vagues de chaleur seront de plus en plus fréquentes, longues et intenses en France. En juin, juillet, août, les projections climatiques réalisées par les climatologues de Météo-France à Paris indiquent une hausse des températures moyennes comprise entre 1,0 et 5,3 °C. Le nombre de journées annuelles avec une température maximale supérieure à 25 °C devrait passer de 59 à 109, contre 49 jours actuellement. Le nombre de jours de canicule devrait atteindre 3 à 26 jours par an, au lieu d'1 jour en moyenne actuellement. Le territoire parisien, déjà plus sensible aux événements extrêmes que les communes rurales, devra faire face à une amplification de l'inconfort thermique en raison de son îlot de chaleur urbain particulièrement intense en période de fortes chaleurs. Cette perspective d'un nouveau contexte climatique incite à l'adaptation et à la mise en œuvre de solutions de thermorégulation pouvant influencer l'intensité des ICU. 

Faire face aux canicules sans climatisation ?

Une nouvelle étude publiée dans Environmental Research Letters Les canicules, qui vont devenir de plus en plus fréquentes et intenses, constituent une menace pour le bien-être et la santé des personnes. Pourra-t-on s'y adapter sans recourir massivement à la climatisation, qui par son importante consommation d'énergie peut mettre en péril nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Dans le cas de l'Île-de-France, cela sera difficile, selon une équipe interdisciplinaire de l'École des Ponts ParisTech, du CNRS, de Météo-France et du CSTB. Cependant, la végétalisation des villes, une meilleure isolation des bâtiments, la mise en place de toitures réfléchissantes et un usage raisonné de la climatisation pourraient permettre de réduire presque de moitié la quantité d'énergie nécessaire à celle-ci, comme le montrent leurs résultats publiés dans Environmental Research Letters.
En savoir plus : http://www.cnrs.fr/fr/faire-face-aux-canicules-paris-sans-climatisation

 

Actualité par Météo-France