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Chaleur record en Sibérie : 38 °C au-delà du cercle polaire !

22/06/2020

La Sibérie a subi, en fin de semaine dernière, une vague de chaleur exceptionnelle. Le mercure a atteint des niveaux jamais mesurés au-delà du cercle polaire. Samedi 20 juin, jour le plus long de l'année, 38,0 °C ont été mesurés à Verkhoïansk, au nord de la Sibérie, une température supérieure de 17 °C aux normales de saison. Du jamais vu à cette latitude aussi au nord de la planète. Cette valeur, en attente de validation officielle, constituerait un record absolu de chaleur au-delà du cercle polaire.

Cette situation s'explique par la mise en place d'un dôme anticyclonique chaud en altitude, centré sur la Sibérie Orientale, une situation météo typique des canicules. Cette semaine, c'est en Scandinavie qu'il va faire exceptionnellement chaud, notamment entre mercredi et vendredi. Là encore, c'est un blocage chaud d'altitude qui sera responsable de fortes chaleurs très haut en latitude. On peut également signaler un troisième blocage chaud dans le nord canadien. Bien sûr, entre ces trois « pôles chauds » bien identifiés, s'intercalent des « blocages froids d'altitude », notamment en Sibérie Occidentale, vers l'Alaska et sur l'Atlantique nord. Mais, symptôme du réchauffement climatique, ce sont surtout les « extrema chauds » qui donnent lieu à des records.

Anomalie de température à 2 m le 20 juin 2020 autour de l'Arctique 
Anomalie de température à 2 m, le 20 juin 2020, autour de l'Arctique - © ClimateReanalyzer.org

Un climat continental propice aux extrêmes

Située dans une cuvette au beau milieu du nord de la Sibérie, Verkhoïansk est réputée pour être le point le plus froid de l'hémisphère Nord, avec un record à -67,8 °C en février 1892. Ces températures extrêmes sont rendues possibles l'hiver par des conditions anticycloniques puissantes quand l'air froid est piégé dans les creux à la fin des longues nuits. La zone connaît un climat hypercontinental absolu où il peut y faire très chaud l'été, dans des conditions atmosphériques propices. Ainsi, la moyenne des maximales du mois de juillet atteint 23 °C. Il n'est pas rare du tout, d'y mesurer plus de 30 °C, un seuil systématiquement dépassé plusieurs fois les derniers étés.

Ce nouveau record, s'il est validé, induit un autre record : celui de la plus grande amplitude entre le record froid et le record chaud sur l'ensemble du globe, avec 105,8 °C de différence, qui améliore l'ancien record de 105,1 °C déjà détenu par Verkhoïansk.

Extrêmes de température observés à Verkhoïansk en juin (avec normales des minimales en bleu, maximales en rouge et températures moyennes quotidiennes en vert, et records quotidiens en pointillés bleus et rouges)
Extrêmes de température observés à Verkhoïansk en juin (avec normales des minimales en bleu, maximales en rouge et températures moyennes quotidiennes en vert, et records quotidiens en pointillés bleus et rouges) - © pogodaiklimat.ru

L'influence du réchauffement climatique amplifié en Arctique

Ce record intervient dans le contexte du réchauffement climatique qui augmente la probabilité de survenue de record de chaleur. De plus, cette année 2020 a débuté avec 5 mois extrêmement chauds par rapport aux normales saisonnières. La Russie se dirige vers son année 2020 la plus chaude.

Au XXe siècle, la température moyenne du globe a augmenté d'environ 0,9 °C et le climat mondial continuera de se réchauffer dans les prochaines décennies. Ce réchauffement n'est pas homogène : l'Arctique est la région du globe la plus touchée. Les températures y augmentent deux fois plus vite qu'ailleurs. 

Actualité par Météo-France