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Avant-après : le confinement a amélioré la qualité de l’air dans les villes européennes

17/06/2020

Le confinement de la population lié à l'épidémie de Covid-19 a eu un effet sur la qualité de l'air, notamment dans les grandes agglomérations.  Avec le déconfinement, les métropoles européennes montrent clairement un redémarrage de l'activité. Les niveaux de pollution urbaine n'ont toutefois pas retrouvé leurs niveaux d'avant le confinement. 

Evolution de la qualité de l'air depuis le début de la pandémie

 

Comment lire ce graphique ?

 • Le graphique présente sur 4 métropoles européennes l'évolution des concentrations horaires en dioxyde d'azote ( NO2).
Le  NO2 est un polluant émis directement dans l'atmosphère ou bien issu de l'oxydation du monoxyde d'azote. Les oxydes d'azote sont émis à partir des processus de combustion d'énergie fossile.. Il est ainsi émis par les industries, le chauffage et plus particulièrement par la circulation automobile..
    • Il peut aussi être issu de l'oxydation du monoxyde d'azote. Les oxydes d'azote sont émis à partir des processus de combustion d'énergie fossile.  
    • Pour chaque métropole, 3 courbes représentent les concentrations horaires de NO2 pour 3 types de stations : 
 
        ◦ stations de fond rurales : stations en zone rurale, éloignées de toutes sources de pollution urbaine.
        ◦ stations de fond urbaines  : stations de mesures situées dans les centre-villes mais en retrait des sources d'émissions, typiquement dans des parcs, squares ou zones piétonnes
        ◦ stations de proximité trafic : stations de mesures placées à proximité des axes de circulation


Pendant le confinement : une nette baisse de concentration du NO2

Toutes les métropoles présentent une baisse de concentrations de NO2 sur l'ensemble du confinement. Les émissions de polluants atmosphériques provenant du trafic routier et des industries ont connu une baisse significative depuis le confinement. Les concentrations en zone rurale sont quant à elle restées assez similaires. 
Pour illustrer ce constat, la courbe rouge des stations trafic tend vers la courbe orange des stations de fond urbain. En période d'activité normale, l'écart entre ces deux courbes de concentration est plus important. Ainsi en région parisienne, les concentrations de dioxyde d'azote (NO2), l'un des principaux traceurs de ces activités, ont diminué d'un tiers en milieu urbain pendant le confinement par rapport à l'avant confinement, rejoignant les niveaux des aires rurales. 
Au Pays-Bas, les concentrations ont également diminué bien que le pays n'est pas imposé de confinement. La ville de Rotterdam montre une baisse des concentrations de NO2 et une superposition des 3 courbes. Par conséquent, même sans confinement imposé, l'amélioration de la qualité de l'air témoigne d'une diminution de l'activité du pays.
 

Déconfinement :  une qualité de l'air améliorée mais de fortes disparités

Evolution de la qualité de l'air depuis le début de la pandémie covid-19

La liberté de circulation à nouveau autorisée s'est répercutée par une augmentation des concentrations de NO2 enregistrées par les stations trafic. L'effet de la pandémie est cependant encore bien présent sur l'amélioration de la qualité de l'air avec des concentrations qui restent anormalement faibles pour la période. Dans l'ensemble, les concentrations sur les grandes métropoles ne sont pas reparties au même niveau d'avant confinement. Le déconfinement qui a démarré progressivement en Europe à partir de début mai montre néanmoins des tendances différentes suivant les pays. Certaines agglomérations, à l'image de Paris, sont très vite reparties à la hausse en termes de niveaux de NO2. L'augmentation des concentrations de NO2 est même perceptible avant la phase de déconfinement.
Sur certaines métropoles, comme Madrid ou Milan, les phases de déconfinement n'ont pas entraîné de hausse significative. On reste loin des niveaux de pollution d'avant confinement.
 

Pollution : le rôle des conditions météo

Les niveaux de concentrations des polluants atmosphériques fluctuent en fonction des conditions météo : quand l'air stagne au-dessus des villes, les polluants s'accumulent dans l'air. C'est le cas lors de conditions anticycloniques : dans un anticyclone, la pression est forte. Ces hautes pressions peuvent pièger les polluants des basses couches. La notion de hauteur de couche atmosphérique limite est aussi importante. Lorsque l'altitude de la couche limite est faible, les concentrations augmentent. Inversement le vent brasse l'air et dilue les polluants.
Les concentrations enregistrées par les différentes agglomérations montrent dans l'ensemble une baisse de l'amplitude des pics de concentrations.
 

Surveillance de l'atmosphère : les missions de Météo-France

Météo-France et l'INERIS coordonnent un service de surveillance de l'atmosphère et de la qualité de l'air, sous l'égide du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme. Les deux établissements pilotent ainsi les services de prévisions, et d'analyse de la qualité de l'air en Europe et d'évaluation de stratégies de gestion des épisodes de pollution.
Météo-France contribue également au système PREV'AIR, plate-forme qui fournit quotidiennement des prévisions à trois jours et des cartographies pour les polluants atmosphériques « réglementés ». Ces polluants sont réglementés du fait de leur impact sur la santé et l'environnement : ozone, oxydes d'azote et particules (PM2,5 et PM10). Composantes du dispositif français de surveillance et de gestion de la qualité de l'air, ce dispositif complète les informations fournies par les réseaux de mesure et d'observation « physiques » gérés par les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA).
 
Cette plateforme de prévision de la qualité de l'air, développée et gérée au quotidien par l'INERIS, est le fruit du travail d'un consortium intégrant aux côtés de l'INERIS, Météo France, le CNRS et le LCSQA (Laboratoire central de Surveillance de la Qualité de l'air). 
 

 

Météo-France engagé pour le service Copernicus

 • Copernicus est le programme de surveillance de la Terre de la commission européenne. Son service de Surveillance de l'atmosphère CAMS (Copernicus Atmosphere Monitoring Service) fournissant des données et des informations continues sur la composition atmosphérique, est délégué à l'ECMWF (European Centre for Medium-Range Weather Forecast) pour la mise en œuvre et la fourniture du service, qui s'appuie lui-même sur des partenaires pour la déclinaison des services. .
    • Météo-France et l'INERIS sont ainsi co-leader du service pour la prévision de qualité de l'air à l'échelle de l'Europe.
 
Des prévisions à J+3
Les prévisions CAMS de qualité de l'air sur l'Europe sont réalisées à partir d'un ensemble de 9 modèles européens de qualité de l'air. Parmi ces modèles  Météo-France fournit les prévisions du modèle MOCAGE développé par le CNRM et l'INERIS fournit les prévisions du modèle CHIMERE. 
 
CAMS fournit 3 types de produits : 
    • Prévisions pour les échéances J0 à J+3 
    •  Analyse de la veille avec une assimilation par les modèles des observations de qualité de l'air de surface
    • Réanalyse utilisant une météo analysée et des observations de qualité de l'air validées.

 

Actualité par Météo-France