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Vers un été plus chaud que la normale

28/05/2020

 Après un printemps 2020 et un hiver 2019-2020 sur le podium des plus chauds jamais mesurés en France, le climat de l'été météorologique, qui démarre lundi, sera probablement plus chaud que la normale sur une bonne partie de la France et plus sec sur la moitié sud. La montée des températures devrait en revanche être limitée par l'influence océanique sur la façade atlantique et le nord du continent.

C'est ce qu'indiquent nos prévisions saisonnières pour les mois de juin- juillet- août publiées ce jour.

Prévisions saisonnières probabilistes de températures pour juin, juillet et août 2020

Les températures devraient ainsi être supérieures aux normales saisonnières sur tout le sud de l'Europe, en particulier sur le sud-est du continent, qui connaît déjà des conditions de sécheresse printanière.

Au niveau des précipitations, le sud de la France devrait connaître des conditions plus sèches que la normale. Sur le sud de l'Europe, en effet, la tendance devrait être plus sèche que la normale.

Les prévisions saisonnières permettent-elles de prévoir le temps qu'il va faire ?

Les prévisions saisonnières dégagent de grandes caractéristiques de l'été : on tente de savoir si globalement à l'échelle de la saison, l'été sera plutôt " plus chaud que la normale " ou " plus humide ". Faire une chronologie des trois mois d'été est impossible. 

Les prévisions saisonnières sont des prévisions dites probabilistes, qui permettent de dégager de grandes tendances à l'échelle d'une zone géographique comme l'Europe. Cette tendance est le scénario privilégié dégagé par les modèles et analysé par les experts pour le trimestre juin-juillet-août 2020.

Y a-t-il un risque de canicule cet été ?

Oui il y a un risque de canicule, comme par ailleurs tous les étés. À l'échéance saisonnière, on peut difficilement quantifier ce risque, mais nous pouvons identifier des facteurs favorables ou défavorables. Pour cet été, il y a un facteur favorable à ce risque, c'est la circulation générale : plusieurs modèles suggèrent un anticyclone des Açores plus développé.

L'été, la position de l'anticyclone des Açores détermine le type de temps qu'il fait sur la France. Si l'anticyclone s'installe sur le nord ou l'est de l'Europe, le temps est plutôt chaud sur notre pays. Les hautes pressions forment un obstacle au passage des perturbations atlantiques et les vents d'est et du sud apportent de l'air chaud et sec. Si ces conditions perdurent, un épisode de canicule peut s'installer. Les météorologistes qualifient ces situations de « phénomène de blocage ».

Dans le cas de cet été, plusieurs modèles suggèrent un anticyclone des Açores plus développé que la normal, donc des épisodes de temps calme,ensoleillé plus fréquents. C'est un contexte qu'on retrouve davantage sur le sud-est de l'Europe . Ceci est conjugué à des sols secs qui tend à augmenter le risque de canicule .

La frange nord-ouest du pays est dans la zone " normale probable " : cela n'exclut bien sûr pas le risque de canicule sur ces régions, même si ce risque est moins fort.

Quel est le lien avec le changement climatique ?

Les successions de printemps et d'étés chauds ces dernières années sont en lien avec le réchauffement climatique. On observe que les printemps et les étés chauds de ces 30 dernières années se concentrent plutôt sur les années récentes. La tendance au réchauffement est très nette dans les observations et dans les projections des modèles.

Vagues de chaleur observées en France de 1947 à 2019

Une partie du signal chaud de l'été est liée au réchauffement climatique. Le changement climatique a une incidence sur la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur. L'an dernier par exemple on sait que la canicule de juin aurait été 4 °C moins chaude dans un climat non réchauffé par l'homme. 

 

Actualité par Météo-France