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Sécheresse : des sols un peu moins secs depuis le 1er mai

20/05/2020

Après un mois d'avril particulièrement chaud et sec en France, les pluies tombées depuis le début du mois de mai ont pour l'instant permis d'améliorer la situation de sécheresse des sols superficiels. Les précipitations souvent supérieures aux normales de saison ont permis d'améliorer l'humidité des sols superficiels sur certaines régions. La situation n'est tout de même pas encore optimale partout.

Plusieurs vagues pluvio-orageuses depuis début mai

Les conditions météorologiques du mois d'avril, avec un déficit pluviométrique de 30 %*, des températures très douces et un ensoleillement généreux, ont favorisé un assèchement des sols superficiels sur un large quart nord-est du pays. Ainsi, au 1er mai, les sols étaient modérément secs à extrêmement secs des Vosges à l'ouest d'Auvergne – Rhône-Alpes avec un indice d'humidité des sols souvent déficitaire de 30 à 40 %.

Depuis le début du mois de mai, les vagues pluvio-orageuses se sont accompagnées de cumuls abondants de précipitations sur la Bourgogne – Franche-Comté, Auvergne - Rhône-Alpes ainsi que sur la moitié sud du pays. Ces épisodes pluvieux ont permis un arrosage significatif sur les sols asséchés du Nord-Est au Massif central.

Cumul des précipitations entre le 1er et le 17 mai 2020

Depuis le 1er mai, les sols se sont humidifiés sur le Grand Est, la Bourgogne – Franche-Comté jusqu'en Auvergne – Rhône-Alpes. Ainsi, au 18 mai 2020, la sécheresse des sols superficiels connaît un répit sur ces régions sans toutefois permettre un retour à la normale. D'autre part, les précipitations ont été moins abondantes sur l'extrême nord du pays et les sols se sont localement asséchés des Hauts-de-France au sud de la Normandie. Sur le littoral du nord de la Corse, les sols superficiels restent très secs.

Ecart à la moyenne quotidienne de l'indice d'humidité des sols au 1er mai 2020  Ecart à la moyenne quotidienne de l'indice d'humidité des sols au 18 mai 2020

Indice d'humidité des sols agrégé sur la région Grand Est du 1er janvier au 18 mai 2020  Indice d'humidité des sols agrégé sur la région Bourgogne - Franche Comté du 1er janvier au 18 mai 2020


« Il a plu, par endroits, au moins deux fois plus que la moyenne d'un mois de mai entier », souligne Michèle Blanchard, climatologue à Météo-France, dans Le Monde. Comme nous l'indiquons dans nos prévisions saisonnières, les trois mois à venir s'annoncent plus chauds que la normale sur notre pays, avec un temps sec plus probable sur un grand quart nord-ouest.

Retrouvez plus d'éléments sur les incertitudes hydrologiques de l'été qui arrive dans l'article du Monde à lire ici.

 

Différents types de sécheresse 

On distingue plusieurs types de sécheresses :

  • La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
  • La sécheresse des sols, dite " agricole ", se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
  • La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.

Ces différentes sécheresses peuvent intervenir à différents moments, non forcément concomitants, et ne sont pas forcément systématiques.

 

* moyenne sur la période 1981-2010

 

Actualité par Météo-France