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Russie et Ukraine : le printemps débute dans la douceur

10/03/2020

Après un hiver exceptionnellement doux sur l'ouest russe, tout comme dans une grande partie de l'Europe, des températures inédites aussi tôt dans la saison ont été enregistrées ce début mars entre la mer Noire et la région de Moscou.

Des températures remarquables pour un début mars

Sur la période du 1er au 9 mars, l'anomalie de température moyenne a en effet atteint 7 à 13 °C entre l'Ukraine et le sud-ouest de la Russie. Et à partir du week-end dernier et lundi, les températures ont atteint des niveaux exceptionnels.

Il n'a fait pas moins de 12 °C à Moscou ce 7 mars. C'est la première fois qu'on dépasse le seuil des 10 °C aussi tôt dans la saison dans la capitale russe. Cette valeur constitue également un record de douceur avant un 10 mars. Ce 9 mars, le thermomètre a même grimpé à 28,7 °C à Tuapse, près de Sotchi, sur les rives russes de la mer Noire, ce qui constitue un record mensuel pour la station. Une valeur atteinte grâce à la géographie des lieux : courants de sud-est chauds et effet de foehn au-dessus du Caucase.

Anomalie de température à 2 m sur l'Europe entre le 1er et le 9 mars 2020 
Anomalie de température à 2 m sur l'Europe entre le 1er et le 9 mars 2020. © Weatherbell.

Hautes pressions en Asie centrale

Cet hiver a été remarquable par la persistance d'une différence accrue entre les basses pressions polaires et les hautes pressions tropicales sur l'ensemble de l'hémisphère Nord. C'est ce qu'on appelle une anomalie positive de l'oscillation arctique, ou AO+. Cette configuration est nettement visible sur la carte ci-dessous, représentant l'anomalie des géopotentiels à 500 hPa en février.

Anomalie du géopotentiel à 500 hPa sur l'Europe en février 2020 
Anomalie du géopotentiel à 500 hPa sur l'Europe en février 2020. © Modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France.

Cette anomalie tout autour de l'hémisphère Nord a permis au régime océanique perturbé qui a frappé continuellement l'ouest de l'Europe de progresser loin à l'intérieur du continent jusqu'à l'ouest russe, qui a souvent connu cet hiver des températures presqu' « océaniques » sous des vents d'ouest dominants.

En revanche, depuis ce début du mois, si on retrouve toujours une différence de pression exacerbée entre les latitudes tropicales et les latitudes polaires dans l'Atlantique, qui s'est matérialisée par une succession remarquable de tempêtes sur l'ouest de l'Europe, la configuration de grande échelle sur le continent a changé. La carte d'anomalie des géopotentiels à 500 hPa pour ce début mars ci-dessous montre en effet le maintien de l'anomalie pôle/tropique sur l'Atlantique mais également une anomalie de hautes valeurs en Asie centrale.

Anomalie du géopotentiel à 500 hPa sur l'Europe entre le 1er et le 9 mars 2020 
Anomalie du géopotentiel à 500 hPa sur l'Europe entre le 1er et le 9 mars 2020. © Modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France

Entre les conditions dépressionnaires persistantes sur le nord-ouest de l'Europe du Nord et ces hautes pressions en Asie centrale, les vents se sont orientés au sud et ont ainsi favorisé des remontées d'air chaud persistantes en flux de sud depuis le Moyen-Orient, produisant ces températures exceptionnelles.

Actualité par Météo-France