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Enneigement en montagne au 19 février 2020

20/02/2020

L'hiver 2019-20 se caractérise par une douceur générale remarquable, qui prédominante depuis fin novembre. Du côté des précipitations, après un début d'hiver très arrosé, le mois de janvier a été très sec. Depuis, des perturbations pluvio-neigeuses traversent à intervalles réguliers la France, mais elles sont peu actives et n'affectent que très peu la moitié sud, tandis que, plus au nord, du fait de températures souvent très douces, la pluie remplace souvent les flocons, parfois jusqu'à très haute altitude.
 

Les montagnes du massif de Belledonne (Isère), vues depuis le Grand Rocher (1926 m), le 16 février 2020. © S. Tessier.


L'enneigement en cette mi-février présente ainsi une physionomie différente selon le massif et l'altitude :

  • dans les Alpes, il est très satisfaisant en altitude, au-dessus de 1700 m environ, tandis qu'il est nettement déficitaire en dessous, et ce d'autant plus que l'altitude est basse ;
  • dans les Pyrénées, il est très déficitaire dans les trois quarts ouest de la chaîne ; dans le quart est, l'enneigement reste bon en altitude, suite à de très abondantes chutes de neige vers la fin janvier ;
  • en Corse, le manque de neige s'accentue, et il faut monter vers 1900 m pour commencer à trouver un peu de neige ;
  • dans les massifs de moyenne montagne, l'enneigement reste bien maigre.

Par ailleurs, une caractéristique de l'enneigement commune à pratiquement tous les massifs est une épaisseur de neige très irrégulière aux altitudes élevées, car des vents violents ont très souvent dégarni les crêtes et les zones exposées au vent, tandis que les pentes à l'abri sont au contraire bien enneigées.
 

Le manteau neigeux en montagne peut évoluer rapidement en fonction des conditions météorologiques.
 
Cette évolution peut être suivie sur notre site Internet, rubrique
« Montagne »
, ainsi que sur les applications mobiles de Météo-France (dont l'application Météo Ski).


 

Alpes du Nord

Après la pluie jusqu'à haute altitude dans la nuit du 9 au 10 février, jusque vers 2600 m, plusieurs perturbations pluvio-neigeuses ont touché les Alpes du Nord depuis. Mais elles ont généralement été de faible activité, avec une limite pluie-neige fluctuante, souvent élevée.
Aussi, si l'enneigement peut être qualifié de tout à fait satisfaisant en altitude, au-dessus de 1700 m environ, et même d'excédentaire au-dessus de 2000 m, il est en revanche très nettement inférieur à la normale en dessous, le déficit étant d'autant plus important que l'altitude est peu élevée.
Si les pentes sont souvent blanchies dès 700 m d'altitude en Haute-Savoie, 900 à 1000 m plus au sud, l'enneigement ne débute en fait véritablement qu'entre 1100 et 1300 m dans les versants nord, entre 1500 et 1700 m dans les versants sud.
À 1500 m d'altitude en versant nord, l'épaisseur de neige au sol est assez importante en Haute-Savoie et dans le nord de la Savoie, où elle est comprise entre 80 cm et 1 m, moins ailleurs, 40 à 60 cm, et encore moins dans le sud de l'Isère, 15 à 35 cm. En versant sud, il n'y a une couche de neige significative, 20 à 30 cm, qu'en Haute-Savoie.
Plus haut, les épaisseurs de neige deviennent partout rapidement importantes avec l'altitude :
à 2000 m en versant nord, elles se situent généralement autour de 1,50 m, et près de 2 m dans le Beaufortain et en Haute-Tarentaise, mais en revanche pas plus de 1,15 m en Maurienne. En versant sud, les épaisseurs sont classiquement moins importantes, se situant généralement dans une fourchette de 60 à 80 cm, un peu plus toutefois en Haute-Savoie et dans le nord de la Savoie, 90 cm à 1,15 m.
À 2500 m, le manteau neigeux est très épais : entre 1,80 m et 3 m en versant nord, entre 1,30 m et 1,90 m en versant sud, jusqu'à 2,40 m en Haute-Savoie. Son épaisseur est toutefois très irrégulière, les zones exposées aux vents étant généralement très peu enneigées, voire dégarnies.
 
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 19 février :
  •   à Avoriaz (1770 m, Chablais) : 1,40 m ;
  •   au Grand-Bornand (1270 m, Aravis) : 35 cm ;
  •   aux Arcs (2040 m, Haute-Tarentaise) : 2,03 m ;
  •   à Pralognan (1400 m, Vanoise) : 60 cm ;
  •   au Collet d'Allevard (1640 m, Belledonne) : 41 cm ;
  •   à l'Alpe d'Huez (1860 m, Grandes-Rousses) : 1,39 m.

Ces deux photos de la station météo automatique de Tignes-le-Lac, prises l'une en été (en bas), l'autre le 20 février 2020 (en haut), témoignent de l'abondance de l'enneigement actuel dans le massif de la Haute-Tarentaise. On y voit : 1 : le pluviomètre ; 2 : le coffret électrique/centrale de mesures ; 3 : le mini-abri pour la mesure de la température et de l'humidité de l'air. © Météo-France.

Alpes du Sud

Cela fait maintenant trois semaines qu'il n'a pas neigé de manière significative, et l'enneigement a lentement régressé durant cette période. Il est désormais revenu à des valeurs globalement normales pour une mi-février. Il présente toutefois un déficit en dessous d'environ 1700 m dans les massifs les plus au sud, Ubaye, Haut-Var - Haut-Verdon et Mercantour, ainsi que dans celui du Dévoluy.
L'enneigement continu en versant nord débute vers 1200 ou 1300 m dans les massifs des Hautes-Alpes, 1500 m plus au sud. En versant sud, il débute entre 1500 et 1700 m dans les Hautes-Alpes, 1900 m plus au sud.
À 1500 m d'altitude, l'épaisseur de neige en versant nord est comprise entre 40 et 50 cm dans la majeure partie des Hautes-Alpes, tandis qu'elle n'est que de 5 à 10 cm plus au sud, ainsi que dans le Dévoluy. En versant sud, il n'y a plus vraiment de neige.
À 2000 m, l'épaisseur de neige au sol est déjà partout importante : en versant nord, elle se situe entre 1,20 et 1,50 m dans les massifs des Hautes-Alpes, entre 1 m et 1,20 m plus au sud. En versant sud, elle est voisine de 1 m dans le nord des Hautes-Alpes, 50 cm plus au sud.
À 2500 m, le manteau neigeux est encore plus épais : dans les versants nord, environ 2 m dans les Hautes-Alpes, voire un peu plus, autour de 1,60 m plus au sud. Dans les versants sud, il y a entre 70 et 90 cm de neige dans les Hautes-Alpes, 40 à 50 cm plus au sud.
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 19 février :
  •   à SuperDévoluy (1900 m, Dévoluy) : 76 cm ;
  •   à Puy-Saint-Vincent (1680 m, Pelvoux) : 95 cm ;
  •   à Ceillac (1670 m, Queyras) : 30 cm ;
  •   à La Foux d'Allos (1900 m, Haut-Var - Haut-Verdon) : 93 cm ;
  •   à Isola 2000 (1900 m, Mercantour) : 95 cm.


Les montagnes du briançonnais, vues depuis le cirque du glacier d'Arsine (massif du Pelvoux - Hautes-Alpes), le 15 février 2020. © F. Tuzet.

Corse

Depuis fin décembre, il règne un temps très sec et souvent très doux. Les quelques passages perturbés qui ont touché l'Ȋle de Beauté n'ont souvent apporté de la neige qu'à des altitudes élevées, et les dernières chutes de neige importantes datent du 20 janvier. En conséquence, l'enneigement est actuellement bien faible dans l'ensemble de la montagne corse.
Ainsi, on ne trouve de la neige qu'à partir de 1800 m d'altitude dans les versants ombragés, 2000 m dans les versants ensoleillés.
L'enneigement reste faible jusqu'à plus de 2000 m, altitude à laquelle il ne reste qu'une dizaine de centimètres dans les pentes nord.
Plus haut, l'épaisseur de neige au sol croît rapidement avec l'altitude : à 2500 m dans le massif du Cinto-Rotondo, elle est de 1 m à 1,10 m, selon l'orientation. Mais, d'une part, la surface de la neige est souvent dure, lisse et glacée, d'autre part, crêtes et sommets ont souvent été dégarnis par le vent, qui, depuis le début de l'hiver, a soufflé avec violence à de nombreuses reprises.
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 19 février :
  •   à la station automatique de Sponde (1980 m, Cinto-Rotondo) : 0 cm ;
  •   à la station automatique de La Maniccia (2360 m, Cinto-Rotondo) : 1,27 m, pour une moyenne à cette époque de l'année de 2,20 m.

 
Enneigement en Corse à la station Nivôse de la Maniccia à 2360 m d'altitude. © Météo-France.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Pyrénées

Dans les Pyrénées, le manteau neigeux s'est constitué pour une bonne part durant le mois de novembre, qui a été très hivernal. Ce manteau neigeux a ensuite été entretenu par des chutes de neige moins importantes, mi-décembre, puis du 21 au 24 janvier. Mais, depuis fin janvier, le temps a été sec et surtout remarquablement doux : la température moyenne de la première quinzaine de février est exceptionnelle, et, à 1500 m d'altitude, elle n'a jamais été aussi élevée depuis plus de 30 ans ; à titre d'illustration, dans une station de mesures météorologiques à cette altitude, elle a été de +8 °C, soit 5 degrés de plus que sa moyenne depuis 1985.
En conséquence, le manteau neigeux s'est régulièrement érodé au fil des semaines, et il est désormais très déficitaire à toutes les altitudes. Entre 1500 et 1800 m, l'altitude des stations de ski, un enneigement aussi faible que cette année se retrouve à d'assez nombreuses reprises dans le passé. Cela n'a cependant pas été le cas au cours des années récentes, et il faut remonter presque dix ans en arrière, à 2011, pour retrouver un enneigement aussi faible. Plus loin dans le temps, d'autres premières quinzaines de février ont été peu enneigées : en 2008, 2007 et 2000. Encore plus loin dans le passé, il y en a également eu d'autres dans les années 1990, alors que toute la décennie 1970 et une grande partie de la décennie 1980 ont, elles, été au contraire bien enneigées.
Dans les trois quarts ouest de la chaîne, l'enneigement naturel débute vers 1700 ou 1800 m d'altitude dans les versants nord, à 2000 m, voire plus haut, dans les versants sud.
Vers 1800 m, la hauteur de neige au sol en versant nord est soit nulle soit de seulement 5 cm, sauf dans les massifs d'Aspe-Ossau et de Haute-Bigorre, où elle est encore de 25 ou 30 cm. Cette situation générale de l'enneigement constitue un déficit très sévère, la moyenne à 1800 m à cette époque de l'hiver se situant en effet autour de 90 cm.
Plus haut, l'épaisseur du manteau neigeux ne dépasse 1 m qu'à partir de 2200 à 2500 m, selon le massif. À ces altitudes élevées, le déficit d'enneigement est compris entre -40 et -50 %.
L'extrême est de la chaîne fait un peu exception, grâce aux importantes chutes de neige qui se sont produites du 20 au 23 janvier et qui ont touché avant tout le Canigou.
Là aussi, la neige a disparu en dessous de 1700 ou 1800 m en versant nord, 1900 ou 2000 m en versant sud. Son épaisseur reste toutefois excédentaire plus haut, avec 1 m ou plus à partir de 2200 ou 2300 m en versant nord, 2500 ou 2600 m en versant sud. À titre d'illustration de ce bon enneigement en altitude pour ces massifs, au refuge des Cortallets, situé à 2150 m d'altitude dans le massif du Canigou, la hauteur de neige actuelle, 1,32 m, dépasse encore assez nettement les 98 cm mesurés en moyenne.

Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 19 février :
  •  à Cauterets-Lys (1920 m, Haute-Bigorre) : 62 cm ;
  •  à Saint-Lary (2100 m, Haute-Bigorre) : 47 cm ;
  •  à Superbagnères (1760 m, Luchonnais) : 4 cm ;
  •  à Beille (1790 m, Haute-Ariège) : 5 cm ;
  •  aux Angles (2100 m, Capcir-Puymorens) : 73 cm.

Vosges, Jura et Massif central

Les récentes perturbations neigeuses ont apporté un peu de neige sur les massifs de moyenne montagne, mais l'enneigement reste bien faible pour une mi-février.

Dans les Vosges, les sols sont blanchis à partir de 700 ou 800 m d'altitude. Plus haut, l'épaisseur de la couche de neige récente varie entre 5 et 10 cm, selon l'altitude et les endroits.
L'épaisseur totale de neige au sol à 1000 m d'altitude est, en versant nord, de 20 cm dans les Hautes-Vosges, de 12 cm dans le secteur du ballon d'Alsace ; en versant sud, elle est partout de 8 à 10 cm.
À 1200 m, dans les Hautes-Vosges, mieux enneigées, l'épaisseur est de 40 cm en versant nord, 25 cm en versant sud. Dans le secteur du ballon d'Alsace, elle se situe partout autour de 15 cm.
Quelques hauteurs de neige relevées le 19 février :
  •  à Vagney (800 m, Hautes-Vosges) : 0 cm ;
  •  au Markstein (1180 m, Hautes-Vosges) : 35 cm ;
  •  au Ballon d'Alsace (1150 m) : 16 cm.

Dans le Jura, il vient de tomber un peu de neige, moins de 5 cm.
Les sols sont blanchis à partir de 900 m d'altitude dans le Haut-Doubs et le Haut-Jura, 1000 m dans le Bugey - Jura gessien.
Jusqu'à 1100 m, l'enneigement reste très faible, pas plus de 10 cm. Plus haut, à 1300 m, la couche de neige au sol dans le Haut-Doubs et le Haut-Jura, mieux enneigés, atteint 40 cm dans les pentes ombragées, 25 cm dans celles ensoleillées ; dans le Bugey - Jura gessien, il y a nettement moins de neige à cette altitude, simplement 7 cm de neige récente.
Quelques hauteurs de neige relevées le 19 février :
  •  à Maîche et à Pontarlier (830 m, Doubs) : 0 cm ;
  •  à La Boissaude-Rochejean (1220 m, Doubs) : 6 cm.
  •  à La Pesse (1130 m, Jura) : 2 cm.

Dans le Massif central, il n'est tombé qu'un peu de neige, 2 à 5 cm selon l'altitude et les endroits.
Dans le massif du Sancy et dans les monts du Cantal, les pentes sont blanchies à partir de 1100 m, mais jusqu'à 1500 m, il n'y a pas plus de 3 à 5 cm de neige. Plus haut, on trouve de la neige plus ancienne, 5 à 20 cm selon les endroits, mais le plus souvent sous la forme de grandes plaques dans les pentes exposées au nord, car toutes les zones exposées au soleil ou au vent ont été dégarnies.
Quelques hauteurs de neige relevées le 19 février :
  •   à Chastreix (1400 m, Sancy) : 3 cm ;
  •   à Super-Besse (1300 m, Sancy) : 4 cm ;
  •   à Prat-de-Bouc (1400 m, Cantal) : 5 cm ;
  •   à Saint-Anthème (1260 m, Monts du Forez) : 0 cm.

 

Actualité par Météo-France