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Et si Xynthia se produisait aujourd’hui ?

27/02/2020

Après la tempête Xynthia, le 3 octobre 2011, Météo-France a mis en place la vigilance « vagues-submersion » afin de mieux anticiper les montées extrêmes du niveau de la mer et de renforcer la protection des populations. Sans cesse amélioré depuis, celle-ci se déploie maintenant en outre-mer, à commencer par La Réunion en 2020. 
10 ans après Xynthia, la prévision météorologique marine s'est aussi considérablement améliorée. 
Les réseaux d'observation en mer et sur le littoral sont plus denses, les modèles de prévision marine sont toujours plus performants, notamment à proximité des côtes. Ils alimentent aujourd'hui un dispositif d'avertissement des populations régulièrement amélioré par des modèles plus fins, une puissance de calcul accrue, et par l'expertise des prévisionnistes marines de Météo-France.
 

Après Xynthia : la mise en place de la vigilance vagues-submersion

Météo-France met en place une vigilance « vagues-submersion » le 3 octobre 2011 afin de mieux anticiper les montées extrêmes du niveau de la mer et de renforcer la protection des populations. Ce dispositif s'accompagne de consignes de comportements adaptées qui facilitent l'organisation de l'alerte pour les services de l'État et les collectivités concernées. Le phénomène météorologique « vagues-submersion » est le neuvième pris en compte dans la carte de vigilance.
 
Nous avons ainsi reconstruit la carte qui aurait été produite si Xynthia s'était produite aujourd'hui.
 
Carte de vigilance simulée pour le samedi 27 février 2010 à 16 h
 

La naissance de la vigilance " vague-submersion "

Issue de développements initiés dès 2009, la vigilance " vague-submersion " prend en compte les dangers liés à la mer dans le but d'assurer la sauvegarde des populations présentes sur des portions sensibles du littoral.
 
La vigilance « vagues-submersion » a été conçue par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) et Météo-France, avec le soutien de la Direction générale de la prévention des risques (DGPR). Inscrite en 2010 dans le Plan submersions rapides de l'État, elle a bénéficié d'une importante coopération entre Météo-France et le Shom (modélisation fine côtière des états de mer et surcotes). 
Dans le cadre du dispositif, Météo-France détermine la couleur de vigilance matérialisant le danger potentiel à la mer pour chaque département pour les prochaines 24 heures. Les critères de détermination de la couleur de vigilance ont été définis avec l'aide des services déconcentrés de l'Etat à l'issue d'une série d'expertises sur les effets conjugués des vagues, de la houle, de la marée, de la pression atmosphérique, du vent, de la morphologie côtière et de la vulnérabilité du littoral. Des bulletins de suivi sont rédigés pour expliciter le lien entre les phénomènes et la couleur de vigilance.
 

Météo-France, une expertise marine

Météo-France dispose de moyens d'observations en temps réel en mer et à la côte, ainsi que de modèles et de moyens de calcul lui permettant de réaliser des prévisions du temps, de l'état de la mer et du niveau marin. De son côté, le Shom fournit des prédictions de marée et des observations en temps réel du niveau de la mer sur le littoral. Il apporte son expertise en hydrodynamique côtière, ainsi que des informations relatives aux aléas de référence (niveaux extrêmes), à la bathymétrie (profondeur de l'océan) et à la nature des fonds marins.
 
Sur la base de cet ensemble de données, Météo-France produit des bulletins sur les états de mer et de niveau de marin. À l'issue d'une série d'expertises, le niveau de vigilance pour le phénomène vagues-submersion est défini et les bulletins de suivi associés sont rédigés.
 

Pas d'épisode vigilance rouge vagues-submersion depuis 2011

Entre le déploiement du dispositif en octobre 2011 et juin 2019 (fin de la saison hivernale 2018-2019), on recense 48 épisodes de vigilance « vagues-submersion » de couleur orange (0 épisode de couleur rouge) : 32 épisodes sur la façade Atlantique - Manche - mer du Nord (touchant en moyenne 4 à 5 départements) et 16 épisodes en Méditerranée (touchant en moyenne 1 à 3 départements). Les épisodes oranges ont eu lieu entre octobre et mars. L'anticipation du phénomène à l'échelle départementale est bonne avec 94 % d'épisodes oranges prévus avec au moins 7 heures d'anticipation et 76 % avec au moins 12 heures d'anticipation.
 

10 ans après : une prévision plus performante

Les modèles de surcotes et d'états de mer côtiers se sont considérablement améliorés en 10 ans. Ils ont bénéficié notamment des recherches menées dans le cadre du projet HOMONIM.  
Ce projet mené conjointement par le Shom et Météo-France, sur un financement DGPR et DGSCGC, permet une amélioration substantielle des prévisions mises au service des prévisionnistes.
Comparaison des surcotes observées, modélisées en 2010 et simulées par le modèle actuel 
Comparaison des surcotes observées, modélisées en 2010 et simulées par le modèle actuel. On voit que le pic de 160 cm est beaucoup mieux reproduit. © Météo-France.
  • Une résolution spatiale passant de 10 km à 200 m pour la prévision de vagues en métropole
    La première phase du projet (2012-2015) a permis la mise en place des modèles de surcotes et d'états de mer côtiers en métropole. La deuxième phase (2016-2019) a permis d'améliorer ces modèles sur la métropole et d'étendre cette capacité de modélisation aux départements d'outre-mer (Antilles-Guyane et océan Indien). Une prévision d'ensemble de surcotes a également été mise en opérationnelle sur la métropole. Lors de ces deux phases, de nouveaux marégraphes ont été déployés. En 2020, la résolution spatiale à la côte des modèles atteint 600 m pour les surcotes et jusqu'à 200 m pour les vagues en métropole, contre 10 km en 2010.

Modélisation des états de mer sur la zone Gironde-Pertuis charentais il y a 10 ans   Modélisation des états de mer sur la zone Gironde-Pertuis charentais à 200 m
Modélisation des états de mer sur la zone Gironde-Pertuis charentais : à gauche, hauteur significative des vagues le 28 février 2010 à 3 UTC telle qu'elle était simulée en 2010 (résolution 10 km, modèle MFWAM) ; à droite, telle qu'elle est aujourd'hui simulée (résolution jusqu'à 200 m à la côte, modèle WW3 co-développé avec le Shom dans le cadre du projet Homonim) © Météo-France.

  • Des modèles plus fins sur les zones à enjeux d'ici 2024
    La troisième phase du projet HOMONIM (2020-2024) permettra une amélioration significative des modèles côtiers sur la façade Atlantique - Manche - mer du Nord, avec la mise en place de modèles plus fins et plus réalistes sur une zone à enjeux (des pertuis charentais au bassin d'Arcachon).

    Ces nouvelles capacités permettront d'affiner la vigilance « vagues-submersion » à une échelle infra-départementale, d'alimenter les systèmes de prévision des débordements et de fournir les éléments utiles à la gestion de crise.

Le dispositif vagues-submersion déployé en outre-mer

En parallèle, le dispositif de vigilance « vagues-submersion » est déployé  progressivement dans les départements et collectivités d'outre-mer, en commençant par La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et Mayotte, courant 2020.
 

 

Actualité par Météo-France