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Xynthia : l’impact du changement climatique

27/02/2020

La tempête Xynthia n'a pas été attribuée directement au changement climatique. L'état actuel des connaissances ne permet pas d'affirmer que les tempêtes seront sensiblement plus nombreuses ou plus violentes en France métropolitaine au cours du 21e siècle.

Xynthia souligne toutefois la vulnérabilité accrue des zones côtières confrontées à l'augmentation du niveau des mers provoquées par le réchauffement climatique.

Conséquences de la tempête Xynthia à La Faute sur Mer en Vendée le 4 mars 2010
Conséquences de la tempête Xynthia à La-Faute-sur-Mer, en Vendée, le 4 mars 2010. © Getty Images/Alain Denantes

Hausse du niveau de la mer

Le rapport spécial du GIEC sur l'océan et la cryosphère (2019) souligne que l'élévation du niveau moyen de la mer s'accélère. Sans précédent au cours du siècle dernier, il a augmenté d'environ 15 cm en moyenne à l'échelle mondiale au cours du 20e siècle et est actuellement 2 fois plus rapide, 3,6 mm par an entre 2006 et 2015. Cette hausse moyenne tend à augmenter les valeurs extrêmes des hautes eaux côtières. L'érosion du littoral, les inondations et autres phénomènes se poursuivront en raison de la montée du niveau des mers. La hausse du niveau de la mer, couplée à la fréquence accrue des phénomènes extrêmes et à l'évolution des cyclones tropicaux, rend particulièrement vulnérables les États insulaires des zones tropicales. Cette hausse du niveau des mers, alimentée par la fonte des glaciers, des calottes glaciaires, par l'expansion thermique des océans, risque d'augmenter encore au cours du siècle.

L'élévation du niveau de la mer varie d'une région à l'autre. Cette variabilité régionale des vitesses d'élévation de la mer est largement due à l'expansion thermique non uniforme de l'océan. Le long du littoral de la France métropolitaine, le rythme d'élévation du niveau de la mer entre 1993 et 2013 était légèrement inférieur à la moyenne globale. La situation est plus contrastée près des côtes des territoires insulaires outre-mer. Les niveaux marins extrêmes ont augmenté en moyenne dans les mêmes proportions que l'élévation du niveau de la mer au 20e siècle.

L'élévation du niveau de la mer doit se poursuivre et même s'accélérer au cours du 21e siècle et au-delà. Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont fortement réduites (réchauffement de moins de +2 °C), la montée des eaux se fera à un rythme de 4 mm/an, soit une élévation relative de 0,43 m en 2100 par rapport à la période récente. Si ces émissions augmentent fortement, ce serait 15 mm/an, avec en 2100 une élévation d'environ 0,84 m, possiblement plus d'1 m dans les scénarios les plus pessimistes.

Quel que soit le scénario d'émissions futures de gaz à effet de serre, l'élévation du niveau de la mer augmentera la fréquence d'épisodes de niveaux marins extrêmes, et notamment les épisodes de submersions aggravés en grandes marées. Ces épisodes qui se produisaient une fois par siècle par le passé pourrait se produire chaque année d'ici 2050 dans de nombreuses régions.

Sans mesure d'adaptation et de protection, des événements comme Xynthia risqueraient de provoquer de plus en plus de dégâts à mesure de la montée du niveau moyen des mers résultant du réchauffement climatique provoqué par l'homme. 

Actualité par Météo-France