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Douceur en Antarctique et bonne extension des glaces en Arctique

14/02/2020

Record battu en Antarctique

Le record de la température maximale quotidienne sur l'Antarctique continentale a été battu  le 6 février. On a relevé 18,4 °C à Esperanza, base argentine proche de Marambio située à l'extrémité de la péninsule Antarctique. Le précédent record continental de 17,5 °C, le 24 mars 2015, était également détenu par cette station, où les mesures ont débuté en 1961. On n'est plus très loin du record enregistré pour toutes les iles de l'Antarctique, 19,8 °C observés sur l'île Signy le 30 janvier 1982.

La barre des 20 °C a même été mesurée pour la première fois en Antarctique ce 9 février 2020. On a relevé 20,75 °C sur l'île de Seymour, située au large de la péninsule Antarctique, également appelée île Marambio, nom de la base argentine qu'elle accueille. Mais cette valeur n'a pas été enregistrée dans les conditions de mesure conformes aux normes internationales de l'OMM, elle ne peut donc pas être reconnue.

Carte de l'Antarctique

Masse d'air doux et effet de foehn

Ces températures exceptionnelles sont liées à des remontées successives d'une masse d'air chaud jusqu'aux hautes latitudes dans un flux de nord-ouest. À cela se rajoute un effet de foehn en aval du relief local, permettant de gagner quelques degrés supplémentaires côté est, par compression de la masse d'air.

Anomalie de température à 850 hPa (environ 1500 m) par rapport aux normales 1981-2010, sur le monde entre le 1 et le 13 février 2020. La péninsule antarctique, qui s'étire en direction de l'Amérique du Sud, présente un excédent entre 4 et 5 °C.
Anomalie de température à 850 hPa (environ 1 500 m) par rapport aux normales 1981-2010, sur le monde entre le 1er et le 13 février 2020. La péninsule Antarctique, qui s'étire en direction de l'Amérique du Sud, présente un excédent entre 4 et 5 °C. © Modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France.

Cette douceur a généré une fonte importante des glaces dans la région en cette fin de saison estivale.

Sur l'ensemble de l'Antarctique, l'extension des glaces en cette mi-février est déficitaire mais relativement proche de la valeur moyenne sur 1981-2010. Elle était estimée à 2,945 millions de km² de glace au 12 février, alors que la moyenne à cette date est de 3,102 millions de km².

Évolution de la glace antarctique en 2020 (en bleu), 2019 (en vert), 2018 (en orange), 2017 (record minimum, en pointillés rouges), comparée à la médiane calculée sur la période 1981-2010, en gris.
Évolution de la glace antarctique en 2020 (en bleu), 2019 (en vert), 2018 (en orange), 2017 (record minimum, en pointillés rouges), comparée à la médiane calculée sur la période 1981-2010, en gris. © NSIDC.

Et en Arctique

Du côté de l'Arctique, l'extension des glaces à la mi-février n'a jamais été aussi importante depuis 2009. Avec 14,701 millons de km² le 12 février, elle reste bien sûr très inférieure à la moyenne 1981-2010 (17,701 millions de km²), mais au niveau de la moyenne 2001-2010.

Elle s'explique par un hiver en moyenne plus froid que les années précédentes au niveau de l'Arctique, avec un air froid polaire qui est resté concentré autour des pôles alors que les moyennes latitudes ont connu une grande douceur.

Évolution de la glace arctique en 2020 (en bleu), 2017 (record bas d'extension maximale, en marron), en 2012 (record bas d'extension minimale, en pointillés rouges), en 2009 en rouge, comparée à la médiane 1981-2010 (en gris), et la moyenne 2001-2010 en noir. 
Évolution de la glace arctique en 2020 (en bleu), 2017 (record bas d'extension maximale, en marron), en 2012 (record bas d'extension minimale, en pointillés rouges), en 2009 en rouge, comparée à la médiane 1981-2010 (en gris), et  la moyenne 2001-2010 en noir- © NSIDC.

Actualité par Météo-France