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Le cyclone Belna se dirige vers Madagascar

06/12/2019

(Mise à jour le 9 décembre 2019)
 
Après être passé au large de Mayotte dimanche soir, le cyclone Belna se dirige ce lundi vers Madagascar.
 
 
 
Cyclones Océan Indien
Image satellite vendredi 6 décembre 2019. © Météo-France.
 

Belna touchera la côte Nord-Ouest de Madagascar

Belna devrait atterrir au stade de cyclone tropical sur la côte Nord-Ouest de Madagascar ce lundi 9 décembre. L'impact de ce système de petite taille sera très localisé mais potentiellement violent (parmi les plus forts à toucher terre sur cette région, peut-être comparable à Andry le 12 décembre 1983).
La côte nord-ouest est particulièrement exposée au risque de surcôte qui pourrait atteindre 2 mètres à proximité du point d'impact. Le passage de Belna risque de provoquer des pluies diluviennes, dépassant localement les 200 mm sur l'épisode. 
Carte de prévision de Belna - Lundi 9 décembre 2019
Trajectoire observée et prévue du phénomène tropical Belna, lundi 9 décembre 2019. © Météo-France.

Un contexte favorable à l'activité cyclonique

Chaleur dans l'ouest de l'océan Indien
 
La Réunion : novembre 2019 a été le mois de novembre le plus chaud jamais observé à La Réunion avec une anomalie de + 1,2 °C.
A Gillot (aéroport de Saint-Denis), le trimestre septembre-octobre-novembre 2019 est le 2e plus chaud depuis le début des mesures en 1953 (+1,1°C/normale) juste derrière 2014 (+1,2 °C).
Le 22 novembre, une température de 34,8 °C a été mesurée à la Pointe des Trois-Bassins, un record de chaleur pour l'île en novembre.
 
Mayotte : Pamandzi, station météo principale de Mayotte, a observé un printemps austral record avec une anomalie trimestrielle de + 1,8 °C, largement devant les +1,4 °C de 2017 (mesures depuis 1951).
Le 23 novembre, les Comores ont égalé leur record absolu national de température maximale du 15/11/2017 avec 36,0 °C relevés à l'aéroport international de Moroni (Grande Comore).
Anomalie de températures moyennes de septembre à novembre

Des eaux plus chaudes que la normale à l'ouest de l'océan Indien

Ces températures excédentaires et la sécheresse australienne proviennent en bonne partie d'une oscillation appelée l' « Indian Ocean Dipole » (IOD) qui est dans une phase fortement positive cette année, avec des eaux plus chaudes que la normale sur l'ouest de l'océan Indien favorisant des excédents thermiques, contre des eaux plus froides du côté de l'Indonésie favorisant une sécheresse chronique sur le bord oriental du bassin. Ces extrêmes s'inscrivent dans un contexte de réchauffement climatique qui accentue les extrêmes chauds.
Infographie IOD
L'IOD positive favorise aussi une activité pluvieuse et cyclonique plus marquée que la normale sur l'ouest du bassin : ça a été le cas sur le nord-ouest de l'océan Indien (vers la mer d'Arabie) ces derniers mois. On observe aussi actuellement une forte activation des systèmes cycloniques sur le sud-ouest du bassin où il s'agit du début de la saison cyclonique, qui s'étend généralement de novembre à avril.
 

Retrouvez l'entretien de Fabrice Chauvin, chercheur Météo-France au CNRM, sur le lien entre cyclones et changement climatique

Actualité par Météo-France