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Tempête Amélie du 3 novembre 2019

04/11/2019

La France a été touchée ce dimanche 3 novembre par la première tempête de l'automne. Observer une tempête en novembre n'a rien d'exceptionnel puisque la saison propice aux tempêtes s'étend climatologiquement d'octobre à mars, avec un pic centré sur l'hiver météorologique. C'est donc assez souvent vers le mois de novembre qu'on observe les premières tempêtes de la saison. 

Cette tempête, associée à une dépression qui s'est progressivement creusée sur l'Atlantique entre vendredi et samedi, a été baptisée Amélie (premier nom de la saison 2019/2020 sur la liste Météo-France/AEMET/IPMA). Elle a abordé la côte atlantique en deuxième partie de nuit du 2 au 3 novembre, avec un caractère orageux et instable, ce qui a contribué aux violentes rafales de vent près du golfe de Gascogne.  

Sur les côtes françaises, le creux barométrique est passé sur le sud de la Bretagne : la pression s'est abaissée jusqu'à 972,5 hPa à Lorient à 1 h 30 du matin, 973,0 hPa sur Ouessant à 0 h 45.

Animation d'images du satellite METEOSAT en infrarouge associées à une animation du modèle ARPEGE montrant la pression réduite au niveau de la mer et les rafales de vent observées en France seuillées à plus de 80 km/h du 02 novembre à 00 h UTC au 03 novembre 2019 à 18 h UTC. Cette animation montre le parcours de la dépression Amélie, qui s'est creusée sur l'Atlantique jusqu'à son arrivée sur les côtes françaises. Les vents les plus forts se situent classiquement dans la frange sud de la dépression. 
Animation d'images du satellite Meteosat, en infrarouge, associées à une animation du modèle ARPEGE montrant la pression réduite au niveau de la mer et les rafales de vent observées en France, seuillées à plus de 80 km/h, du 2 novembre à 00 h UTC au 3 novembre 2019 à 18 h UTC. Cette animation montre le parcours de la dépression Amélie, qui s'est creusée sur l'Atlantique jusqu'à son arrivée sur les côtes françaises. Les vents les plus forts se situent classiquement dans la frange sud de la dépression. © Météo-France.

À noter qu'un coup de vent associé à une autre dépression, britannique celle-là, a aussi eu lieu en journée de samedi 2 novembre, le long des côtes de Manche, mais avec de fortes rafales cantonnées aux caps exposés (jusqu'à 135 km/h au cap Gris-Nez ou 119 km/h au cap de la Hague), concernant aussi la côte sud de l'Angleterre (133 km/h à Plymouth, 175 km/h sur l'île de Wight).

Fortes rafales de vent, du golfe de Gascogne au Languedoc et à la Corse

La tempête Amélie a été d'une intensité assez remarquable pour un mois de novembre, si bien qu'elle a fait tomber un certain nombre de records mensuels de rafales de vent pour un mois de novembre (records comptabilisés depuis 1981, date à partir de laquelle les mesures sont jugées d'une qualité et homogénéité instrumentale suffisante). Elle reste néanmoins très loin de certaines tempêtes historiques qui ont touché ces mêmes régions au cœur de l'hiver, comme la tempête Klaus le 24/01/2009 ou encore la tempête Martin le 27/12/1999.

Voici les plus fortes rafales les plus notables et pour lesquelles un record mensuel est battu (liste non exhaustive) :

  • 163,4 km/h au Cap Ferret (33) , battant les 131 km/h du 08/11/2010, aussi la 6e plus forte rafale à la station, tous mois confondus. Il s'agit d'une des plus fortes rafales ayant touché la côte atlantique lors d'un mois de novembre, pas loin derrière les 169,2 km/h mesurés à la pointe de Chémoulin (44) le 19/11/1996 ;

  • 148,0 km/h à Messanges (littoral des Landes) , battant les 128,2 km/h du 09/11/2010 ;

  • 145,8 km/h à Belle-Île (Morbihan) , battant les 136,8 km/h du 19/11/1996 ;

  • 141,8 km/h à l'île de Ré (pointe des Baleines), battant les 122,4 km/h du 22/11/2006 ;

  • 137,5 km/h à l'île d'Yeu (85), battant les 133,2 km/h du 19/11/1996 ;

  • 137,5 km/h à Biscarrosse (Landes), battant les 133,2 km/h du 20/11/1996 ;

  • 134,6 km/h à Socoa/St-Jean-de-Luz (côte basque), battant les 124,9 km/h du 07/11/2009 ;

  • 130,3 km/h à la pointe de Chassiron (île d'Oléron), battant les 129,6 km/h du 08/11/1982 ;

  • 120,6 km/h à Bordeaux, battant les 111,6 km/h du 27/11/1983 ; c'est aussi la 6e plus forte rafale tous mois confondus à la station depuis 1981, toutefois bien loin derrière le record de la tempête Klaus (160 km/h le 24/01/2009) ;

  • 118,8 km/h à Biarritz, battant les 108 km/h du 20/11/1996 ; aussi la 5e plus forte rafale tous mois confondus à la station ;

  • 116,3 km/h à Tarbes , battant les 100.8 km/h du 21/11/1996 ;

  • 105,8 km/h à Pau, battant les 97.2 km/h des 19 et 20/11/1996.

Animation des rafales observées sur la France entre samedi 2 novembre à 22 h et dimanche 3 novembre 2019 à 23 h 
Animation des rafales observées sur la France, entre samedi 2 novembre à 22 h et dimanche 3 novembre 2019 à 23 h. © Météo-France.

En plus des fortes rafales sur les crêtes du Massif central et des Cévennes, on a aussi observé un phénomène de déferlement sur l'intérieur du Languedoc : dans certaines conditions atmosphériques, l'air qui passe au-dessus des crêtes plonge brutalement en contrebas dans les zones de plus basse altitude situées quelques dizaines de kilomètres en aval immédiat, y produisant de très fortes rafales (comme par exemple à Montdardier, Soumont, Bédarieux, St-Jean-de-Minervois...) :

- sur les hauteurs du Massif central ou des Cévennes :

  • 170 km/h au mont Aigoual (Gard, 1567 m) ;

  • 150 km/h à Bassurels (Lozère, 1042 m) ;

  • 120 km/h à Superbesse (Puy-de-Dôme, 1280 m d'altitude) ;

- déferlement en aval :

  • 133 km/h à Montdardier (Gard), record absolu au moins sur les 10 dernières années ;

  • 133 km/h à Soumont (Hérault) ;

  • 127 km/h à Bédarieux, record mensuel battant les 126 km/h du 10/11/2013, et 4e plus forte rafale tous mois confondus (derrière notamment les 144 km/h du 27/12/1999, tempête Martin) ;

  • 126 km/h à Durban-Corbières (Aude), record mensuel (ancien : 122 en 1996), au même niveau que la rempête Martin le 28/12/1999 ;

  • 121 km/h à St-Jean-de-Minervois (Hérault).

On a aussi mesuré 118 km/h à Millau, 116 km/h à Perpignan, 111 km/h à Narbonne.

En Corse, le vent d'ouest a soufflé fort la nuit de dimanche à lundi, jusqu'à 189 km/h à Cagnano et 172 km/h au cap Sagro (stations situées sur l'est du cap Corse).

La tempête a aussi frappé la côte nord de l'Espagne avec des rafales dépassant ponctuellement les 150 km/h sur certains caps exposés ou stations légèrement en altitude. L'aéroport de Santander, avec 130 km/h, a battu son record mensuel de rafale de vent.

Actualité par Météo-France