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La fonte de la calotte groenlandaise accélérée par des impuretés de surface

11/06/2014

Sur Terre, seule une partie du rayonnement solaire qui atteint la surface de notre planète est absorbée, le reste étant réfléchi. Au Groenland, la fraction d'énergie solaire absorbée par la neige qui recouvre la calotte dépend de son albédo1, c'est-à-dire de sa capacité à absorber le rayonnement. L'albédo dépend de la taille des grains de neige et de la quantité d'impuretés absorbantes contenues dans le manteau neigeux. Au cours de l'été, l'élévation de température de la neige de surface provoque une augmentation de la taille des grains de neige, qui fait baisser l'albédo de la calotte et accélère sa fonte. Si cet effet estival est bien connu, un autre mécanisme affecte lui aussi l'albédo de la neige, cette fois au printemps.

 

Photo neige contenant des impuretés

Neige fondante contenant des impuretés absorbantes © Rémi Maupetit
 

À partir de données satellites visible et infrarouge, Marie Dumont, du Centre d'études de la neige du CNRM-GAME (CNRS/Météo-France) et ses collègues2  viennent de montrer que, depuis 2009, la neige présente au printemps à la surface du Groenland est moins blanche qu'auparavant 3. En cause, des impuretés constituées de poussières minérales, apportées par le vent. Ces poussières proviendraient de zones de l'Arctique, autrefois recouvertes de neige à cette époque de l'année, et désormais mises à nu par la fonte précoce de la couverture neigeuse.

Les modélisations numériques réalisées par les chercheurs montrent que cet assombrissement a contribué à la récente fonte accélérée de la calotte en induisant un réchauffement plus précoce de la neige de surface. Il pourrait ainsi amplifier le changement climatique sur la calotte.

 

Pour en savoir plus, consulter notre communiqué de presse

 

1 : L'albédo est le rapport entre l'énergie solaire réfléchie par une surface et l'énergie solaire incidente. Il est égal à 0 pour un corps parfaitement noir et à 1 pour un corps parfaitement blanc.
2 : Les laboratoires impliqués sont le CNRM-GAME  (Météo-France/CNRS) et le LGGE (CNRS/Université Joseph Fourier Grenoble)
3 : Dumont M et al. (2014)  Nature Geoscience doi:10.1038/ngeo2180

 

Actualité par Météo-France