Imprimer Envoyer á un ami

Fonte de la banquise arctique : minimum d’extension remarquablement bas

27/09/2019

Le minimum annuel d'extension de la banquise arctique a été atteint le 18 septembre 2019, selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC). Avec 4,15 millions de km², c'est la deuxième valeur la plus basse relevée depuis le début des mesures par satellite (1979), renforçant ainsi la tendance à long-terme au déclin. Les treize plus basses extensions de banquise arctique depuis 1979 ont toutes eu lieu ces treize dernières années !

Evolution annuelle des courbes d'extension de la banquise arctique depuis le début des mesures en 1979
Figure 1- Evolution annuelle des courbes d'extension de la banquise arctique depuis le début des mesures en 1979. - 
© NSIDC

Le 18 septembre, l'extension des glaces arctiques s'établissait à 4,15 millions de km² selon le NSIDC. Soit 2,10 millions de km² de moins que la moyenne 1981/2010 du minimum annuel (6,25 millions de km²). Ce déficit de surface représente, pour fixer les idées, une superficie comparable à celle du Groenland (2,16 millions de km²) ou de l'Arabie Saoudite (2,15 millions de km²), et correspond de manière troublante à la superficie de sept fois la totalité de l'Italie (2,11 millions km²). Pourtant, le record d'extension minimale de 2012 n'a pas été battu, comme pressenti par le NSIDC, qui évoquait déjà le 15 août qu'un nouveau record était improbable, et qu'une deuxième place était probable, alors même que la courbe de l'extension était au coude à coude avec 2012.

L'extension de la banquise arctique au 18 septembre était de 4,5 millions de km². La ligne orange indique la ligne d'extension médiane lors du minimum sur 1981/2010
Figure 2 – L'extension de la banquise arctique au 18 septembre était de 4,5 millions de km². La ligne orange indique la ligne d'extension médiane lors du minimum sur 1981/2010. - 
© NSIDC

Le tableau ci-dessous donne le classement des minima d'extension des treize dernières années. On pourra noter que la valeur de cette année est « statistiquement équivalente » à celles des minima de 2007 et 2016. Donc on a une deuxième-place « ex-aequo » avec 2007 et 2016. À l'époque, le minimum de 2007 avait été un record déjà particulièrement marquant, un nouveau palier était franchi... (On n'était jamais passé sous la barre des 5 millions de km² !).

De façon frappante, les treize dernières années sont toutes dans le top treize des minima d'extension les plus bas depuis 1979. Entre les années 1980 et les années 2010, le minimum d'extension « moyen » est passé d'environ 7 millions de km² (moyenne sur 1979/1990), à environ 4,5 millions de km² (en moyenne sur 2011/2018), en baisse constante sur les dernières décennies.

Rang

Année

Minimum d'extension en millions de km²

(moyenne 1981/2010 : 6,25)

Date du minimum

(médiane : 14 septembre)

1

2012

3,39

17 septembre

2

2019

2007

2016

4,15

4,16

4,17

18 septembre

18 septembre

10 septembre

5

2011

4,34

11 septembre

6

2015

4,43

9 septembre

7

2008

2010

4,59

4,62

19 septembre

21 septembre

9

2018

2017

4,66

4,67

23 septembre

13 septembre

11

2014

2013

5,03

5,05

17 septembre

13 septembre

13

2009

5,12

13 septembre

Tableau 1- Top treize des minimums d'extension les plus bas. On retrouve les 13 dernières années ! - © NSIDC

 

Depuis une dizaine de jours, avec l'accélération de la chute des températures et l'entrée progressive dans la nuit polaire arctique, classiquement, un début de regel a lieu. De la glace jeune et très fine se reforme à l'intérieur du pack central ainsi qu'en sa périphérie immédiate, notamment côté Pacifique. Toutefois, le rythme de l'embâcle, plutôt conforme à la normale ces 7 derniers jours, pourrait ralentir prochainement en raison de mers périphériques (mers de Beaufort, de Kara, de Sibérie Orientale, etc.) encore anormalement chaudes pour la saison. Comme ces dernières années, il faut s'attendre à un embâcle tardif et poussif, et des anomalies fortement positives de températures de surface (comme envisagé d'ici le début du mois d'octobre cf. Figure 3) en raison de ce retard d'englacement, ces anomalies étant un frein à un embâcle rapide et un épaississement de la banquise en profondeur (rétroaction).

Anomalie de température moyenne en °C sur les 10 prochains jours selon le scénario du modèle GFS 0UTC du 27/09/2019. En périphérie des zones englacées, de forts excédents thermiques (en rouge) sont prévus dans les prochains jours et même les prochaines semaines…
Figure 3 – anomalie de température moyenne en °C sur les 10 prochains jours selon le scénario du modèle GFS 0UTC du 27/09/2019. En périphérie des zones englacées, de forts excédents thermiques (en rouge) sont prévus dans les prochains jours et même les prochaines semaines… - 
© ClimateReanalyser.org

 

Actualité par Météo-France