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Nouvelles simulations du climat : vers un réchauffement plus fort que prévu

16/09/2019

De nouvelles simulations numériques du climat, passé et futur, dont les conclusions viennent d'être livrées, prévoient un réchauffement plus important en 2100 : l'augmentation de la température moyenne atteindrait 6 à 7 °C en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle selon le scenario le plus pessimiste, soit 1 °C de plus que dans les précédentes estimations.

 


La communauté internationale en climatologie est engagée dans un important exercice de simulations numériques du climat, passé et futur. Ses conclusions contribueront de manière majeure au premier volet du sixième rapport d'évaluation du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), dont la publication est prévue en 2021. Les scientifiques français impliqués dans ce travail, notamment au CNRS, au CEA et à Météo-France, ont été les premiers à rendre leur copie et viennent de dévoiler les grandes lignes de leurs résultats. Les nouveaux modèles prévoient notamment un réchauffement plus important en 2100 que les versions précédentes. Ils progressent aussi dans leur description du climat à l'échelle régionale. 

Les deux modèles de climat français s'accordent pour simuler un réchauffement prononcé

Les scientifiques français regroupés au sein de la plateforme Climeri-France1 ont participé au programme mondial de simulations du climat (CMIP6) avec deux modèles climatiques, développés l'un par le CNRM associé au Cerfacs et l'autre à l'IPSL. CMIP6 rassemble plus d'une vingtaine de centres climatiques dans le monde, qui conçoivent une trentaine de modèles.
 
Les deux nouveaux modèles français, mais également d'autres modèles étrangers déjà disponibles, simulent un réchauffement plus important à l'horizon 2100 que les versions précédentes établies en 2012, en particulier pour les scénarios les plus pessimistes en émissions. 
 
 

 
Selon le scénario le plus « pessimiste », l'augmentation de la température moyenne globale atteindrait 6 à 7 °C en 2100, soit 1 °C de plus que dans les précédentes estimations. Seul l'un des scénarios socio-économiques (SSP1 1,9 – marqué par une forte coopération internationale et donnant priorité au développement durable), permet de rester sous l'objectif des 2 °C de réchauffement, au prix d'efforts d'atténuation très importants et d'un dépassement temporaire de cet objectif au cours du siècle.
 

Une modélisation plus fine pour la France et les Outremers

Les modèles de climat servent aussi de base à la modélisation climatique à échelle plus fine sur la France métropolitaine et les outremers. Ainsi, plusieurs simulations réalisées dans le cadre de CMIP6 ont été « zoomées », sur l'Europe et l'océan Indien. A ces échelles, les scientifiques ont notamment réussi à représenter de manière plus réaliste que précédemment des phénomènes comme certaines pluies extrêmes, les cyclones ou le transport de poussières
 
De tels résultats ont pu être obtenus grâce aux améliorations apportées aux modèles de climat depuis le précédent exercice. 
 
Le travail effectué par la communauté française, qui a mobilisé une centaine de scientifiques de disciplines variées (climatologues, océanographes, glaciologues, spécialistes de l'atmosphère, de la végétation et des sols, experts en calcul intensif), a nécessité des moyens informatiques importants : 500 millions d'heure de calcul assurées par les supercalculateurs de Genci et de Météo-France, 20 Pétaoctets de données générées.
 
infrastructure nationale de modélisation du climat qui unit les forces du CEA, du CNRS et de Météo-France, avec le soutien de la Sorbonne Université, de l'IRD et du Cerfacs 
 

Actualité par Météo-France