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Nouvelles simulations du climat : 5 points clés

17/09/2019

De nouvelles simulations numériques du climat, passé et futur, dont les conclusions viennent d'être livrées, prévoient un réchauffement plus important en 2100. Ces conclusions contribueront de manière majeure au sixième rapport du GIEC, dont la publication est prévue en 2021. 

1- La planète pourrait connaître un réchauffement de 6 à 7 °C à la fin du siècle par rapport à l'ère préindustrielle.

Distribution des changements de température de surface (°C) en moyenne annuelle en 2071-2100 (par rapport à 1981-2010) pour deux des scénarios (SSP1 2,6 et SSP3 7,0), selon le modèle CNRMCM6 (à gauche) et celui de l'IPSL (à droite). 
Distribution des changements de température de surface (°C) en moyenne annuelle en 2071-2100 (par rapport à 1981-2010) pour deux des scénarios (SSP1 2,6 et SSP3 7,0), selon le modèle CNRMCM6 (à gauche) et celui de l'IPSL (à droite). - © Météo-France

C'est ce que prévoit le scenario le plus pessimiste en matière d'émissions de gaz à effet de serre et du contexte socio-économique.  Ce scénario repose sur une croissance économique rapide alimentée par des énergies fossiles. Un réchauffement de la planète plus fort que ce qui était prévu par les précédentes simulations. Dans le dernier rapport du GIEC de 2014, le pire scénario prévoyait + 4,8 °C par rapport à la période préindustrielle.
Ces nouveaux modèles climatiques développés par le CNRM et l'Institut Pierre Simon Laplace sont plus fiables et plus fins que les précédents.

2- La température de la Terre à la fin du siècle dépend fortement des politiques climatiques mises en oeuvre aujourd'hui.

Les deux modèles français considérés s'accordent pour prévoir une hausse de la température moyenne du globe, au moins jusqu'en 2040. Au-delà, l'évolution globale des températures varie nettement en fonction du scenario retenu et des trajectoires d'émissions de gaz à effet de serre associées. La température moyenne de la planète à la fin du siècle dépend fortement des politiques climatiques mises en place dès maintenant et tout au long du 21e siècle.

3- Atteindre l'objectif de 2 °C de réchauffement climatique fixé par l'accord de Paris nécessite un effort d'atténuation très important.

Le scenario le plus optimiste permet tout juste de rester sous l'objectif des 2 °C, et au prix d'un dépassement temporaire de l'objectif de 2 °C au cours du siècle. Ce scenario implique une diminution imméditate des émissions de CO2 jusqu'à atteindre la neutralité carbone à l'échelle de la planète en 2060 ainsi qu'une captation du CO2 atmosphérique de l'ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100.
 

4- La banquise pourrait disparaître entièrement.

La banquise arctique régresse actuellement rapidement. Cette tendance se poursuit dans le climat futur. A la fin du siècle, la banquise arctique disparaîtra probablement totalement en fin d'été. Le scenario le plus pessimiste la voit même disparaître quasi-totalement en fin d'hiver.

5- L'été 2003 pourrait être normal en 2050.

Les modèles confirment que l'intensité et la fréquence des vagues de chaleur ont augmenté ces dernières décennies. Les modèles confirment que cette tendance va se poursuivre au moins dans les deux décennies qui viennent quel que soit le scenario considéré. Ces évolutions se différencient fortement après 2050 selon les scénarios et les trajectoires d'émissions associées.  l
L'été 2003 marqué par une canicule extrême pourrait être un été normal en 2050 selon les scénarios intermédiaires ou pessimistes. Seuls les scénarios les plus optimistes permettent de limiter la sévérité des canicules.
 
 

​Comment prévoit-on l'évolution du climat à l'échelle du globe ? 

Pour simuler l'évolution du climat sur la planète, les chercheurs reproduisent le fonctionnement de la machine climatique, c'est-à-dire les interactions entre l'atmosphère, l'océan, la glace de mer, les continents. Ils établissent ainsi des modèles de climat. Les modèles simulent l'évolution du climat à longues échéances.
Les scientifiques imposent à ces modèles différents paramètres : émissions de CO2, critères socio-économiques... Ils construisent ainsi autant d'évolutions possibles du monde, appelés des scénarios. 
Les nouvelles simulations présentées aujourd'hui utilisent des scénarios nouveaux qui prennent en compte à la fois l'amplitude des perturbations radiatives au premier rang desquelles figure l'augmentation des gaz à effet de serre, et différentes trajectoires socio-économiques. Grâce à la puissance de calcul des supercalculateurs, les modèles livrent ainsi plusieurs simulations d'évolution du climat passé et futur en fonction des scénarios retenus.
La modélisation du climat nécessite du calcul intensif et du stockage informatique. Ces nouvelles simulations représentent plus de 500 millions d'heures de calcul et 20 pétaoctets de données !

 

Retrouvez le dossier de presse ici. 

Actualité par Météo-France