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Canicule : une sécheresse déjà marquée en France

25/07/2019

Depuis juillet 2018, c'est à dire un an, de nombreuses régions, notamment le Grand-Est, la Bourgogne – Franche-Comté et l'Auvergne, connaissent un déficit de pluviométrie marqué. 

Depuis début juillet, les pluies ont été quasi absentes sur la moitié nord alors que des épisodes pluvio-orageux ont arrosé les régions s'étendant des Pyrénées au sud du Massif central ainsi que localement en région PACA et sur la Corse.

L'épisode de canicule, débuté ce lundi 22 juillet, va accentuer l'assèchement des sols superficiels dans les jours à venir.

 

Cumul précipitations du 1 au 21 juillet

Une sécheresse remarquable depuis le début de l'été météo au nord du pays

Plusieurs villes connaissent ainsi leur début d'été le plus sec depuis le début des mesures.

Des records de cumuls de pluie les plus faibles sur la période du 21 juin au 20 juillet ont été enregistrés :

  • 0,2 mm à Tours, battant les 3,4 mm de 2015
  • 0,2 mm à Melun, battant les 10,7 mm de 1949
  • 0,2 mm à Orly (aéroport), battant les 6,3 mm de 1945
  • 0,8 mm à Romorantin, battant les 5,5 mm de 1928
  • 1,0 mm à Lille, battant les 4,4 mm de 2018
  • 1,0 mm à Orléans , battant les 1,6 mm de 1952
  • 1,0 mm à Poitiers, battant les 5,1 mm de 1984
  • 1,2 mm à St-Quentin, battant les 9,6 mm de 1994
  • 3,4 mm à Reims, battant les 11,2 mm de 2010
  • 3,6 mm à Rouen, battant les 8,6 mm de 2010
  • 4,0 mm à Beauvais, battant les 6,3 mm de 1952
  • 4,0 mm au Mans, battant les 6,7 mm de 1979
  • 4,2 mm à Angers, battant les 4,5 mm de 1967
  • 5,1 mm à Troyes, battant les 6,6 mm de 2015
  • 6,2 mm à Châteaudun, battant les 7,1 mm de 2015
  • 6,6 mm à Nantes, battant les 10,1 mm de 1969

 

Des sols superficiels très secs sur un large quart nord-est et les régions près de la Méditerranée

Sécheresse, état des sols superficiels

Jusqu'aux premiers jours de juin, l'humidité des sols superficiels est généralement restée proche des normales, excepté en Auvergne, en Bourgogne et localement sur les régions méditerranéennes qui ont connu un déficit de pluie persistant.

Du 25 au 30 juin, la France, comme une grande partie de l'Europe, a connu un épisode de canicule exceptionnel par sa précocité et son intensité. Les températures très élevées associées à la faible pluviométrie ont contribué à un assèchement remarquable des sols superficiels.

Au 21 juillet, cette sécheresse des sols superficiels persiste sur un large quart nord-est et localement en région PACA. Elle est également présente sur une grande partie de l'Europe, du sud-ouest et du centre du continent, jusqu'en Ukraine et au sud de la Russie.

Dans de nombreuses régions, le déficit de pluviométrie est marqué depuis plusieurs mois. 

Swi Allier

Swi Vendée

Swi Var

Evolution de l'humidité du sol superficiel depuis le 1er janvier 2019. 
Les zones colorées décrivent l'enveloppe des valeurs observées et permettent de comparer aux normales climatologiques. Les valeurs comprises entre les records secs et les normales s'étendent du rose foncé au rose clair. Les valeurs comprises entre les normales et les records humides s'étendent du bleu clair au bleu foncé. Les records sont calculés sur la période 1959-2019
 

La sécheresse des sols superficiels (dite "agricole") ne constitue qu'une composante de la situation hydrologique globale. Les autres composantes de la sécheresse comme le débit des rivières ou le niveau des eaux souterraines sont suivies par les services du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES).

Pour plus d'informations sur la situation hydrologique globale : consulter le site eaufrance.

 

Différents types de sécheresse 

On distingue plusieurs types de sécheresses 

La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.

La sécheresse des sols, dite "agricole", se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.

La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.

Ces différentes sécheresses peuvent intervenir à différents moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

Actualité par Météo-France