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Arctique : fonte record de la banquise en juillet

15/07/2019

Après une période de faible taux de fonte de glace de mer vers la mi-juin, le déclin saisonnier de la banquise arctique s'est accéléré à la fin du mois, et ce rythme rapide s'est poursuivi et continue de se poursuivre. La superficie des glaces de mer arctique a chuté désormais sous la courbe de 2012, année qui avait vu le record bas minimum d'extension en septembre.

écart à la normale de la température à 925 hPa dans l'Arctique en juin 2019   moyenne des pressions au niveau de la mer en juin
À
gauche, écart à la normale de la température à 925 hPa dans l'Arctique en juin 2019.À droite : moyenne des pressions au niveau de la mer en juin. © NSIDC et NOAA Earth System Research Laboratory Physical Sciences Division

En juin, après un mois de mai déjà très chaud dans l'Arctique, la circulation atmosphérique moyenne a favorisé de très hautes pressions au nord du continent américain avec un maximum de pression au-dessus du Groenland, associé à un début de saison de fonte très rapide. Les basses pressions sur le côté eurasiatique ont contribué à faire remonter de l'air chaud du côté de la mer de Laptev, qui a connu un excédent de température particulièrement élevé. Cette configuration synoptique ressemble à celle qui a dominé pendant l'été 2007, à l'origine d'une baisse déjà drastique de la banquise à l'époque. Le minimum de 2007 avait d'ailleurs décroché le record du minimum le plus bas. Les trois étés précédents avaient été concernés par des conditions relativement dépressionnaires, nébuleuses et fraîches, qui avaient limité la font. Mais ce début d'été est marqué par des conditions particulièrement anticycloniques et douces sur le bassin arctique. Depuis le week-end du 14 juillet, la situation est en train de changer avec l'apparition d'un minimum froid centré sur l'Arctique. La conséquence sur la banquise est encore difficile à déterminer, entre un effet "potentiellement positif", avec une masse d'air plus froide et plus humide donc limitant a priori le chauffage dans les basses couches, et un effet "négatif" avec une dispersion et une fragilisation de la banquise dues aux vents liés à ces dépressions arctiques.

Depuis une vingtaine de jours, le taux de fonte s'est accéléré, avec plus de 2,2 millions de km2 perdus du 22 juin au 11 juillet, soit plus de la superficie du Groenland (2,17 Millions de km2). Cette fonte en 20 jours correspond à un taux de plus de 110 000 km2 en moins par jour, alors que la normale sur la période est de 57 000 kmen moins par jour. Au 11 juillet, en moyenne sur les 5 derniers jours, la superficie des glaces de mer est de 8,19 M km2, un record pour la période, a fortiori sous la valeur de 2012 à la même date (8,25 M km²). L'année dernière à la même époque, on avait 9,08 M km2, et la normale sur la période 1981/2010 est de 10 M km2.

superficie de la banquise arctique ("extension" de la banquise avec au moins 15% de glace de mer) ; données du 11 juillet 2019 en violet ; la courbe grise correspond à la normale 1981/2010.
Superficie de la banquise arctique ("extension" de la banquise avec au moins 15% de glace de mer) ; données du 11 juillet 2019 en violet ; la courbe grise correspond à la normale 1981/2010. - 
© NSIDC

 

Record de douceur dans l'Arctique canadien

Le 14 juillet 2019 à Alert, base canadienne et lieu habité le plus au nord de la planète à 817 km du pôle nord, a battu son record absolu de température tous mois confondus avec 21,0 °C. Son précédent record datait du 8 juillet 1956 et était 1 degré inférieur avec 20,0 °C. Il s'agit également de la température la plus élevée dans le monde à une latitude supérieure à 80° Nord.

 

Actualité par Météo-France