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Sécheresse : un manque de pluie sur de nombreuses régions

12/07/2019

Une pluviométrie déficitaire sur de nombreuses régions depuis plusieurs mois : situation au 10 juillet

Depuis juillet 2018, la pluviométrie sur la France est marquée par un déficit qui perdure notamment sur les régions du Grand-Est, de la Bourgogne – Franche-Comté ainsi qu'en Auvergne. Au mois de juin, les précipitations, encore déficitaires sur le Nord-Est , l'Occitanie, la région Provence – Alpes – Côte d'Azur et la Corse, ont été en revanche fréquentes et abondantes sur l'ouest du pays.

Pour en savoir plus, consultez notre dernier bulletin de situation hydrologique.

Du 1er au 10 juillet, les pluies ont été quasi absentes sur la moitié nord alors que des épisodes pluvio-orageux ont arrosé les régions s'étendant des Pyrénées au sud du Massif central ainsi que localement en région PACA et sur le nord de l'île de Beauté.

Indicateur du déficit de précipitations sur les 12 derniers mois, de juillet 2018 à juin 2019

Un déficit de précipitations durant la période de recharge

La période de recharge (septembre à mars) contribue de façon prépondérante à l'alimentation des nappes phréatiques. De septembre 2018 à mars 2019, la pluviométrie a été déficitaire en moyenne de 20 % sur la France. Seules les régions des Pays de la Loire aux Hauts-de-France, la pointe bretonne, les régions méditerranéennes et la Haute-Corse ont bénéficié d'une pluviométrie conforme à la saison. Les précipitations qui se sont ensuite produites n'ont pas permis d'améliorer la situation.

Des sols superficiels très secs sur un large quart nord-est et les régions près de la Méditerranée

Jusqu'aux premiers jours de juin, l'humidité des sols superficiels est généralement restée proche des normales, excepté en Auvergne, en Bourgogne et localement sur les régions méditerranéennes qui ont connu un déficit de pluie persistant. Puis, du 25 au 30 juin, la France,comme une grande partie de l'Europe, a connu un épisode de canicule exceptionnel par sa précocité et son intensité. Les températures très élevées associées à la faible pluviométrie ont contribué à un assèchement remarquable des sols superficiels. Au 10 juillet, cette sécheresse des sols superficiels persiste sur un large quart nord-est et localement en région PACA. En Europe, les conditions de sécheresse des sols superficiels sont également présentes sur une grande partie du sud-ouest et du centre du continent, jusqu'en Ukraine et au sud de la Russie.

Etat des sols superficiels au 10 juillet 2019 en France Humidité des sols superficiels en juin 2019 en Europe

La sécheresse des sols superficiels (dite "agricole" *) ne constitue qu'une composante de la situation hydrologique globale. Les autres composantes de la sécheresse comme le débit des rivières ou le niveau des eaux souterraines sont suivies par les services du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES). Pour plus d'informations sur la situation hydrologique globale : consulter le site eaufrance.

Indice d'humidité des sols depuis le 1er janvier 2019 dans l'Allier Indice d'humidité des sols depuis le 1er janvier 2019 dans le Var Indice d'humidité des sols depuis le 1er janvier 2019 en Vendée
É
volution de l'humidité du sol superficiel depuis le 1er janvier 2019 (de gauche à droite dans l'Allier, le Var et la Vendée). Les zones colorées décrivent l'enveloppe des valeurs observées et permettent de comparer aux normales climatologiques. Les valeurs comprises entre les records secs et les normales s'étendent du rose foncé au rose clair. Les valeurs comprises entre les normales et les records humides s'étendent du bleu clair au bleu foncé. Les records sont calculés sur la période 1947-2019. - © Météo-France

 

* On distingue plusieurs types de sécheresses  :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.

- La sécheresse des sols, dite "agricole", se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.

- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.

Ces "différentes" sécheresses peuvent intervenir à différents moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

Actualité par Météo-France