Imprimer Envoyer á un ami

Tempête Miguel : un phénomène rare mais pas inédit pour la saison

07/06/2019

La tempête Miguel touche ce vendredi une grande partie de la France. Un phénomène inhabituel à cette période de l'année.

Image du satellite METEOSAT 11 du 6 juin 2019 à 11h UTC - La tempête Miguel est encore au large du cap Finisterre situé à l'extrême nord-ouest de la péninsule ibérique 
Image du satellite METEOSAT 11 du 6 juin 2019 à 11h UTC - La tempête Miguel est encore au large du cap Finisterre situé à l'extrême nord-ouest de la péninsule ibérique - © Météo-France

La période la plus propice aux tempêtes en France se situe entre octobre et mars. A cette période de l'année, le courant-jet d'altitude sur l'Atlantique Nord (ou « rail des perturbations » dans lequel se développent les dépressions tempétueuses) est en moyenne plus puissant et plus proche des côtes européennes.

Observer une tempête comme Miguel en juin est bien plus rare car le courant-jet est généralement plus faible et ondule plus au nord, avec des contrastes thermiques nord-sud moins marqués qu'en hiver sur l'Atlantique et des hautes pressions subtropicales qui remontent davantage sur le sud de l'Europe.

Comment l'expliquer ?

Animation des la température à 850 hPa en plages de couleur (illustrant les contrastes thermiques), le courant-jet d'altitude (vers 12 km) qui atteint près de 200 km/h au nord-ouest de l'Espagne, et isobares (pression) seuillées pour faire ressortir la dépression Miguel qui se creuse sous le jet, entre jeudi 6 juin à 00h UTC et vendredi 7 juin 2019 à 18h UTC 
Animation de  la température à 850 hPa en plages de couleur (illustrant les contrastes thermiques), le courant-jet d'altitude (vers 12 km) qui atteint près de 200 km/h au nord-ouest de l'Espagne, et isobares (pression) seuillées pour faire ressortir la dépression Miguel qui se creuse sous le jet, entre jeudi 6 juin à  00h UTC et vendredi 7 juin 2019 à 18h UTC - © Modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France

La situation perturbée actuelle s'explique par la présence d'une forte anomalie de bas géopotentiel sur le proche Atlantique associée à des masses d'air plus fraîches que la normale, contrastant avec l'air chaud présent plus au sud au large du Maroc. Cette zone à fort tourbillon de grande échelle avec contraste thermique marqué participe à un net renforcement du courant-jet au nord-ouest de l'Espagne (environ 200 km/h à 12 km d'altitude ce jeudi), propice au creusement d'une dépression marquée peu commune en juin.

Une situation dangereuse

La végétation est plus vulnérable face aux tempêtes l'été : les arbres, couverts de feuilles, cèdent plus facilement qu'en hiver à force de vent égale, car le feuillage offre une prise au vent plus importante. Dans la situation actuelle, un autre facteur aggravant est la saturation des sols en eau suite aux précipitations récentes, ce qui rend la résistance des racines moins bonne.

Tempête estivale : des précédents

Des tempêtes ou forts coups de vent ont déjà eu lieu en juin ou en été dans le passé . Il faut cependant remonter à plus de 30 ans pour trouver des épisodes comparables :

- Le 6 juillet 1969 : une tempête frappe la moitié nord, surtout la Bretagne, la Normandie puis région parisienne. 

- Le 26 juin 1958 : elle avait une trajectoire plus au sud.

- Le 16 juin 1965 : tempête sur la moitié nord du pays, Ile-de-France incluse.

On retrouve également des situations très dépressionnaires les 9 juin 1954, 12 juillet 1961, 3 juillet 1988, 7 et 8 août 1948…

À noter, le 7 juin 1987, une ligne de grains orageuse provoque un coup de vent tempétueux. On relève alors 126 km/h à Biscarrosse, 115 km/h à Bordeaux.

 

Actualité par Météo-France