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Le joli mois de mai ?

23/05/2019

Après une séquence plus agréable où les températures approchent ce jeudi 23 mai des valeurs dignes de l'été, une nette dégradation du temps se met en place la nuit prochaine par le golfe de Gascogne.

Vendredi, fortes pluies dans le Sud-Ouest

Un thalweg (l'équivalent en altitude d'un couloir dépressionnaire en surface) va se décaler vers la Catalogne en journée de vendredi, favorisant des retours pluvieux durables et parfois intenses dans le Sud-Ouest. Un autre minimum dépressionnaire d'altitude va circuler ce week-end de la mer du Nord vers la Méditerranée occidentale en réactivant le précédent minimum. En conséquence, d'autres averses seront souvent au programme samedi (épargnant l'ouest du territoire), elles deviendront plus sporadiques dimanche (sauf en Corse). En cumul sur 3 jours (du vendredi 24 au dimanche 26 mai), des quantités importantes sont prévues à proximité des Pyrénées approchant parfois les 100 millimètres mais elles resteront faibles de la Bretagne aux côtes de la Manche et au voisinage de la vallée du Rhône.


Cumuls pluviométriques prévus du vendredi 24 mai 2019 à 00 h UTC au lundi 27 à 00 h UTC, modèle Arpège. © Météo France.
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La pluie en mai, c'est normal !

Contrairement à une idée reçue, le mois de mai n'est pas si joli que l'image parfois colportée dans le folklore populaire. En vérité, le printemps au sens météorologique du terme (du 1er mars au 31 mai) est une saison de transition entre l'hiver et l'été pendant laquelle s'affrontent des influences très contrastées. Si à la fin, l'été finit par l'emporter, cela ne se fait pas sans heurt. À cet égard, le mois de mai est très sensible pour plusieurs aspects. D'abord, les gelées tardives qui peuvent occasionner des dégâts importants sur la végétation ; ensuite, les « gouttes froides » issues des régions polaires qui descendent parfois très bas en latitude (vers la péninsule Ibérique ou la Méditerranée) en provoquant des pluies à caractère instable (orageux) qui peuvent être abondantes d'autant plus que le soleil déjà haut dans le ciel réchauffe de façon plus efficace les basses couches à la moindre éclaircie, ce qui augmente le profil instable de l'atmosphère et donc les mouvements ascendants générateurs des nuages porteurs d'averses.

Concrètement, l'indicateur pluviométrique national qui est basé sur la moyenne des pluviométries mensuelles sur la période 1981-2010 fait apparaître que le mois de mai arrive en 4e position des mois les plus pluvieux (à égalité avec janvier), les trois premières positions étant occupées par octobre, novembre et décembre. D'ailleurs, pour l'instant, mai 2019, malgré quelques excédents notables localement, n'est même pas excédentaire à l'échelle nationale par rapport à la normale partielle calculée sur les 22 premiers jours du mois.


Rapport à la normale de référence 1981-2010 des cumuls mensuels de précipitations agrégées, janvier 2019 à mai 2019. © Météo-France.
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Si le mois de mai figure en 4e position à l'échelle nationale des mois les plus pluvieux, il est parfois régionalement le mois le plus arrosé de l'année, notamment sur un axe qui part du Sud-Ouest et qui remonte vers le Massif central et la Bourgogne-Franche-Comté. Cet axe approximativement sud-ouest→nord-est correspond d'ailleurs à l'axe privilégié des trajectoires orageuses se produisant entre la fin du printemps et l'été.


Mois le plus pluvieux, période 1981-2010. © Météo-France.
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Actualité par Météo-France