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Une nuit exceptionnellement froide

15/04/2019

Si des valeurs remarquables de températures avaient déjà été observées vendredi matin (-1,9 °C à Brest), samedi matin (-4 °C à Romorantin ou Saint-Étienne) ou encore ce lundi matin (-6° C à Saint-Étienne, -5 °C à Vichy ou Fontainebleau), c'est bien la nuit de samedi à dimanche qui fut la plus remarquablement froide en raison des conditions météorologiques très favorables (notamment le ciel dégagé sur une large partie du territoire et un vent faiblissant).

-9 °C en plaine mi-avril !

Certes, la station de Mourmelon dans la Marne nous a habitués aux nuits froides mais la valeur atteinte dimanche matin sort de l'ordinaire : avec -9,0 °C, il s'agit d'un record mensuel à la station pour un mois d'avril, battant les -8,8 °C du 20 avril 2017 (pour une station créée en 2004).

À l'échelle nationale, le 14 avril 2019 ne fut pas la nuit la plus froide pour un 14 avril (avec une anomalie négative de 4,2 °C, elle arrive en 7e position) en raison des régions méridionales où le déficit thermique est resté très modéré, autour des 2 °C.


(Cliquer sur la carte pour l'agrandir)

Voici quelques valeurs remarquables observées dimanche au lever du jour :

  • -9,0 °C à Mourmelon (51), record mensuel ;
  • -7,0 °C à Montluçon (03), record mensuel (battant le -6,4 °C du 8 avril 2003) ;
  • -6,5 °C à Nevers (58), record décadaire égalé et à 1 degré du record mensuel (-7,5 °C le 9 avril 2003) ;
  • -6,1 °C à Romorantin (41), à 1 degré également du record mensuel (-7,1 °C le 4 avril 1973);
  • -4,3 °C à Courdimanche (91), record mensuel (battant le -4,0 °C du 17 avril 2012) ;
  • -2,8 °C à Cayeux-sur-Mer (80), deuxième valeur la plus basse pour un mois d'avril, mais station récente (2006) ;
  • -2,7 °C à Deauville (14), à 6 dixièmes du record mensuel (-3,3 °C le 12 avril 1986) ;
  • 1,0 °C à Paris-Montsouris (75), pas observé aussi tardivement depuis le 14 avril 1998.

Beaucoup de gelées mais peu de gelées blanches

Cette masse d'air était non seulement froide mais très sèche car d'origine polaire continentale. De ses origines finlandaises, elle a gardé les caractéristiques initiales. Ceci explique que peu de gelées blanches aient été observées dimanche matin, ce qui a dispensé les automobilistes matinaux de la corvée du grattage de pare-brise. En effet, le taux d'humidité nocturne est resté loin de la saturation (100 %) nécessaire au processus de formation de la gelée blanche (qui consiste au passage direct de la vapeur d'eau contenue dans l'air de la phase gazeuse à la phase solide). En journée, le taux d'humidité est descendu à des niveaux bas (autour de 30 %, par exemple, à Nevers) que l'on observe plus habituellement lors des belles journées estivales.

 Évolution de la température et de l'humidité à Nevers le 14 avril 2019. © Météo-France
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

PS : l'absence de gelée blanche a contribué aussi au processus de refroidissement nocturne important. La perte d'énergie radiative n'a en effet pas été utilisée pour transformer de la vapeur d'eau en eau liquide ou solide, mais elle a été entièrement convertie en baisse de température. Autrement dit, plus la masse d'air est sèche, plus le refroidissement nocturne est potentiellement important, phénomène souvent observé dans les déserts tropicaux où il peut geler la nuit.
 
 

Actualité par Météo-France